Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mardi 12 mai 2015

Tristesse et espoir, 2 : bilan de la coalition britannique

J'ai été désolé par les résultats des élections générales britanniques. La déroute de nos amis, le centre libéral-démocrate, malgré un bilan gouvernemental exceptionnel, rappelle l'adage attribué à Bismarck : "dans un système à trois puissances, il faut être l'une des deux".

(Quelques tweets et liens de lendemains d'élection : 1, 2, 3, 4, 5…)

L'électorat de gauche s'est effondré depuis l'élection de 2010, alors que, quand les LibDems avaient accepté après cette élection une coalition avec les Tories, environ la moitié de leur électorat avait rejoint, selon les sondages, le Labour. Disparus.

La quasi-sécession électorale écossaise, et la forte progression du parti de droite souverainiste UKIP (12%), n'ont pas empêché les Tories de progresser, largement en sièges, mais aussi en nombre de voix, par rapport à 2010.

Alors regardons les signes d'espoir :-) dans cette brillante réélection de David Cameron !

Ce succès correspond sans doute aux résultats spectaculaires obtenus par le gouvernement de coalition depuis 2010, au-delà du slogan initial de "Big Society" :

  • le chômage est tombé à moins de 5% (et ce n'est pas, contrairement aux années Blair, parce que des gens se seraient fait reconnaître invalides du travail ; et, contrairement à la France, il y a un flux d'immigration continu) ;
  • le déficit budgétaire, toujours élevé, a été tout de même divisé par deux ;
  • la croissance économique est de 3% par an.

Ceci avec une forme "d'austérité" budgétaire (550000 emplois publics supprimés), à l'inverse de ce que vit la France, toujours en pleine "relance keynésienne" : la dépense publique n'a jamais été aussi forte chez nous, aujourd'hui 57,2% de la production nationale !

Mais, contrairement à ce qu'on imaginerait sans doute pour le cas français, les dépenses coupées au Royaume-Uni n'ont pas été en priorité les dépenses sociales, mais au contraire, les dépenses traditionnellement privilégiées par la droite : l'armée a été la première touchée ; les aides aux entreprises ont quasiment disparu ; la police a été touchée également ; les investissements publics dans les transports ont fortement baissé ; ainsi — point commun avec les annonces du gouvernement Valls — que les dotations aux collectivités locales.

Je nuancerais de deux façons :

  • d'une part, le 2ème mandat Cameron, sans coalition, risque d'être marqué par une forte réduction des dépenses sociales (et on verra bien le résultat : j'imagine que les Britanniques pourraient regretter le temps de la coalition !) ;
  • d'autre part, les solutions britanniques ne sont certainement pas transposables telles quelles à la France. Par exemple, nous ne pouvons "dévaluer" notre monnaie qu'avec l'accord de nos partenaires donc de la BCE (comme cela a lieu de façon spectaculaire depuis janvier dernier), alors que le Royaume-Uni gère la livre seul. Autre point, le nombre de fonctionnaires statutaires en France (emploi garanti) est très élevé, par conséquent, nous ferons plus d'économies en internalisant ce qui était auparavant confié au privé (à emploi public constant) plutôt qu'en externalisant comme l'a fait le gouvernement britannique.

L'expérience du mandat Cameron prouve cependant que :

1) contrairement à ce que croient tous les gouvernants français depuis 1991-92, il est possible de faire et changer énormément de choses, y compris en un seul mandat, et de remettre un pays dans la course ;

2) contrairement à ce que croient tous les gouvernants français depuis 1991-92, il est possible de couper les financements de vos alliés et électeurs traditionnels (et non pas de ceux de l'autre camp) ;

3) on peut être réélu triomphalement avec cette méthode, si elle marche.

dimanche 10 mai 2015

"À la rencontre des Français" : la route de l'espoir

Un long trajet en avion, dimanche dernier 3 mai, m'a donné l'occasion de lire le témoignage de Jean Lassalle sur son tour de France de 2013.

