Argenteuillais démocrate… sans frontière

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lundi 20 mai 2013

time2learn2code

L'Académie des Sciences prend position pour l'enseignement de l'informatique (PDF ; merci à Michel Volle pour le lien). Je n'ai lu encore que les deux pages de résumé, et réagis sur cette base.

Nos Académiciens prennent la mesure de l'enjeu, ça me fait plaisir :

L’enseignement doit s’adresser d’une part à tous les citoyens, pour qu’ils comprennent les mécanismes et façons de penser du monde numérique qui les entoure et dont ils dépendent.

Il peut et doit être commencé dès le primaire, par une sensibilisation aux notions d’information et d’algorithme, possible à partir d’exemples très variés dans le style de La main à la pâte. Il doit être approfondi au collège et au lycée.

Je me réjouis qu'elle ait également repéré l'opportunité :

Les circonstances sont très favorables à l’introduction d’un véritable enseignement de l’informatique : pression de l’industrie en manque de personnel bien formé en informatique, attirance naturelle des élèves pour le numérique qui fait partie de leur environnement de tous les jours, possibilité de décliner les exemples d’applications dans des domaines très variés et attirants, excellente adaptation à l’enseignement en ligne qui se développe partout, développement d’une meilleure compréhension de ce qu’un curriculum doit inclure dans ce domaine avec participation des chercheurs.

Mais je déplore que l'Académie en reste à une conception tristement ringarde de l'enseignement d'une "science" qui tomberait de Sirius. Elle espère avoir l'iconomie à l'économie. Connecter en débranchant.

La sensibilisation (…) au primaire (…) peut se faire (…) en utilisant des ordinateurs ou de façon « débranchée »,

L’acquisition de l’autonomie (…) doit commencer au collège et approfondir la structuration de données et l’algorithmique. Une initiation à la programmation est un point de passage obligé d’activités créatrices, et donc d’autonomie.

Autrement dit, les enfants auront le droit, à l'école, de faire des dessins à 3 ans, des bouts de rédaction à 7, d'improviser en anglais à 8 ou 9, mais ils devraient attendre le collège, 11 ou 12 ans pour taper leur première formule.

Autrement dit, ils auront été invités à répondre aux ordinateurs (aux tablettes, aux téléphones) toute leur enfance, à subir le langage et le mode de pensée des machines, sans pouvoir en soulever le capot, sans voir et entendre comment elles marchent, sans penser un instant à en prendre le contrôle.


Moi aussi, je fais partie de l'ancienne génération, celle à qui il reste, en probabilité, moins d'années à vivre qu'elle n'en a vécu.

Moi aussi, j'ai été éduqué, jusqu'à l'entrée au collège, sans ordinateurs et sans informatique. Et je les ai découverts dans des cours "de sensibilisation" un ou deux ans avant d'avoir le droit de perforer mes premières cartes.

Moi aussi, j'ai eu des profs de maths bourbakistes, qui m'ont appris "la mathématique", et trois années de suite — en 1ère, en Terminale et en Maths Sup — et j'ai été émerveillé.

Moi aussi, j'ai été mathématicien et logicien bien plus qu'informaticien, et bien avant. Moi aussi j'ai appris à regarder un problème avant de commencer à le résoudre. J'ai appris à l'attaquer par le début et la fin de la page blanche — par l'énoncé, et par "ce qu'il faut démontrer". Et moi aussi, avec ça, j'ai eu un diplôme d'informatique, et si je n'ai jamais vraiment exercé, je n'ai jamais renoncé à programmer (je suis très fier de mon dernier script vba pour construire des beaux nuanciers de couleurs).

Et j'ai assez de bon sens pour ne pas confondre mon cas avec une généralité. Si nous voulons que la France s'en sorte, construisons une école dont les enfants sauront programmer de beaux nuanciers de couleurs avant l'âge de 47 ans.

Le meilleur moment pour programmer, c'est maintenant.

lundi 13 mai 2013

Un gouvernement sans couleurs et sans résilience

Un commentaire chez Christophe Faurie, alors que des médias nous annoncent un remaniement pour rien.

