Argenteuillais démocrate… sans frontière

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samedi 9 février 2019

Quel gouvernement, sinon ?

Que Médiapart découvre de nouveaux proches des affaires de M. Benalla restés jusqu'à aujourd'hui à l'Elysée ou à Matignon, je ne m'y attendais pas.

Que notre gouvernement perde ses nerfs parce que M. di Maio a rencontré des Gilets jaunes (où est le mal ?), je ne m'y attendais pas.

Que nos Ministres s'en prennent à la décision antimonopoles de l'unique Commissaire européenne qui donne l'impression de faire son boulot dans l'intérêt général, je ne m'y attendais pas.

Que Monsanto ait payé des influenceurs reconnus pour plaider en sa faveur sur les réseaux sociaux sans mentionner qu'ils étaient payés pour, je ne m'y attendais pas.

Que des journalistes défenseurs des causes morales d'aujourd'hui se révèlent auteurs de harcèlement en meute sur les mêmes réseaux sociaux, surtout envers des femmes, je ne m'y attendais pas.

Que le chef de l'État transforme un débat national en séances de questions-réponses où il assène ses vérités à lui, je ne m'y attendais pas.

Qu'il dise "les enfants" aux maires venus d'outremer, je ne m'y attendais pas.

J'avais une estime très moyenne pour le système politico-médiatico-économique en place. Pourtant je me frotte les yeux.

Je crois que M. Macron a été élu sur l'espoir qu'il remette "en marche" la société française après les décennies d'immobilisme imposées par ce même système. Et c'est exactement l'inverse qui se produit. Les lobbies triomphent à tous les niveaux. Notre gouvernement se fâche avec le reste du monde, perdant toute influence. Les attentes de la majorité des citoyens sont traitées comme du "populisme".

Alors, des dizaines de milliers de citoyens jugent assez important d'affronter ce pouvoir d'État, pour se mettre en danger chaque samedi.

Une pensée pour les policiers et gendarmes qui se font attaquer, et pour le jeune Argenteuillais qui s'est fait arracher une main aujourd'hui, et pour ce bien moins jeune ami du Sud-Ouest qui s'est fait casser l'arrière du coude par un "flash-ball", et qui vient d'être réopéré.

Je ressens bien le risque du désordre, de la confusion au sommet de l'État. Je croyais que le Président garderait l'Assemblée nationale (alors que Jean Lassalle déclarait penser une dissolution inévitable) ; je croyais le Président capable de se retourner de lui-même, de changer de cap, et d'en choisir un qui fasse avancer le bateau.

Je voyais bien un chemin possible début décembre — confier le gouvernement à François Bayrou, repartir du programme du MoDem, à la fois raisonnable et capable de répondre à certaines des revendications populaires.

Maintenant, le malaise me semble avoir dépassé ce stade. Le gouvernement me semble réduit à compter sur la désagrégation de ses oppositions, pour pouvoir rester en place sans rien faire.

Evidemment j'aimerais bien qu'il y ait une alternative, un ensemble social et politique assez large, assez confiant, assez sûr de ses projets, pour pouvoir prendre en charge le gouvernement du pays (par exemple, pour que le Président de la République l'appelle au gouvernement et qu'une majorité parlementaire le soutienne). Et, ma foi, ça fait bientôt vingt ans que j'essaye d'y travailler, à mon tout petit niveau, et bien d'autres personnes aussi, à des petits ou plus grands niveaux. Mais le résultat n'y est pas encore. Cette alternative semble manquer, ou il lui reste à monter en puissance.

Le printemps sera chaud.

samedi 26 janvier 2019

Un berger sur la route de l'Élysée : vu et approuvé

J'ai vu ce mercredi 23, au Cinéma L'Eden de Montmorency, "Un berger et deux perchés à l'Elysée ?".

Lieu symbolique, puisque Montmorency avait été la première étape de Jean Lassalle, dans la marche qui allait le conduire sur 5000 kilomètres de routes de France !

Mais il s'agit ici de la présidentielle 2017.

Pour qui a vu des documentaires sur la campagne Macron, voici l'exact opposé ! ou un très bon complément.

Zéro cynisme, zéro armada de communicants, zéro mobilier design sur moquettes nettoyées sous vide. Un homme sort ses tripes pour rencontrer le peuple de France et lui proposer, espère-t-il, un autre avenir.