Un document bref — quelques heures de lecture pour huit mois de marche ! — et bouleversant. J'espère qu'il sera aussi décisif.

Jean Lassalle se met tout entier en jeu dans ses pages : ses expériences de jeunesse, ses convictions, ses cauchemars. Il s'est mis en jeu tout entier dans l'aventure : il s'endettait lourdement, sa femme a dû fermer son entreprise, ses administrés et électeurs s'éloignaient de lui. Il n'ose pas marcher dans son propre département qu'il connaît, écrit-il, trop bien. Et en chemin, il apprend à quel point il s'est fait avoir par Toyal, l'entreprise face à laquelle il avait fait une longue grève de la faim.

Les initiatives qu'il lance au fil du parcours ne rencontrent qu'un demi-succès, au mieux : les "Cahiers de l'espoir" dépassent parfois le niveau d'un sondage d'opinion, mais à ma connaissance rien de concret n'en est encore sorti. Les témoignages de première main qu'il veut apporter aux autorités nationales rencontrent des murs (François Hollande, Claude Bartolone…).

Et pourtant, ce témoignage m'a rendu l'espoir qui ces derniers mois s'évanouissait, et que les dernières nouvelles des démocrates sapent encore.

Des mots d'espoir, ce sont tous ces noms de femmes et hommes du MoDem qui ont spontanément accueilli, accompagné, soutenu Jean au long de sa marche. Il en évoque des centaines, attentifs, constructifs, militants. Fédérés par l'objectif commun d'écouter les attentes des Français, de surmonter la crise nationale. Et c'était en 2013, aux plus basses eaux — pas dans les semaines d'enthousiasme de janvier-février 2007.

Par un heureux hasard, j'ai pu croiser Jean Lassalle mardi dernier 5 mai et lui témoigner en retour de cette bonne surprise. Moi qui, depuis 2006, avais pu croiser ou entendre parler de beaucoup de ces adhérents, j'en trouvais certains bien fragiles ; disons, plus intriguants que militants. Je les ai redécouverts, dans ses pages, engagés et solides : en marche (alors que, moi-même, je n'avais pas dégagé, ne serait-ce qu'une demi-journée, pour partager la marche du député).

Jean aurait pu me répondre qu'il avait enjolivé la réalité, retenu les bons côtés ? Après un instant de silence, il m'a répondu : c'est le fait d'entreprendre. Agir, ça met dans le bon sens. C'est de rester à tergiverser, qui divise les gens.

Après quoi il a déchiré un bout de papier pour me donner son 06 :-)

Cet homme a un tempérament d'entrepreneur : c'est pour moi la deuxième leçon de son livre. Les fans du culot à la Sarkozy ou à la Tapie apprécieront le passage par Pont-à-Mousson, je n'en dis pas plus ;-)

Et l'autre chose qui me redonne espoir, c'est l'évidence du diagnostic auquel conduit cette "rencontre des Français" : le système d'État a perdu sa raison d'être, le service du pays. Tout simplement perdu, comme on perd le fil. Il s'est enkysté, recroquevillé sur lui-même, sur sa propre survie, ses propres règles, et il a renoncé à rencontrer la réalité. Il faut en changer. Et il y a un député qui marche pour ce changement, et autour de lui un parti de militants eux aussi en marche. Persévérons !


Un extrait pour la route ! p. 196 et suivantes, je ne mentionne pas les coupes.

Une voiture s'approcha de moi. Quatre personnes en descendirent. L'un d'eux se présenta comme le maire (…).

— On est au bout du rouleau, il n'y a que vous qui puissiez faire quelque chose.

L'un des trois hommes à côté de lui avait les yeux qui tombaient par terre. Soit épuisé, soit déprimé.

— Monsieur est chef d'entreprise. Il a trouvé un produit exceptionnel, (qui) révolutionne les techniques du froid. (Il) a créé 150 emplois dans la commune — (des) emplois haut de gamme ! Nous nous sommes tous impliqués à fond, et en plus il est très sympa…

— Mais aujourd'hui je suis foutu ! Et pour vous prouver que je ne raconte pas d'histoires, je suis venu avec mon expert-comptable et le représentant syndical du personnel.

