Argenteuillais démocrate… sans frontière

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vendredi 24 juin 2016

Brexit, l'Europe amputée

Bonne nouvelle ! La palinodie va cesser, de la vraie-fausse adhésion du Royaume-Uni à l'Union, les "I want my money back" et autres bits of candles.

Je t'avais prévenue, je suis étranger

Bonne ou mauvaise nouvelle ? L'auto-intoxication sondagière parisienne va cesser : Mme Le Pen peut parfaitement gagner en 2017. À mon humble avis, c'est elle qui a le plus de chances de l'emporter. Les démocrates vont peut-être se réveiller et chasser leurs leaders actuels, jouets des lobbies, résignés à l'immobilisme, habités d'idées vermoulues.

Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre

Mauvaise nouvelle : notre Union européenne fait fuir. Elle avait esquivé le "non" français de 2005, refusé de le prendre au sérieux. Elle ne pourra esquiver le "Leave" britannique, elle en prendra acte avec un sérieux mortel. Le désir a fui.

Oui maintenant tu vois sa main est figée
Mais tu n'aimes pas regarder
Un autre homme fatigué
Déposer toutes ses cartes comme une défaite
Tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil
Dans l'ombre tu vois comme une fumée
Une route qui monte derrière sa tête

Quelle route ? Le défaut du droit international, c'est qu'il est figé. Les mauvais traités n'évoluent que très difficilement, la seule voie d'évolution c'est d'en sortir carrément et d'en faire d'autres.

Après le marché commun et la monnaie commune, quels seront les traités de demain, le droit international de demain, les blocs et les Alliances, les synergies et les amitiés, les futures grandes régions du monde ?

Pour les trouver, écoutons les citoyens, écoutons-nous nous-mêmes. Car nous sommes déjà dans le nouveau monde, nous avons pris vingt ans d'avance sur nos propres institutions. Reconstruisons-les à l'image de notre société. Avec confiance et curiosité — avec empathie. Les fantômes du passé, on les aura.

Oh je n'ai jamais eu tu sais
Pas le moindre plan secret
Ni personne pour me conduire
Et tu te demandes ce qu'il cherche à dire
Oui tu te demandes ce qu'il veut dire

Avec l'aide du néo-zélandais français Graeme Allwright et du montréalais anglophone Leonard Cohen. Le malgache Erick Manana en prime. J'y étais ;-)

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jeudi 26 mai 2016

Loi travail : couper les branches mortes, restaurer la hiérarchie des normes

Le gouvernement semble avoir été surpris par l'offensive générale de la CGT. C'est pourtant bien la CGT, et FO, que cible la dernière version de la "loi Travail".

Tout ce qui reste en effet de son dispositif initial, c'est le fameux article 2 (ainsi que la baisse de la rémunération des heures supplémentaires). L'article 2 dit que les entreprises n'auront plus à respecter les "conventions collectives" signées au niveau des "branches professionnelles" : celle des banques, celle de la "métallurgie" avec l'automobile, etc. Un accord entre la direction de l'entreprise et les syndicats, ou un référendum d'entreprise, auront plus de poids que les accords de branche. Cela servira surtout aux grandes entreprises avec représentation syndicale.

Aujourd'hui les syndicats vivent d'un financement public massif. Leurs adhérents sont essentiellement les fonctionnaires dont ils encadrent la carrière, l'avancement, face à la complexité des statuts et à la faiblesse des employeurs publics.

Les syndicats parviennent néanmoins toujours à "défendre les acquis sociaux" dans les secteurs économiques privés, grâce aux "accords de branche" qu'ils négocient avec les syndicats patronaux. Beaucoup de salariés du privé — j'en juge d'après des discussions dans les trains bondés les jours de grève — se sont habitués à être défendus par procuration, par les grèves et blocages des agents publics ou de quelques secteurs stratégiques. Mais faire grève soi-même, dans le privé ? La simple idée fait écarquiller les yeux.

