Argenteuillais démocrate… sans frontière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 21 janvier 2018

Mortelle croyance. Le mal du Chemin des Dames

Un tweet me décide à écrire ce billet qui dort depuis des années. Il aurait dû sortir en 2017. C'est une histoire de famille, un squelette dans le placard, et le placard s'ouvre sur une tragédie à l'échelle de l'humanité.

J'ai le sentiment d'avoir bien connu mon arrière-grand-mère Hélène Saska, veuve Audemar d'Alançon. Je rappelle sa dernière visite dans notre HLM du Chesnay, en 1972, j'avais six ans, elle devait en avoir près de cent. Vive, astucieuse, volontaire, bienveillante envers nous enfants, certainement pas poule ou gâteau pour autant.

On faisait allusion, dans les discussions familiales, à nos ancêtres Saski, patriotes polonais francophiles puis officiers français tout court ; et à la branche de la famille restée en Pologne, et à la maison familiale toujours debout sur la place centrale de Kielce.

J'en savais moins sur les d'Alançon, au-delà de la génération des enfants d'Hélène, qui furent dix, dont Robert, officier de la 2ème DB de Leclerc, grand croix de la Légion d'Honneur, décédé en 2010, et Marcel, l'un des brillants aviateurs qui ne purent empêcher la percée allemande en 1940, abattu le 6 juin…

Avec les années, j'ai vaguement entendu parler d'un d'Alançon qui avait travaillé avec le général Nivelle, et qui aurait planifié l'offensive du Chemin des Dames. Il était mort peu après, était-ce de maladie, ou se serait-il, de honte, fait sauter le caisson ? après l'hécatombe de nos soldats lancés à l'assaut dans la boue, contre des positions allemandes qui se sont avérées inexpugnables. Suscitant la révolte de l'armée, les cours martiales et les soldats fusillés pour l'exemple…

Dans notre Histoire, Verdun reste le symbole d'un héroïsme terrible, presque suicidaire, mais salvateur. Le nom aimable de "Chemin des Dames", lui, désigne la folie suicidaire collective d'une Europe en guerre civile.

Pétain, malgré 1940-45 et la collaboration, reste le "vainqueur de Verdun".

Nivelle est celui dont on doit taire le nom.

Quelle responsabilité portait, dans cette horreur, son jeune conseiller, l'officier d'état-major d'Alançon ?

Vers l'âge de 35 ou 40 ans, j'ai compris que le d'Alançon en question était mon arrière-grand-père. L'homme dont Hélène était veuve.

À chaque 11 novembre, ou à la lecture des lettres de poilus, cette sensation : vous, porte-drapeaux, anciens combattants, civils, vous descendez des victimes et vous portez leur mémoire.

Je descends de l'un des meurtriers. Je porte un paquet de ses gènes. J'ai quelque chose de son regard rêveur.

Marcel_Eric_Audemard_d__Alancon.png

Quand je conseille des grands de ce monde, des candidats à la présidentielle, ou quand je lance aux quatre vents mon avis sur tout et n'importe quoi, où mène ce que je dis ? À la vie, ou à l'anéantissement ? Est-ce que mes plans brillants éblouissent, font perdre le sens, nourrissent l'hybris (la démesure) des puissants ?

Je suis à moitié rassuré, à moitié seulement, par la carrière de Robert. En 1944, chargé de vaincre la garnison allemande de Strasbourg, il obtint sa reddition sans aucun mort ni blessé d'aucun côté, par l'astuce et le sens humain[1]. Sûrement, il avait tiré la leçon de la vaine offensive à laquelle son propre père avait été mêlé, et n'avait pas survécu.

À moi aussi de tirer les leçons.