Il avait bénéficié d'une subvention européenne de 1 100 000 € pour moderniser et étendre son usine. Normalement, on ne peut recevoir la totalité d'une subvention que lorsque les travaux sont intégralement achevés. Mais là, le préfet lui avait tout versé avant la fin des travaux.

— Deux mois après, j'ai reçu une lettre du Ministère des Finances m'intimant l'ordre de rendre sous 10 jours cette subvention. Comment voulez-vous que je rende cette somme dans le cadre d'un plan financier (d'investissement) aussi strict ? Je suis allé voir mon banquier. Il ne pouvait pas me prêter la somme correspondant à une subvention qui avait précisément servi à établir le montage financier. Deux mois après, nouvelle lettre des impôts qui me condamnent à une pénalité et à des amendes. Trois mois après, troisième lettre : je suis radié des entreprises qui peuvent participer à des appels d'offres européens. Or mon marché ne repose que sur ces derniers. J'ai dû déposer le bilan. Mon entreprise va être mise en faillite. Vous vous rendez compte ? Je peux doubler le nombre d'emplois de mon entreprise, puisque j'ai le marché ! Et depuis deux ans, un enfer, dans lequel je ne suis strictement pour rien !

Le préfet de l'époque a changé de département. Je retrouve sa trace et l'appelle aussitôt.

— Ah ! Oui, monsieur le député, je me souviens très bien. Il y avait trois ou quatre entreprises dans la même situation. On avait reçu, ce qui est inhabituel, des fonds européens en avance. Je me suis dit que pour une fois, ça ferait de la trésorerie aux entreprises, et je leur ai tout versé.

J'explique la suite de l'histoire au préfet, qui n'en revient pas. Pourrait-il passer un coup de fil à (son successeur) ?

— Il serait plus efficace de trouver une solution au ministère.

Je retrouve le numéro d'une amie qui (travaille) au suivi des subventions européennes.

— Hum, me dit-elle, ça va être compliqué.

Elle me passe aussitôt l'un de ses supérieurs. (Celui-ci : )

— Vous ne vous souvenez pas de moi, mais on s'est vus dans des réceptions. Je vous apprécie beaucoup, mais vous n'en avez pas assez d'écouter tous ces pleurnichards ? Qu'est-ce qui vous a pris d'aller à la rencontre de ces gens ?

— Monsieur le directeur, vous devriez venir marcher deux jours avec moi. Il n'y a pas beaucoup de pleurnichards, mais tout le pays pleure.

— Mais il faut les secouer, tous ces gens ! Leur dire de se mettre au boulot ! Un pays de fainéants !

Heureusement que je n'ai pas mis le haut-parleur. Le haut fonctionnaire poursuit :

— J'en ai assez de payer des impôts pour un peuple qui ne se prend pas en charge. On devrait revoir le principe du suffrage universel !

Je finis tout de même par lui expliquer la raison de mon appel. Il s'en étrangle.

— Comment ? Vous ? Jean Lassalle ? Vous qui incarnez une certaine idée de la raison et du bon sens, vous allez vous mettre à défendre des voyous ? Mais si je tombe sur le dossier de ce type, je vais lui faire rembourser 5 fois, 10 fois ce qu'il a reçu ! C'est un escroc ! Les tricheurs, ce sont eux qui détruisent notre pays !

Le maire, qui s'inquiète, vient aux nouvelles :

— Ça n'a pas l'air de très bien se passer.

— Oh non, en effet…

Quelques mots de et sur Jean Lassalle, sur ce blog : "la soirée des retweets" sur sa marche et celle d'Axel Kahn, octobre 2013 ; le résultat des régionales 2010 ; un écho de Paris XVIème daté 2007 ; en 2006 après sa grève de la faim (un autre écho ici).

lundi 6 avril 2015

Départementales : le Centre hors jeu, la bonne affaire de l'UMP et du PS

Reprise de quelques commentaires chez Art Goldhammer et Arun Kapil.