Mon point de vue est particulier : je connais, au moins de vue, presque toutes les personnes de cette aventure présidentielle, à laquelle j'avais participé. Je peux témoigner de la justesse, de l'honnêteté profonde de ce film.

Les réalisateurs ont trouvé une histoire cohérente à raconter dans le chaos d'une campagne sans moyens financiers, pilotée au flair et aux tripes par le candidat : l'histoire du chaos que cela provoque chez eux-mêmes !

J'imagine que cette histoire pourra remuer beaucoup d'autres coeurs, d'autres tripes et d'autres intelligences. 

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lundi 14 janvier 2019

Réponses aux questions d'Emmanuel Macron : post-scriptum et making of

Je m'étais lancé vers 21h (tout seul dans mon coin) le petit défi de répondre à la longue liste de questions du Président de la République le jour même où il les avait publiées.

Un peu parce que, dans un processus comme ça, même s'il va être long, la vitesse joue. Pour le pouvoir, le débat public peut être utile de trois façons :

  • pour renouveler sa propre vision des sujets, sortir d'impasses mentales ;
  • pour dépasser le freinage par certains corps constitués : le Parlement, par exemple, est rarement partisan de changer son propre mode de scrutin ou le nombre de ses membres !
  • pour diviser le mouvement social et rester maître du jeu. Les questions fourchues, imprécises, chiffon rouge (il y en a pas mal dans la lettre) évitent au pouvoir de "sortir de l'ambiguïté à son détriment". La réponse à l'ambiguïté, c'est de répondre (plutôt que d'ergoter, d'ajouter de la fuite à la confusion).

Surtout, je croyais important de démontrer que sur toutes les questions précises ou presque, des solutions existent.

(Pour) sortir le pays des difficultés très grandes dans lesquelles il se trouve, (il faut) un mouvement civique. Une prise de conscience, une rupture dans la manière dont on le gouverne. Prendre les gens au sérieux, leur dire la vérité sur les affaires, sur la dette… je l'ai fait sans discontinuer.

Les idées qui permettront au pays de résoudre les problèmes, sont simples.

Toutes les grandes aventures collectives sont fondées sur des idées simples, peut-être simplissimes : Napoléon — de la paix, du code civil, de la construction de la France, Napoléon III à sa manière, De Gaulle… De Gaulle dit : indépendance, une monnaie qui tienne la route, une politique industrielle. Giscard, qui a plus de mérites qu'on ne le dit, a pris des décisions de rééquilibrage, moderne, de notre pays… Tout ça, ce sont des idées simples. Ce ne sont pas des idées d'expert, ce sont des idées de citoyen. Voilà les certitudes avec lesquelles je vis.

François Bayrou le disait assez récemment. J'en suis aussi convaincu que lui.

J'espère qu'elles sont simples, les cent et quelques propositions que je viens de poster ; que ce sont des idées de citoyen, que chacun·e pourra s'approprier, démonter, remonter, jeter et rejeter, reprendre sous une autre forme

En revanche, je suis incapable de trouver des idées simples (surtout une centaine) en trois heures 😃. Toutes celles-ci préexistaient ! Je n'ai même pas pris le temps de chercher parmi les ~3000 billets de ce blog, où plein d'autres propositions attendent en plein air.

J'ai principalement (à 90 ou 95%), pioché dans le projet présidentiel 2017 de Jean Lassalle, dont j'avais raconté la conception ici. J'ai surtout repris les propositions que je comprenais le mieux ou approuvais le plus (sur les 250 et quelques, il devait y en avoir 3 ou 4 sur lesquelles j'avais des doutes, et 2 ou 3 que j'aurais préféré plus radicales). J'avais déjà posté 67 propositions, cette fois littéralement tirées du projet de Jean Lassalle, lors de la consultation du CESE en décembre 2018.

Donc, si j'ai oublié dans ces 4 billets du jour, certaines propositions présentes ailleurs sur ce blog, dans le programme de Jean Lassalle 2017, dans le programme de François Bayrou 2007 ou même parmi mes contributions sur la plate-forme du CÉSE, alors qu'elles seraient très bien… c'est juste un oubli :-) Ce ne sont ici que "des" réponses, évidemment pas "les" réponses, pas même "mes" réponses.

Bon débat ! J'y participerai avec plaisir physiquement, pas seulement en ligne. Et si notre Maire hésite à l'organiser lui-même, je reste, avec mes amis d'Engagés pour Argenteuil (qui l'ont, en fait, proposé 😃), à la disposition des Argenteuillais·es.

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