Christophe Faurie, spécialiste du changement dans les organisations, pense que "le gouvernement illustre", par "la diversité d'opinion" qui y serait "la règle", une "biodiversité" qui le rendrait "créatif dans l'adversité et durable."


Il me semble justement que le défaut du gouvernement est sa monoculture partisane PS : rien que des élus (aucun salarié du privé ou entrepreneur, ai-je lu), rien que des socialistes et leurs satellites historiques des Verts[1].

Au sein du PS, les débats idéologiques sont, depuis des décennies, joués. Les grognards "de gauche" s'aligneront sur des lignes qu'ils dénonçaient comme social-libérales, s'il le faut "pour faire barrage à la droite" (comme Arnaud Montebourg soutenant François Hollande au second tour de la primaire) et les plus proches du monde des affaires n'hésiteraient pas à s'auto-proclamer "gauche populaire" s'ils croyaient deviner là un gisement de voix — tout comme la "droite forte" est animée par un consultant en opinion, surveillant professionnel des conversations sur le web.

Le gouvernement Sarkozy/Fillon avait de la biodiversité, mais un chef de l'Etat incapable d'écouter ou de bénéficier de cette diversité : c'était une "ouverture" pour rien.

MM. Hollande/Ayrault ont certainement la capacité d'écoute, mais ce qu'ils entendent est l'éternel bruissement des combinaziones de Solférino : rien qui puisse les renseigner sur l'état du pays.

C'est précisément de biodiversité que ce gouvernement aurait besoin — mais d'une biodiversité qui refléterait l'état et les forces du pays. Entrepreneurs et salariés du privé, innovateurs en associations ou en sciences, investisseurs et emprunteurs — tout ce que le gouvernement actuel n'a pas.

Notes

[1] À la seule exception de Pascal Canfin, arrivé plus récemment. Une autre exception, Christiane Taubira, dont le parti guyanais a su jouer plusieurs cartes au cours des années.

samedi 11 mai 2013

Second thoughts about Le Mariage and La Manif Pour Tous

Il y a eu une "manif pour tous" hier à Argenteuil, qui m'a bien fait perdre un quart d'heure sur la route d'Asnières ;-) (une première ! c'est l'occasion d'un lien vers chretiente.info).[1].

Je me suis déjà exprimé plusieurs fois sur cette loi Taubira, et ma principale déception depuis 8 mois est que le débat et la compréhension mutuelle n'aient apparemment pas progressé d'un pouce. (Je l'ai dit chez koz).

J'ai participé de loin en loin aux discussions sur les "implications politiques" de ce processus, c'est-à-dire, sur l'impact qu'il a sur le pouvoir du président Hollande et de son gouvernement. C'est moins important, mais bon, dans la situation de faillite et de chômage pour tous où se trouve la France, ce n'est pas négligeable. Par exemple, François Bayrou a dû renoncer à l'un des compliments qu'il pensait pouvoir décerner au président en place — celui d'avoir apaisé la société, par rapport au quinquennat précédent.

L'Histoire nous enseigne que "pacifier" a été rarement synonyme de "se comporter de façon pacifique", et bien plus souvent synonyme de "imposer sa force" — c'est du moins ce que j'ai appris dans les manuels de ma jeunesse : Gallieni pacifie Madagascar, César pacifie la Gaule, etc.

Sur French Politics à ce sujet : une discussion sur le livre de Hervé Le Bras et Emmanuel Todd et l'interview du premier dans rue89, avec l'idée de « catholicisme zombie » malgré la disparition quasi complète de la pratique religieuse (…) : il reste une manière de vivre, nous disons une « anthropologie », qui se serait exprimée avec la défense de la "filiation père mère enfant". Aussi un billet sur l'hypothèse d'un catholic revival.

Sur le même blog, une critique de ''l'usine à gaz'' gouvernementale : François Hollande should not be speaking in a void. At least that's how I see it.

Notes

[1] P.S. : des photos de cette manifestations sur citizenside.

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