(Art) :

For the time being, the French political map has two large continental blocs (UMP, FN), a smaller island-nation across La Manche (the "Blairite" PS), a shrinking center, and an archipelago of islands basking in their own purity (EELV, NPA, etc.). With Sarkozy apparently once again in firm control of the UMP and a base more than unfriendly to Alain Juppé, the political contest will be an ugly rumble between the Sarkozites and the Le Penists to see who will be more successful at appealing to the primal fears and vengefulness of those voters who think that depriving schoolchildren of an alternative to a pork lunch is the best answer to the problems facing the country in the decade ahead.

Tout à fait d'accord. Et pour l'effondrement du Centre, on ne peut pas en blâmer un gouvernement de gauche conservatrice, ni l'absence du MoDem dans ce gouvernement : car les choses ne sont pas bien différentes pour le centre britannique, les Lib-Dems, alors que la droite y est au pouvoir en coalition avec le centre. Ils semblent voués à s'effondrer aussi, les électeurs préférant, comme alternatives au bipartisme, le nationalisme façon royaume-uniste UKIP ou façon écossaise SNP.

Le mot inquiétant est l'euphémisme le plus euphémique que je trouve.

(Art encore) :

The far right is redrawing France’s political map. The National Front has secured its place at the center of French politics. (Marine Le Pen) has broadened the party’s base by refocusing its platform, altering its rhetoric and appealing to younger voters. Polls show that the FN electorate remains staunchly opposed to immigration. But the younger Le Pen has shrewdly recast the issue as a defense of the “republican” value of laïcité (secularism) rather than open hostility to immigrants. Tactics such as these have “de-demonized” the party, as the French media like to say, and thus removed much of the stigma of voting for it. (…) The FN is drawing more votes than either the Socialist Party (PS) or the UMP by themselves (that is, not counting votes won by their coalition partners). (…)

The substantial losses by the PS in the last elections undercut the party’s traditional base of support in cities and towns. Municipal socialism was the breeding ground for national leaders as well as a source of employment for party activists. These prizes have now fallen to the rival UMP. (…) Some observers believe that the PS has entered a death spiral.

The surprise winner is Sarkozy. In 2012, his position was similar to Hollande’s in that his performance in office had discredited him with much of his own base. (…) But Sarkozy may have outflanked Juppé in the center by forging an alliance with the centrist UDI, and the election outcome — a substantial victory in terms of number of departments controlled by the UMP — seems to have vindicated both of Sarkozy’s tactical choices. He thus appears to be in a commanding position to retake the presidency in 2017 (unless, of course, one of the pending investigations turns up something substantial). Yet Sarkozy’s comeback, which few would have predicted in 2012, proves that in French politics, three years is a very long time.

Sur "Certains observateurs voient le PS engagé dans une spirale mortelle" :

Oui mais… d'autres le verraient différemment, à Argenteuil par exemple. La poussée du FN — sans que le PS l'ait encouragée ! — est électoralement une bonne affaire pour lui, une chance de sauver de nombreux sièges malgré le manque de soutien populaire. C'est tout aussi vrai de l'UMP qui a obtenu un raz-de-marée national malgré de faibles pourcentages de voix.

C'est peut-être une banalité, puisque les % obtenus par le FN ont été perdus par les autres, tandis que le FN ayant gagné peu de sièges, les autres ont gardé les leurs…

Mais il y a plus. Dans ce système à trois partis, le PS et l'UMP peuvent se dire que la victoire finale dépend de facteurs qu'ils ne contrôlent pas, de petits hasards qui changent l'ordre d'arrivée au premier tour, et assurent la victoire au second tour de celui qui se retrouve face au FN.