Depuis deux ou trois ans, plusieurs de mes oncles ont décidé d'ouvrir le placard. L'un d'entre eux a organisé pour la famille un voyage sur les sites du Chemin des Dames ; je n'ai pas pu y participer. Début décembre 2017, plusieurs ont organisé une réunion familiale, à l'École Militaire de Paris, avec exposés sur la vie et la carrière de mon arrière grand-père, avant et après 1914. Ils ont conseillé le livre récent d'un historien de la Grande Guerre et spécialiste de l'année 1917, Denis Rolland, "Nivelle : l'inconnu du Chemin des Dames" :

Nivelle a-t-il même conçu les plans d’attaque du Chemin des Dames dont on lui fait grief ? Est-il vraiment coupable, comme le dit la rumeur, des événements qui allaient conduire l’armée française au bord de l’abîme ? Et dans quelle mesure et pour quelles raisons cette bataille fut-elle un échec ? Qu’est-il devenu après avoir été relevé de son commandement ? Et n’a-t-il pas joué à Verdun un rôle plus crucial que Pétain, reconnu à tort comme le « vainqueur » par la propagande vichyste ? Ni réhabilitation ni réquisitoire, cet ouvrage, s’appuyant sur des archives inédites, répond à ces diverses interrogations et souligne l’importance des politiques dans les décisions militaires.

Denis Rolland et mes oncles m'ont donné la chance d'ouvrir le placard. De voir à l'oeuvre mon arrière grand-père, ce grand et brillant officier d'état-major, fidèle de Nivelle embauché par celui-ci comme conseiller personnel, avec un titre vaseux de "chef de cabinet", plus ou moins en doublon du 3ème Bureau, chargé de la planification, commandé par le colonel Renouard.

Denis Rolland montre bien que les choses sont "plus compliquées" que ce que l'on nous apprend depuis les années 60.

On apprend, à le lire, que Nivelle se montra, dans la guerre, un officier exceptionnel : les victoires qu'il obtint par un usage créatif de l'artillerie le firent promouvoir à toute allure de 1914 à 1916. Vainqueur de Verdun, dont Pétain avait été rapidement écarté par le commandant en chef, Joffre. Cette victoire l'avait désigné pour remplacer Joffre quand celui-ci fut écarté. L'offensive sur le site du Chemin des Dames était prévue de longue date ; le secteur géographique choisi faisait l'unanimité des généraux, Joffre et Pétain en premier. D'Alançon donnait des avis plus réservés que ceux de Renouard, qui tint le premier rôle dans la planification, d'Alençon étant malade. L'offensive n'était pas si absurde, puisque les Allemands allaient percer en 1918 dans le même secteur, réussissant assez précisément ce que Nivelle ne put obtenir. Au moins, quand l'offensive française de 1917 fut lancée, Nivelle et son état-major comprirent dès le premier jour, qu'elle ne parviendrait pas à percer le front allemand ; Nivelle réduisit l'effort pour épargner les vies de nos soldats. La presse allemande parlait d'échec pour sa propre armée ; pourtant, côté français, le succès n'étant pas celui attendu, Nivelle fut débarqué, et remplacé par Pétain. Les mutineries commencèrent. Pétain les fit mater et relança l'offensive. D'Alançon, dont la maladie s'aggravait, affecté aussi par l'échec, mourut à l'hôpital quelques semaines plus tard.

Plus frappant encore, pour un statisticien et évaluateur : les défauts des statistiques pesèrent lourd. Renouard, et la plupart des généraux, étaient convaincus que se défendre coûte plus d'hommes que d'attaquer. Seuls les bilans faits après-guerre allaient corriger ce jugement.

La grande hantise des commandants était l'offensive allemande, qui pourrait percer le front, balayer à revers nos troupes et dévaster le pays. Attaquer, c'était nous donner une chance de percer nous-mêmes ; et si nous échouions, c'était au moins attirer et fixer les réserves allemandes, empêcher l'armée ennemie d'attaquer ailleurs. C'était décider où était la bataille, donc, se rassurer.

Cela "explique" déjà la tragédie de Verdun, la défense obstinée d'une rive droite de la Meuse peu défendable et sans valeur stratégique, les contre-offensives vaines pour des pouces de boue…

Cela explique plus encore la décision de lancer tout de même l'offensive, prévue de longue date, au Chemin des Dames, alors que peu à peu, tous les facteurs de succès possible s'étaient effacés, tous les voyants étaient à l'orange ou au rouge.

