Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mardi 3 septembre 2019

Une femme, un homme, un couple : Héloïse et Abélard live

Il y a bientôt deux ans, je demandais au Conseil Municipal d'Argenteuil de promouvoir l'histoire d'Héloïse, la personnalité argenteuillaise la plus célèbre, peut-être aussi la première féministe de l'Histoire : elle revendiquait, dans un monde féodal et ordonné par la religion, le droit au désir et au plaisir ; elle écrivait, enseignait, guidait aussi bien des hommes que des femmes ; elle exerçait autorité et capacité de direction, tout en continuant à veiller sur son fils.

Je voyais dans Héloïse une source d'inspiration pour les femmes et les hommes d'aujourd'hui, spécialement celles et ceux qui vivent dans un contexte encore machiste, sous la pression de traditions perçues comme religieuses, d'un "ordre moral" qui est plutôt un ordre féodal. Ou sous la menace, puisque le mot est consacré, du "féminicide".

Cette proposition avait été rejetée avec des arguments qui me semblaient témoigner d'une grande ignorance de l'Histoire. Après tout, à Argenteuil, qui connaît Héloïse ? Peu d'entre nous sans doute, malgré la sage Jeanne Bourin et le gaulois Jean Teulé.

J'ai essayé de m'y mettre à mon tour, avec une adaptation, pour les lectrices et lecteurs de 2019, des lettres qu'ont échangé ces deux amants d'il y a 9 siècles.

En voici le premier jet, une "version alpha" pleine de bugs mais assez avancée pour être lue, et pour accueillir les commentaires et suggestions ! Merci d'avance !

6 septembre : c'est maintenant une 'v0' complète ! mais toujours à débugger :-)

Heloise_Abelard_6sep2019b.pdf

bateau_atelier.jpg

'Bateau-atelier', Mukuna Kashala, d'après Claude Monet ; sur le site de l'abbaye Notre-Dame d'Argenteuil, 24 mai 2019.

samedi 17 août 2019

Déclaration d'intérêts

La charte d'Argenteuil en commun prévoit que "Nos candidatEs publient une déclaration d’intérêts quand ils acceptent d’être candidat, et une déclaration de patrimoine au début et à l’issue de leur mandat ou fonction."

Bon, j'ai signé cette charte sans trop savoir ce qu'était une déclaration d’intérêts ! Le mieux pour le savoir est d'en faire une. Modèle trouvé, voici.

Sous réserve d'erreur ou d'omission, je remercie d'avance qui m'en signalera ! (Précisions sur les montants : 24 août 2019).

1. Activités exercées au jour de l’élection et dans les cinq années précédentes.

J'ai été à temps partiel directeur scientifique salarié de la start-up WattGo / HomePulse, de 2013 à 2017. Mon salaire était de 6000 € mensuels brut (4707 € nets) à la fin de cette période.

J'ai été brièvement, fin 2016, attaché parlementaire de Jean Lassalle, pour une rémunération brute totale de 5715 €.

J'étais chargé de cours et de TD à Paris VII Diderot en audit social (année 2018-2019) pour une rémunération totale nette de 1988 € bruts (1556 € nets), et devrais assurer en 2019-2020 des cours sur les données numériques et les études marketing digitales.

2. Activités de consultant durant les cinq dernières années.

Je suis ingénieur-conseil depuis 1996 sous les noms commerciaux Isée dataSTRATEGIES.

Mes clients depuis 2015 inclus sont : l'ANAH, l'ADEME, l'APEC, Covea, DCAP Research (essentiellement pour des recherches avec Net-conversations dont je suis directeur scientifique), evalua (missions pour l'Agefiph et pour l'OFII), The Green Data, IvoryTower, 3I-Mediagest, Infolab Industrie (en sous-traitance pour SECAFI notamment, pour différentes études sur les risques psycho-sociaux), l'Institut Supérieur du Marketing (pour des formations à la statistique et l'analyse de données, notamment pour le groupe Renault), la campagne présidentielle de Jean Lassalle (en 2017), LDC Conseil (mission pour Colissimo), OpérationData (missions pour plusieurs start-up et PME), PAI Partners, La Poste, la direction générale du Trésor, ViaVoice (une autre mission pour La Poste), WattGo HomePulse (missions récentes pour EWUS, GreenYellow, Verbund). Le revenu professionnel net issu de cette activité (ligne CP de la déclaration fiscale 2035) / et le chiffre d'affaires HT du cabinet incluant les frais professionnels, impôts professionnels et cotisations sociales (ligne AG) ont été de : 44283 € / 87901 € en 2015, 32117 € / 50107 € en 2016, 38399 € / 54724 € en 2017, 62427 € / 88850 € en 2018.

