"Ça va mal finir" mais Cassandre prévoit du mieux (ou Bayrou vu par Léotard)


Les deux François, Léotard et Bayrou, sont de vieux complices. Les historiques des tours et détours de l'UDF des années 80-90 retracent cela très bien. François Léotard a quitté la politique pour une thébaïde d'où il dit sa douce haine pour ses congénères d'hier. Son opuscule sur les débuts du Président Sarkozy se vend bien (fnac, alapage, amazon), fait les têtes de gondole, j'y ai cédé.

À propos, que dit-il de son ancien complice ? J'ai lu quelque part qu'il était "cruel" pour François Bayrou. En fait, il le cite quatre fois. Jugeons sur pièces - et pensons que les journalistes lisent souvent le début des livres.

- Page 10, l'auteur explique son vote pour Nicolas Sarkozy.

"J'avais sauté l'épisode Bayrou. Il avait fait d'une famille politique une poupée gonflable. Elle se trouait. C'était difficile d'y souscrire…".

- Page 18, François Léotard évoque "la stratégie du Président" juste après son élection.

"Il fallait pierre à pierre démolir les trois maisons qui s'étaient construites sans son autorisation : le Parti socialiste, le Front national, la petite baraque en contreplaqué que François Bayrou avait sauvé du désastre. Aucune n'avait de permis de construire.
La démolition ne fut pas très difficile tant était grande la bonne volonté des ruines à venir.
Je passe sur la longue colonne des fugitifs du centre. Ils quittèrent, de nuit, à pas furtifs, le Béarnais. On se serait cru dans les environs de Sangatte. Il fallait à tout prix rejoindre la Roue de la Fortune, le camp des riches. Aucune police ne saurait empêcher ces nomades de goûter le fumet qui s'échappait alors des cuisines élyséennes. La gourmandise est un défaut typiquement centriste. J'allais dire démocrate-chrétien mais ça fait vieux jeu."

- Page 105, l'auteur fait dialoguer, en 2015, Cassandre la Troyenne avec le Président Sarkozy, en la troisième année de son deuxième mandat.

"Cassandre (moqueuse) : … Regarde Bayrou. Il ne se marie pas tous les quinze jours, et il est passé devant le Parti socialiste aux dernières élections.
N.S. : Ah ! Je t'en prie. Cesse de me parler de ce type. Il est insupportable ! D'abord, je n'aime pas les Béarnais… Est-ce que seulement ce sont de bons Français ?"

- Page 118, l'auteur se fend d'une lettre, quasi-conclusive, à Nicolas.

"J'aurais pu voter pour Bayrou, plus sérieux au fond, mais il n'était pas au deuxième tour…".


Oui da, mais au premier ?

Dans "Ça va mal finir", on n'aura pas le fin mot de l'histoire, mais dans Metro, François crache le morceau :

"J’ai voté Bayrou au premier tour par conviction et Sarkozy au second tour à contrario."

Finalement, François Léotard s'est survendu en électeur de Sarkozy, déçu de celui-ci élu. Il est d'abord un électeur de Bayrou, déçu que celui-ci n'ait pas été élu !

Mis en ligne : Mar. - Mars 25, 2008 - 04:56 PM   Accueil :   Aussi sur ce sujet :      


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