Cette croyance erronée en la vertu de l'offensive, fut mortelle.

Pourtant, la préférence pour l'offensive n'était pas unanime. Le ministre de la Guerre, le mathématicien Painlevé, était contre. Mais il ne connaissait rien aux opérations militaires et à la réalité du front, donc, les généraux ne respectaient pas son avis. Fin 1916, les deux autres candidats possibles au poste de généralissime étaient bien moins partisans de l'offensive que ne l'était Nivelle : Pétain avait été écarté pour cette raison même, "trop pessimiste" ; Castelnau, averti par l'échec final de l'offensive de Champagne en 1915, fut écarté pour une autre raison : ses convictions catholiques. Déclencher, tout de même, l'offensive, devenait pour Nivelle une question de pouvoir, face à ses concurrents et à son ministre.

La rumeur du front, celle que retranscrit le livre de Jean-Pierre Guéno, disait trop bien l'impuissance du fantassin lancé à l'attaque des forteresses défensives édifiées pendant trois ans. Mais cette rumeur du front ne parvenait pas au Grand État-Major. Les vies humaines envoyées au massacre étaient euphémisées en "risque qui seul peut apporter le succès", en "audace", en "esprit de sacrifice" et en "valeur militaire".

Je continue à digérer cette lecture. Pour l'instant c'est ce qui me frappe le plus : le mépris de la vie humaine, le non-dit de la mort.

Je suis parfois étonné qu'en notre XXIème siècle, la République fasse des cérémonies si médiatiques à la mort d'un militaire ou d'un policier, alors que le risque d'être tué fait partie de leur métier ; alors que la même République les envoie au combat ; alors que la même République engage notre pays dans des guerres un peu partout. Mais je préfère cette médiatisation de chaque décès aux abstractions de 1917, aux grands mots pour cacher des massacres.

Mon arrière-grand-père faisait partie de cette sorte d'aristocratie[2], biberonnée à la gloire napoléonienne en oubliant la retraite de Russie, forte pour exiger le cran, capable d'en faire preuve, mais oublieuse du seul but qui tienne : que le peuple vive.

Notes

[1] J'ai été heureux de pouvoir préciser le passage correspondant de wikipedia

[2] Les Audemar d'Alençon ne sont pas une famille de la noblesse.

dimanche 24 décembre 2017

Un bilan 2017 qui commence en 2014 : à la découverte du rôle de conseiller municipal

Être conseiller municipal, le rang le plus modeste dans l'immense pyramide des élus, mobilise depuis le printemps 2014 une grande partie de mon énergie, de mes préoccupations et de mon temps.

Je n'ai pas trouvé l'occasion d'en parler ici, et j'aurais maintenant cent fois trop à en dire pour un billet de blog ! Je vais me contenter d'en rappeler quelques instants. Vous qui passez par là, si quelque chose vous interroge ou semble mystérieux, vos questions seront bienvenues !

Fin 2013 / début 2014, la majorité de l'équipe MoDem d'Argenteuil, qui avait voté pour une alliance avec le maire sortant, accepte de reprendre ce projet bien que le parti nous ait annoncé l'intention d'accorder son investiture à la droite dans toutes les grandes villes[1]… dont la nôtre. Nos nouveaux partenaires de gauche me demandent d'être candidat en première partie de liste, me considérant comme la personne la plus visible de l'équipe. Nous oublions de demander à figurer en même temps sur la liste pour le conseil d'Agglomération. Notre accord avec le PS précise que nous constituerons notre propre groupe au Conseil municipal, tout en étant solidaires sur le budget et quatre grands programmes dont la défense de l'hôpital ; liberté de vote pour le reste.

Au soir du 2ème tour, la liste est devancée, de très peu certes, par celle de l'ancien maire et ancien député : je me retrouve conseiller municipal d'opposition. Le nouveau Maire tente aussitôt de prendre le contrôle de l'Agglomération, et convoque dans cette manoeuvre un conseil municipal illégal. Je m'oppose à cette manoeuvre anti-démocratique et, solidaire de ma liste, je décide de siéger avec le groupe qu'elle constitue, "Tous fiers d'être Argenteuillais". Au moins le temps d'apprendre le job !