3. Participations à des organes dirigeants durant les cinq dernières années

Président d'Engagés pour Argenteuil depuis sa création fin 2013 ; secrétaire du comité Jean Vilar de sa création à début 2019 ; membre du bureau de Résistons! depuis 2018.

4. Participations financières dans le capital d’une société

Je suis associé avec une participation minoritaire (7,5%) du cabinet DCAP Research ; à ce titre j'ai perçu pour la première fois en 2019 au titre de l'exercice 2018 un dividende de 1048,51 €.

Je suis associé avec une participation minoritaire (16,67%) d'une société d'études de satisfaction, Satisway, en liquidation depuis plusieurs années, et qui n'a jamais distribué de bénéfices.

Je détiens pas d'autres actions que ce soit en direct ou sous forme de PEA, titres ou assurance-vie ; cependant je détiens un PERP, dont une partie est investie en actions, d'une valeur de 4279 € à la dernière indication reçue ; le détail des actions n'est pas communiqué par la banque.

5. Activités professionnelles du conjoint

Mon épouse est enseignante dans l'Éducation nationale, c'est sa seule activité procurant un revenu.

6. Fonctions bénévoles susceptibles de faire naître un conflit d’intérêts

Sauf à en avoir oublié :-) je ne crois pas exercer d'autres fonctions que celles citées ci-dessus.

7. Fonctions et mandats électifs

Comme conseiller municipal d'Argenteuil, ville de plus de 100000 habitants, je perçois une indemnité de fonction comme prévu par la loi, dont le montant a été fixé par vote du Conseil Municipal, pour les conseillers d'opposition, à 194 € bruts mensuels (soit 168 € net).

vendredi 7 juin 2019

Européennes : les Français ont demandé le changement, mais il reste à le construire

Ce dimanche 26 mai, tenant le bureau de vote Anne Frank près de l'espace Nelson Mandela, j’ai senti la même chose que Jean Lassalle raconte dans sa vidéo : une ambiance assez tendue ; peu de joie, peu de bonne humeur ; beaucoup de gens semblaient être venus voter parce qu’il le fallait.

Cela arrive sans doute souvent dans des régimes autoritaires, ou dans des communes tellement verrouillées, tellement clientélistes, que chacun s’y sait surveillé. Beaucoup votent alors pour le parti auquel ils pensent devoir un logement, un emploi, ou juste le droit de ne pas être la cible de soupçons.

Mais ce soir du 26 mai, lors du dépouillement, dans les premières dizaines de bulletins sous mes yeux, je cherchais en vain la couleur du parti du maire ; en vain aussi, le bulletin du parti du précédent maire ; en vain, le bulletin du PCF, qui les avait précédés.

Ces 3 partis, LR, PS, PCF, sont aux commandes depuis 85 ans : ensemble, ils ont totalisé ce 26 mai moins de 15% des suffrages. Dans une ville de 112000 habitants, ils ont obtenu 2763 soutiens.

Il y a quarante ans, le parti aux commandes pouvait rassembler physiquement à peu près autant d’Argenteuillais pour un événement politique. Il y a moins de quinze ans, un autre de ces partis faisait voter autant d’Argenteuillais pour sa primaire interne.

Ils ont disparu, ou presque, des préférences des électeurs.

Et ce n’était pas une simple saute d’humeur, un mouvement de colère ou de ras-le-bol.

