Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mardi 3 janvier 2017

Lettre à un ami MoDem

Cher(e) ami(e),

Avec quelques mois de retard, c’est un plaisir de te dire ou redire combien j’avais été heureux de retrouver l’atmosphère, amicale et constructive, des Universités de rentrée à Guidel.

J’avais pu y échanger un instant avec le Secrétaire général Marc Fesneau sur nos démarches différentes avant cette présidentielle : différentes puisque lui soutenait Alain Juppé et moi Jean Lassalle, mais visant, je le crois, le même but.

J’imaginais Alain Juppé nettement battu au 2ème tour par Marine Le Pen ; Jean Lassalle voyait Alain Juppé battu au 1er tour de la présidentielle : nous avons tous deux eu tort, puisque sa candidature n’a même pas mobilisé 2 millions de Français. Ma voix ne lui aura pas suffi ;-) et la tienne n’y aura, ou n'y aurait, rien changé non plus.

Sans doute Alain Juppé, et son pourtant brillant conseiller Gilles Boyer, n’ont-ils pas perçu la force de la volonté de changement dans notre pays. Cette volonté de changement, nous l'espérions depuis le début des années 2000 (toi depuis plus longtemps peut-être !) ; elle est arrivée, mais orientée vers le FN, depuis 2009-2011 ; elle cherche, en vain pour l’instant, son champion.

Tu vois très bien à quel point François Fillon, qualifié à l’estime, est pourtant aux antipodes des attentes populaires. Tu perçois sans doute les faiblesses de Marine Le Pen, qui à force de tactique pourrait laisser s’étioler l’élan militant et sympathisant dont elle bénéficiait. Tu sais les limites de Jean-Luc Mélenchon malgré sa bonne volonté, et parfois sa volonté tout court. Sans parler des doublures de François Hollande, qui ne répondent guère qu'à leur attente propre.

Comme tu le sais si tu suis un peu ce blog, j’ai participé assez activement à la campagne de Jean Lassalle.

En contact avec lui depuis juillet, j’ai été constamment impressionné par le niveau d’exigence que lui et son équipe manifestent sur tous les sujets ; comme par la qualité de relation entre les gens, aussi différents soient-ils les uns des autres.

Depuis la candidature d’Emmanuel Macron et l’échec d’Alain Juppé, je dois reconnaître que Jean Lassalle s’est montré bien meilleur analyste politique que tous les autres dont moi-même. J’ai aussi dû reconnaître que sa référence au baromètre « Gov », dont beaucoup souriaient et dont la solidité me semblait douteuse, était statistiquement très bien fondée.

Sans doute certains au MoDem, usés par les marches ou les contremarches, sont-ils prêts à soutenir des candidats à l'opposé de leurs convictions profondes. Mais depuis neuf ans, j’ai pu constater la capacité des démocrates à apprécier sur le fond les personnes et les situations. À rebours, quand il le fallait, des conventions et du qu’en dira-t-on.

Les surprises de la fin 2016 ont pu déstabiliser bien des calculs. Au moins, la route a rarement été aussi ouverte pour réaliser les changements profonds dont le pays a besoin. Pour que la France retrouve sa place dans le monde. Pour chasser les spectres du nationalisme et des totalitarismes. N'est-ce pas la raison même de notre engagement démocrate ?

Je me réjouis que toi et moi ayons l’occasion de prendre part à ce combat pacifique, et je te souhaite de saisir cette occasion toi aussi !

lundi 2 janvier 2017

2016 post-vérité ? Retrouvons en 2017 la réalité !

Je finis la lecture du "Journal d'un sauvetage" tenu par Jean Peyrelevade en 1993-95 au Crédit Lyonnais, et qu'il vient de publier.

La "post-vérité dans les affaires", objet d'un récent billet de Charles-Édouard Bouée, semblait bien installée dans ce milieu parisien des affaires, de la décision politique et des médias… Il y a plus de 20 ans déjà.

Cette lecture confirme au-delà de ce que je pouvais imaginer (et pourtant) la capacité d'auto-intoxication du tout-Paris politico-économique.

Surtout, ce que je n'imaginais pas, presque aucun des "décideurs" évoqués ne semble intéressé par regarder en face la réalité principale : la faillite annoncée de cette méga-banque. (Avec des exceptions, selon le récit de l'auteur : Alain Gomez, Jacques Chirac, voire Nicolas Sarkozy…).

Le Ministre des Finances ne comprend même pas la notion de provision, et semble croire (et affirme) que tout ce qui compte est la façon de présenter les chiffres.

La plupart des journalistes semblent croire que tout ce qui compte est l'étiquetage politicien (droite ou gauche ?) des responsabilités — et se passionnent pour l'affaire Tapie, qui ne représente qu'une petite partie des pertes.

Comme le montre le billet de Charles-Édouard Bouée, la "vérité" à laquelle il faut tenir est plus que le rejet de la fausseté. C'est l'ancrage dans la réalité.