Désigné par le groupe pour siéger à la "commission des Finances et des Affaires générales" et à la commission d'Appel d'offres, je serai en pratique le seul membre de l'opposition à y participer. Je me spécialise donc rapidement sur l'examen des comptes, des budgets, des contrats, et des retombées des emprunts toxiques. Cela va bien à mon emploi du temps de "start-upper" (ou à mon tempérament ours ?). Normalement, un élu municipal passe ses soirs et son week-end en manifestations publiques et événements associatifs. Les Argenteuillais·es ne me voient pas beaucoup… Une brève exception :

Heureusement, mes camarades d'Engagés pour Argenteuil, le mouvement municipal issu de l'ancienne équipe MoDem, font mieux que compenser.

Ensemble, nous préparons chaque Conseil Municipal, nous répartissant l'examen des différents sujets et documents. Nous essayons, sur chaque sujet, d'ouvrir une perspective ou d'apporter une nouvelle idée à creuser, au lieu de nous "positionner" simplement pour ou contre. Notre blog rend compte, sur toutes les délibérations, de mes votes et de leurs raisons. Le "live-blogging" des conseils municipaux y est suivi par des centaines de nos concitoyen·ne·s.

Cela sert-il à quoi que ce soit ? De mémoire, en 3 ans et demi, sur 700 votes et quelques, la majorité municipale a accepté 1 amendement (sur la gratuité de salles municipales). Formellement, les commissions sont tenues, mais sur des décisions fixées d'avance. Nous y posons des questions, on nous promet parfois des réponses, qui n'arrivent presque jamais. En Conseil municipal, suite à une de mes interventions, le Maire s'est amusé à regretter que la Ville ne m'ait pas comme conseiller… C'est pourtant le cas !

Quand les comités de quartier ont été constitués, j'ai été envoyé par le groupe pour siéger à celui du Moulin d'Orgemont. Un nouveau quartier… dont la vie fut brève, car vite refusionné avec Joliot-Curie, sans que j'en comprenne les raisons. Au moins, cela m'aura donné l'occasion de participer aux premières initiatives pour sauver et relancer le marché de la Colonie. Après quoi j'ai été réaffecté au comité de quartier du centre ville. Je boucle ainsi le tour de notre grande ville — j'habitais à la limite du Val d'Argent et du Val Notre-Dame, et ai ensuite déménagé aux Coteaux.

En mars 2016, à la surprise générale, le Maire annonce la vente du point focal de notre ville, l'espace Jean Vilar au bord du pont d'Argenteuil, propriété communale depuis des temps immémoriaux. Avec une collègue du groupe d'opposition, Marie-José Cayzac, nous sommes seuls à voter contre. Avec plusieurs militants et anciens élus de gauche, nous constituons une association, le comité Jean Vilar.

Et voilà comment, dix ans après avoir vécu une campagne présidentielle, je suis entré en politique. La vraie, celle où on se rencontre, on discute, on débat, on entreprend, on combat, sur et pour ce qui nous tient à coeur. Très grand merci aux cofondateurs du comité Jean Vilar, et à celles et ceux qui nous ont rejoint : très divers par leurs parcours, ils m'ont tous donné des leçons de militantisme, disons, des master class. Mention spéciale à la dernière leçon en date, celle de Lucienne Moreau, avec son intervention compacte et percutante devant le Figuier Blanc.

À la rentrée de septembre, j'ai repris mon indépendance par rapport au groupe PS. Je continue à travailler avec lui et à représenter toute l'opposition en commission des Finances, à la commission d'Appel d'offres et au comité de quartier Centre ville (merci au PS pour sa confiance renouvelée !). Mais je peux maintenant exprimer plus directement la position d'Engagés pour Argenteuil sur les sujets municipaux, et spécialement sur Jean Vilar. Cette indépendance m'a valu bon nombre d'invitations à discuter et d'informations plus ou moins confidentielles. Ça me donne l'impression que le tissu politique argenteuillais bouge : il y a de l'espoir que ces années de travail critique, celui d'opposant, servent au final à construire quelque chose !

