Argenteuillais démocrate… sans frontière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 23 janvier 2017

À Gravelotte

Je continue à regarder tomber les favoris, de leurs partis et des sondeurs, la tête m'en tourne.

Primaire écologiste, je n'ai pas pensé assez tôt à m'inscrire, Cécile Duflot est tombée sans que je la pousse. J'aurais voté Michèle Rivasi au premier et au second tour, Yannick Jadot est très valable, mais lui-même ne se dit pas en course pour l'Élysée, à quoi bon ?

Primaire de droite, j'ai voté pour Alain Juppé au premier et au second tour, ça ne lui a pas suffi dites donc. Nous avons vu chuter l'ancien président Nicolas Sarkozy au premier tour — je n'avais pas vu venir ce scénario — et le favori Juppé au second.

Dans la foulée, le président sortant François Hollande, que même François Durpaire voyait au 2ème tour en mai, renonce piteusement.

Primaire de gauche. J'avais de bons souvenirs d'Arnaud Montebourg à l'époque où il travaillait avec Vincent Peillon et s'opposait au premier secrétaire François Hollande. J'ai l'impression vraie ou fausse qu'il s'est dilué depuis dans la nomenklatura, la comm' parisienne et un gauchisme chic. J'ai envisagé de voter Benoît Hamon à peu près pour les raisons évoquées par authueil. J'ai remis cela pour le second tour : le corpus réaliste-socialiste du projet Hamon me semble plus proche des totems idéologiques et des préférences intéressées de la "première gauche", que d'une re-création. J'ai voté pour François de Rugy, pour son projet écologiste très travaillé et excellent à mon humble avis, et malgré son alignement décevant des dernières années sur le gouvernement Hollande-Valls. L'ancien chouchou des sondages Montebourg a été balayé, et la candidature forcée de Manuel Valls est fort mal en point. Même sur la circonscription de son porte-parole, Argenteuil-Bezons, y compris dans la ville d'Argenteuil dont il a avait été Adjoint au Maire, il a recueilli aussi peu de suffrages qu'au niveau national.

François Bayrou, après l'échec de son candidat Alain Juppé, espère sans doute un vent favorable pour lui-même ou pour ses idées, mais ne pas avoir collecté la moindre promesse de parrainage 3 mois avant le scrutin rend sa candidature très improbable.

Regardez les sondages, pas les vieux, ceux de 2016 : les candidats non extrêmes envisagés par presque toutes les enquêtes sont hors jeu, les scénarios de second tour prévus dans presque tous les scénarios, sont morts.

Il reste deux des favoris de 2016 : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Marine Le Pen était pour moi la favorite de cette présidentielle 2017. J'en suis moins sûr, je ne l'ai pas vue marquer un point depuis 6 mois. Elle continue à faire du sur-place en attendant que la concurrence s'effondre, ce que la concurrence fait, mais pendant ce temps son propre camp ne devient guère plus convaincant.

Jean-Luc Mélenchon, comme à chaque présidentielle, a bossé, et représente une candidature sérieuse non seulement pour le premier mais pour le second tour. C'est là que le bât blesse : pouvons-nous voter pour un soutien de tant de dictatures pourvu qu'elles soient peintes en rouge ?

La même inquiétude vaut pour Donald Trump, fan des oligarchies, ce qui ne l'a pas empêché d'être élu, ou pour les Le Pen amis fidèles des dictateurs nationalistes.

Est-ce ce genre de gens que nous voulons en France ?

Y aura-t-il en avril et mai 2017 une alternative démocratique, républicaine, constructive, réaliste, ambitieuse, populaire, écologiste… un(e) possible Président(e) pour remettre la France en route ?

François Fillon, ministre estimable aujourd'hui coaché par le président du groupe Bilderberg, ancré dans un projet politique ranci depuis trente ans, me semble à l'opposé de ce qu'attendent au moins 80% des Français.

Emmanuel Macron, ministre tout aussi estimable, n'a pas montré, dans cette campagne, autre chose que du techno-jargon du milieu médiatico-financier parisiano-londonien. Je crois que lui aussi ne peut entraîner que 10 ou 20% des Français et je l'imagine lui aussi écrasé dans un deuxième tour par Mélenchon comme par Le Pen.

En 2007, quand je faisais partie de la campagne Bayrou, celui-ci obtenait en janvier autour de 15% des intentions de vote alors qu'il affrontait, de mon point de vue de l'époque, deux candidatures très fortes et porteuses de puissantes attentes populaires, celles de Mme Royal et M. Sarkozy, sans parler d'autres concurrents sérieux.

Pour 2017, je fais partie de la campagne Lassalle, que les sondages ne prennent pas en compte (sinon le baromètre de popularité Gov qui le classe premier), et je ne vois, comme concurrents du niveau de ceux de 2007, que Mme Le Pen et M. Mélenchon.

Inquiet. Sûr que le combat en vaut la peine, ô combien, mais inquiet.

mardi 3 janvier 2017

Lettre à un ami MoDem

Cher(e) ami(e),

Avec quelques mois de retard, c’est un plaisir de te dire ou redire combien j’avais été heureux de retrouver l’atmosphère, amicale et constructive, des Universités de rentrée à Guidel.