"Se concentrer sur la gestion d'une marque déconnectée des réalités de l'entreprise, au motif que l'image est devenue plus importante que le fait, est à coup sûr une tentation. Mais elle ne peut que conduire à l'échec … quand une bulle éclate. (…)

Dans le monde post-factuel qui vient, l'ancrage dans le réel est indispensable. De Siemens à Rolex, de Château Margaux à Ferrari, c'est la qualité des produits et des services associés, consolidés sur le long terme, qui fera la différence. Avant la gestion de la marque.

Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle pour l'Europe, qui est si riche de son histoire industrielle et patrimoniale. Alors soyons optimistes, et abordons 2017 les deux pieds bien ancrés dans le réel !"

dimanche 1 janvier 2017

Mon voeu pour 2017 : Président Lassalle

Mon bilan de 2016, c'est fin 2017 que je pourrai le faire. Car j'ai passé une grande partie de l'année 2016 à préparer 2017… Au moins psychologiquement. L'organisation n'est pas mon point fort. Alors j'essaye d'être prêt à l'intérieur.

J'ai donc passé 9 mois de 2016 à anticiper, apprendre, accompagner de plus ou moins près, la candidature de Jean Lassalle. Où en est-elle ?

Presque au point de départ : seize semaines avant l'élection, les sondeurs ne le prennent même pas en compte. La campagne n'a réussi à ouvrir un compte en banque (qui accepte les dons !) que fin décembre. Le candidat reste ignoré par les grands médias nationaux. La quête des 500 signatures n'est pas encore bouclée.

Mais c'est un point de départ très élevé. Dans le seul baromètre de popularité qui le prenne en compte, celui de l'application Gov, Jean Lassalle est régulièrement en tête, et la suite du classement ressemble à celle que vous trouvez dans la presse : François Fillon, Emmanuel Macron… J'ai pu constater de mes yeux la confiance exceptionnelle que lui font de nombreux élus, des experts, des gens de médias… tous convaincus qu'il est la bonne personne pour conduire le pays dans les 5 prochaines années.

Cependant je sens bien les doutes de nombreux citoyens : est-ce une candidature "crédible" ? La "place" de Jean Lassalle est-elle à l'Élysée ? A-t-il une "chance" ? Et tout de suite revient le confort intellectuel de ne regarder que les favoris, ceux sous les feux de la rampe médiatique.

Il serait trop facile de répondre que le vainqueur des élections américaines suscitait quelques semaines avant son élection, les "You can trust me, this guy will never be President". Que les très populaires David Cameron et Matteo Renzi, larges vainqueurs d'élections il y a peu, sont tombés cette même année 2016. Que les favoris de la présidentielle française, ceux d'il y a deux mois, sont déjà éliminés, et que leurs n°2 devenus remplaçants ne se portent guère mieux.

Trop facile, mais il y a du vrai. Le vrai, c'est que ces temps-ci, les vainqueurs ne sont pas ceux sous les feux de la rampe. Ils viennent d'ailleurs.

Trop facile tout de même parce que si le vainqueur vient d'ailleurs, ça ne prouve pas pour autant que ce soit Jean Lassalle.

Pourquoi lui ? Pourquoi s'engager à faire progresser cette candidature qui n'a plus que seize semaines pour l'emporter ?

La meilleure explication que j'aie tient dans ces mots de François Bayrou[1] :

Jean Lassalle n'est pas un homme des temps modernes, pas un homme des temps politiques, où il s'agit de ruser, de se soumettre, dans un parti ou dans un courant, d'avaler toutes les couleuvres pour faire carrière.

C'est un homme des temps héroïques, quand les êtres d'exception sont l'ordinaire de l'histoire, quand des êtres extraordinaires font, parfois seuls contre tous, l'histoire ordinaire des hommes.

Il croyait, de toutes ses fibres, qu'un homme (au masculin ou au féminin, bien sûr) pouvait changer le monde.

(Il a affronté) résignation et haussements d’épaule. Plus le député des Pyrénées prenait conscience de cette démission collective, plus il élargissait son regard, et plus il découvrait combien cette résignation était le drame de la France contemporaine.

Pas seulement la France. Mais la France a bâti la République sur l'idée qu'on peut toujours faire quelque chose pour changer le monde !

Si vous pensez, si tu penses, ami(e) de passage, que 2017 est une année ordinaire, que la France est dans une situation ordinaire, alors vote Fillon, vote Macron, vote pour le candidat de ton courant politique habituel, vote pour que rien ne change.

Si tu as comme moi, l'impression opposée, celle qu'il nous faut des gens des temps héroïques, allergiques à la résignation, alors voici ma bonne résolution pour 2017 : te trouver quelque chose à faire dans la campagne de Jean Lassalle. Je m'y engage.

Notes

[1] Texte complet ici - 2013 à l'occasion de la Marche

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