C’est à cela pourtant que je m’attendais : à une abstention massive, et à des quantités de bulletins blancs et de bulletins nuls, où des électeurs auraient écrit des commentaires plus ou moins injurieux, comme j’en avais vu dans le même bureau de vote à une précédente élection.

Pas du tout : zéro injure sur 314 votants. Peu de blancs. Plusieurs bulletins imprimés chez soi et apportés au bureau de vote, pour des listes qui n’avaient pas ou peu de bulletins.

Les personnes venues voter avaient bel et bien fait leur choix ; elles avaient bel et bien voulu, après deux années sans élection, dire leur préférence parmi les alternatives qui leur étaient proposées.

Et ces préférences ont été très diverses[1] :

  • 29% des voix ont été à des listes nationalistes,
  • 25% à des listes européistes,
  • 19% à la gauche (en y comptant le PS),
  • 17,5% aux écologistes et animalistes,
  • 8,5% à la droite,
  • 0,5% aux gilets jaunes,
  • et 0,5% d’autres choix.

Bien sûr, cela fait ¾ d’opposants à la ligne du pouvoir actuel. Mais ce que je vois là, c’est surtout l’absence de majorité tout court. Quelle ligne politique, parmi celles-ci, permettrait de regrouper assez de soutiens, de réunir assez de forces, pour remettre le pays en route ? Je ne vois pas.

Le plus faible des cinq camps, la droite, éclate avec fracas.

Ses élus voient leur salut aux municipales dans une alliance défensive avec le pouvoir national ; recréer un « parti de l’Ordre » qui promette de protéger contre tous les dangers. Ça n’est pas plus crédible que les dix fois précédentes, mais dans le vide général, ça peut marcher une fois de plus.

Ses électeurs seront peut-être plus tentés par l’offre de Marion Maréchal de constituer un camp « contre le progressisme ». Il fallait l’inventer, ce mot, une antidote à l’espoir, un paralysant de l’esprit d’entreprise.

La gauche et les écologistes, eux, entrent dans un nouveau cycle de querelles et de rancunes, de je t’aime et surtout moi non plus.

Et nous ? Nous avons beaucoup essayé, depuis deux ans, mais ça n’a pas encore suffi. Nous n’avons pas donné suffisamment envie de nous rejoindre. Nous n’avons pas suffisamment communiqué notre certitude que le destin de la France peut être différent, que les Françaises et les Français peuvent se retrouver pour se fixer un cap commun, dans la reconnaissance de leur diversité. Nous n’avons pas pu briser le mur de verre des médias et de l’argent. Nous n’avons donc pas pu proposer une alternative dans ces élections européennes.

Mais nous sommes toujours là. Un peu plus nombreux qu’hier, plus instruits par l’expérience, passés par l’épreuve du feu d’une présidentielle qui a fait de notre Président Jean Lassalle une des personnalités politiques nationales… et celle qui serait de loin en tête des sondages de popularité, si les instituts de sondage n’excluaient pas son nom de leurs listes.

Résistons, persévérons.

Ce dimanche 26 mai, les électeurs des 7 premières listes souhaitaient un changement de Premier ministre. Sans parler des abstentionnistes et des votants « blanc » ou « nul » ! Seules exceptions, les électeurs d’En Marche bien sûr, et une courte majorité de ceux des Républicains, qui se contenteraient d'un remaniement du gouvernement.

Les Françaises et les Français l’ont dit dans leur très, très grande majorité dimanche 26 mai : ils veulent un véritable changement, un autre gouvernement. Il y a deux ans, ils avaient élu un président qui promettait la « révolution » ; et il n’a fait qu’amplifier la mainmise laissée aux multinationales, aux grandes fortunes et à la mondialisation. Les Françaises et les Françaises veulent une autre politique. Ils n’ont pas encore trouvé laquelle. À nous de proposer, d’échanger, de construire.

Notes

[1] Chiffres au niveau national, de mon billet précédent. Notre bonne ville d’Argenteuil a voté un peu moins pour le RN, un peu plus pour Génération·s, mais ce ne sont que quelques % de différence.

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