J’avais pu y échanger un instant avec le Secrétaire général Marc Fesneau sur nos démarches différentes avant cette présidentielle : différentes puisque lui soutenait Alain Juppé et moi Jean Lassalle, mais visant, je le crois, le même but.

J’imaginais Alain Juppé nettement battu au 2ème tour par Marine Le Pen ; Jean Lassalle voyait Alain Juppé battu au 1er tour de la présidentielle : nous avons tous deux eu tort, puisque sa candidature n’a même pas mobilisé 2 millions de Français. Ma voix ne lui aura pas suffi ;-) et la tienne n’y aura, ou n'y aurait, rien changé non plus.

Sans doute Alain Juppé, et son pourtant brillant conseiller Gilles Boyer, n’ont-ils pas perçu la force de la volonté de changement dans notre pays. Cette volonté de changement, nous l'espérions depuis le début des années 2000 (toi depuis plus longtemps peut-être !) ; elle est arrivée, mais orientée vers le FN, depuis 2009-2011 ; elle cherche, en vain pour l’instant, son champion.

Tu vois très bien à quel point François Fillon, qualifié à l’estime, est pourtant aux antipodes des attentes populaires. Tu perçois sans doute les faiblesses de Marine Le Pen, qui à force de tactique pourrait laisser s’étioler l’élan militant et sympathisant dont elle bénéficiait. Tu sais les limites de Jean-Luc Mélenchon malgré sa bonne volonté, et parfois sa volonté tout court. Sans parler des doublures de François Hollande, qui ne répondent guère qu'à leur attente propre.

Comme tu le sais si tu suis un peu ce blog, j’ai participé assez activement à la campagne de Jean Lassalle.

En contact avec lui depuis juillet, j’ai été constamment impressionné par le niveau d’exigence que lui et son équipe manifestent sur tous les sujets ; comme par la qualité de relation entre les gens, aussi différents soient-ils les uns des autres.

Depuis la candidature d’Emmanuel Macron et l’échec d’Alain Juppé, je dois reconnaître que Jean Lassalle s’est montré bien meilleur analyste politique que tous les autres dont moi-même. J’ai aussi dû reconnaître que sa référence au baromètre « Gov », dont beaucoup souriaient et dont la solidité me semblait douteuse, était statistiquement très bien fondée.

Sans doute certains au MoDem, usés par les marches ou les contremarches, sont-ils prêts à soutenir des candidats à l'opposé de leurs convictions profondes. Mais depuis neuf ans, j’ai pu constater la capacité des démocrates à apprécier sur le fond les personnes et les situations. À rebours, quand il le fallait, des conventions et du qu’en dira-t-on.

Les surprises de la fin 2016 ont pu déstabiliser bien des calculs. Au moins, la route a rarement été aussi ouverte pour réaliser les changements profonds dont le pays a besoin. Pour que la France retrouve sa place dans le monde. Pour chasser les spectres du nationalisme et des totalitarismes. N'est-ce pas la raison même de notre engagement démocrate ?

Je me réjouis que toi et moi ayons l’occasion de prendre part à ce combat pacifique, et je te souhaite de saisir cette occasion toi aussi !

lundi 2 janvier 2017

2016 post-vérité ? Retrouvons en 2017 la réalité !

Je finis la lecture du "Journal d'un sauvetage" tenu par Jean Peyrelevade en 1993-95 au Crédit Lyonnais, et qu'il vient de publier.

La "post-vérité dans les affaires", objet d'un récent billet de Charles-Édouard Bouée, semblait bien installée dans ce milieu parisien des affaires, de la décision politique et des médias… Il y a plus de 20 ans déjà.

Cette lecture confirme au-delà de ce que je pouvais imaginer (et pourtant) la capacité d'auto-intoxication du tout-Paris politico-économique.

Surtout, ce que je n'imaginais pas, presque aucun des "décideurs" évoqués ne semble intéressé par regarder en face la réalité principale : la faillite annoncée de cette méga-banque. (Avec des exceptions, selon le récit de l'auteur : Alain Gomez, Jacques Chirac, voire Nicolas Sarkozy…).

Le Ministre des Finances ne comprend même pas la notion de provision, et semble croire (et affirme) que tout ce qui compte est la façon de présenter les chiffres.

La plupart des journalistes semblent croire que tout ce qui compte est l'étiquetage politicien (droite ou gauche ?) des responsabilités — et se passionnent pour l'affaire Tapie, qui ne représente qu'une petite partie des pertes.

Comme le montre le billet de Charles-Édouard Bouée, la "vérité" à laquelle il faut tenir est plus que le rejet de la fausseté. C'est l'ancrage dans la réalité.

"Se concentrer sur la gestion d'une marque déconnectée des réalités de l'entreprise, au motif que l'image est devenue plus importante que le fait, est à coup sûr une tentation. Mais elle ne peut que conduire à l'échec … quand une bulle éclate. (…)

Dans le monde post-factuel qui vient, l'ancrage dans le réel est indispensable. De Siemens à Rolex, de Château Margaux à Ferrari, c'est la qualité des produits et des services associés, consolidés sur le long terme, qui fera la différence. Avant la gestion de la marque.

Et ça, c'est plutôt une bonne nouvelle pour l'Europe, qui est si riche de son histoire industrielle et patrimoniale. Alors soyons optimistes, et abordons 2017 les deux pieds bien ancrés dans le réel !"

- page 1 de 405