Notes

[1] Sauf celles avec une liste du centre indépendante. Paragraphe édité et précisé le 27 décembre 2017.

dimanche 26 novembre 2017

Burkina et athéisme

Depuis le début du quinquennat, pas mal d'orientations de la présidence Macron et du gouvernement me donnent de l'espoir. Pas mal d'autres me déçoivent ou m'inquiètent. Pour aujourd'hui, j'en ai une à applaudir : Emmanuel Macron commencera sa tournée africaine par la "terre de l'intégrité", le Burkina Faso. C'est un pays où je suis si heureux et si bien accueilli en tant que demba, beau-frère, que je regrette de ne pas être du voyage. Je l'aurais invité chez moi, plus précisément chez ma femme, comme j'y ai déjà invité Jean Lassalle (l'invitation tient toujours) : l'homme qui a conçu cette maison (Jacques, si vous me lisez, encore merci) avait aussi été le premier patron du jeune maire de Lourdios-Ichère.

Je suis heureux aussi de l'engagement pris par le président de la République,

“Nous veillerons pour les femmes françaises soumises à l'excision à traquer partout ceux pratiquent cette barbarie”

partout, donc, jusqu'au Burkina Faso et dans les pays voisins où persiste, malgré la loi, cette violence contre l'humanité.


Le 27 octobre dernier, XS, commentateur toujours pertinent dans ces pages, m'a surpris en estimant que ce blog "professa(i)t un strict athéisme :)"

Je n'ai su que répondre. Je suis attaché, et c'est comme cela que je comprends le smiley de XS, à une politique qui tienne debout seule, sans devoir recourir à des justifications externes, sans brandir ni la Bible ni Nietzsche. Est-ce une profession d'athéisme ?

Je viens de regarder si le mot "athéisme" figurait ailleurs sur ce blog : oui, une fois ; le 14 septembre 2008, je proposais une échelle de 14 "degrés de laïcité" dans les États, allant de la théocratie à l'interdiction des religions. L'avant-avant-dernier niveau était "La pratique religieuse est tolérée comme survivance, mais critiquée par le pouvoir politique. Le politique reconnaît l'athéisme comme référence. Situation dans l'Europe de l'Est communiste" (du XXème siècle).

J'espère que ce blog s'écarte des pratiques de l'Europe de l'Est communiste ; que sa référence est ailleurs que dans l'athéisme ; que la religion y est pleinement considérée.

C'est bien une foi ou une confiance, un belief, qui m'amène ici, et qui m'a fait créer un blog démocrate sans frontière. Barack Obama l'a merveilleusement exprimé :

The belief in each other — that's what made me a Democrat[1].

En qui croire ? Ou à qui faire confiance ? C'est peut-être la question politique décisive, discriminante. En un homme providentiel ? Un Parti ? Un prophète ? Les riches ? L'armée ? Les nationaux ? La classe ouvrière ? Gaïa Terre-mère, ou ses oracles ? La majorité absolue, ou relative, des électeurs ? La délibération collective ? Des représentants professionnels ? En l'État profond ? En rien ni personne ?

Il y a une quinzaine d'années, j'ai entendu un couplet d'une comptine gestuée, d'origine chrétienne[2], qui m'a frappé jusqu'à aujourd'hui. Il est difficile à retranscrire, la mélodie suggère bien une seule question reformulée quatre fois, je vais mettre des "?,".

Who is the King of the jungle?,
Who is the King of the sea?,
Who is the King of the universe?,
And who’s the King of me?


Touriste français dans un pays très pauvre réputé accueillant, fille promise au féodalisme masculin, militant ou élu local… Who's the King of me? The belief in each other?

Notes

[1] San Francisco Chronicle, 28 octobre 2006, cité par Lisa Rogak, Barack Obama in his own words, Carroll & Graf, 2007, p. 30.

[2] Annie Bush Spiers, 1978, citée par exemple ici.

- page 1 de 419