La Loi travail laisserait donc les patrons d'entreprise face à des salariés habitués, depuis des décennies, à ne plus défendre eux-mêmes, collectivement, leurs conditions de travail, leur temps de travail, leurs emplois.

J'en vois bien le danger ! D'autant que je travaille en start-up, un type d'entreprise où les mots de syndicat, de comité d'entreprise ou… de temps de travail, sans parler de chèques-vacances ou je ne sais quoi, sont moins employés que du chinois. Ce sont des "entreprises libérées" au sens où on ne s'y assied pas pour négocier, pour des réunions, pour travailler sur le travail : on y travaille tout court. Les salariés comme les dirigeants ont pour obsession l'accomplissement des projets, pour la survie et la percée de l'entreprise, et n'ont guère de cellules grises disponibles pour la règlementation sociale. Heureusement qu'il y a des règles ! Et pour les négocier, heureusement qu'il y a des spécialistes du travail et du droit. Comme les syndicats, de travailleurs et d'employeurs.

C'est là que le bât blesse : où sont ces spécialistes ? où sont les négociations ? Dans des "branches" qui représentent l'économie d'il y a 70 ans.

Cette situation paralyse l'économie française, et ne protègent les acquis que d'une minorité de salariés anciens. La cogestion d'EDF par le corps des Mines et la CGT depuis l'après-guerre a produit, après de grands succès, le monstre archaïque et surendetté d'aujourd'hui. La mainmise de la CGT sur les ports français a ouvert des boulevards, depuis les années 70, à Anvers et Rotterdam, et aux norias de camions qui nous approvisionnement de l'étranger. Depuis les années 80, les industries automobiles, et d'autres, ont renoncé à embaucher des ouvriers, pour éviter les conventions collectives, et surpayent des intérimaires, la France est ainsi devenue le paradis de l'intérim et de la précarité. Depuis la même époque, toujours pour éviter la CGT, les imprimeries se sont massivement robotisées, alors que dans les autres pays, elles restent de grands employeurs. Les conventions collectives de la banque et de l'assurance ont fait naître un autre monstre typiquement français, les "SSII" parfois appelées "cabinets de conseil" ou plus modestement "prestataires", qui leur fournissent à prix d'or des informaticiens sous-payés par rapport aux employés de banque. Quant aux start-up, quels syndicats de travailleurs ou de patrons ont élaboré des règles efficaces dans notre type d'activités ?

Bref, la protection des "acquis sociaux des branches" a fini par dévoyer l'organisation du travail et de l'économie française… sauf dans les branches où les syndicats sont faiblissimes, comme dans la grande distribution ou l'hôtellerie-restauration, fleurons de notre économie devenus aussi les emblèmes de l'exploitation capitaliste.

Pour couper les branches mortes et rouvrir la voie au développement économique, le gouvernement veut donner la priorité aux accords d'entreprise, inverser la hiérarchie des normes.

Je crois qu'il faudrait faire juste l'inverse. Re-hiérarchiser les normes. Légiférer au niveau du pays. Laisser tomber les branches mortes — d'autres pousseront demain.

Protéger l'ensemble des salariés, et donner des règles saines à l'ensemble des entreprises. Ouvrir la voie à la transformation numérique dans tout le tissu économique. Pour que la concurrence entre entreprises se fasse, non sur leur capacité à pressurer ou à exploiter, mais sur leur capacité à faire collaborer, innover et produire.

mardi 10 mai 2016

Argenteuil fait parler d'elle… en mal :-( et en bien

Sur le blog EpA :

"200 manifestants contre la censure à Argenteuil" le 7 mai

De quoi il s'agit : Censure inqualifiable à Argenteuil

Un lieu de rassemblement aussi est menacé :

Multiplexe devant Notre-Dame : la Ville veut vendre une partie de l’île à un promoteur

Quelques images plus chaleureuses :

Y'a d'la joie — au marché Colonie ce samedi 16 avril — disco"soupe" et vélos sauvages

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