Si c'est bien cela la nouvelle règle du jeu, si elle assure au PS comme à l'UMP 50% des sièges en moyenne, de quoi ces partis s'inquiéteraient-ils ?

Finalement, que leurs succès électoraux ne dépendent pas de la réussite des politiques qu'ils mènent, c'est presque l'idéal pour eux.

Alors bien sûr, cette "règle du jeu" ne s'applique pas aux élections à la proportionnelle, européennes et régionales. Là, la FN leur prend autour d'un quart des sièges. Mais qui s'en soucie ? Ni M. Hollande ni M. Sarkozy, pour ce que j'en ai entendu.

Plus sérieusement, aux élections dont tout le monde se soucie, cette "règle du jeu" suppose que le FN reste entre 22 et 30-33% des voix. Au-delà, il gagnera beaucoup, si ce n'est tout. Du seul point de vue de l'arithmétique, c'est ainsi que plusieurs partis antidémocratiques ont gagné des élections, et de là, le contrôle de leurs pays, dans les années 30 et 40 : parce que les partis "du système" ont trop longtemps cru pouvoir cantonner ces opposants remuants en-dehors du pouvoir réel.

Les partis sortants, UMP et PS, prendront-ils le risque de révolutionner leur projet et leur pratique politique pour regagner un soutien populaire ? J'en doute. C'est le risque d'une traversée de désert avec plus de 50% de chances de disparaître.

Le PCF n'a pas tenté cette révolution interne, ou trop tard et trop prudemment : il est devenu un petit syndicat, constamment déclinant, d'élus locaux.

L'UDF de François Bayrou, le troisième parti à l'époque, a fait la révolution qui l'a conduite au MoDem actuel : elle est passée de 9-14% de suffrages en 1997-2001 à 4 ou 5% actuellement. La majorité de ses membres et de ses élus sont passés à l'UDI, le parti accompagnateur centriste de l'UMP, puisque seul le soutien de l'UMP permet de garder un mandat.

Au total, sur les 4 grands partis des années 70-80, il n'en reste que 2, et je ne vois, ni chez leurs électeurs ni chez leurs élus, d'envie de changer.

Ce qui fait une grande différence par rapport à 2005-2006, où ces deux parties étaient secoués par des mouvements aussi profonds que le "royalisme" (ou ségolisme !) et sa démocratie participative, et le "sarkozysme", version française du reaganisme ou du thatchérisme.

Aujourd'hui, le conservatisme règne des deux côtés, avec sa ferme stratégie de ne rien changer à l'état actuel des choses, dans les politiques menées pour le pays, comme dans les relations entre partis politiques.

(Arun)

Sunday’s 2nd round (…) was a smashing victory for the UMP-UDI (as expected) and a severe defeat for the Socialists and the rest of the left (though it could have been worse). As for the FN, the result was en demi-teinte.

The election was not about (Nicolas Sarkozy) and it is most unlikely that the excellent result for his party was due to anything in particular he did or said. (…) As for notable things Sarkozy said during the campaign, there was mainly his declaration supporting the UMP mayor of Chalon-sur-Saône on ending substitute meals when pork is served in school cafeterias (meals that had been offered in cafeterias without debate or controversy for decades). For good measure, Sarko reiterated his endorsement of a law banning the wearing of Islamic headscarves by students in universities. With his peremptory pronouncements on these non-issues—fabricated de toute pièce in the ambient climate of anti-Muslim bigotry—Sarkozy demonstrated once again that he is the worst person in the top-tier of French politics, utterly devoid of principles, shame, or republican values.

In my post on the UMP six months ago, I categorically stated that I did not believe for a minute that Sarkozy would succeed in his comeback and impose himself as the UMP’s candidate in ’17. I still hold to this.

The primary will hardly be a cakewalk for Juppé, though, as the immigration and national identity questions are sure to be central and on which Sarkozy is more in tune with the Tea-Partyized UMP base.

Je ne partage pas l'optimisme d'Arun Kapil concernant 2017. J'en reste plutôt à ma comparaison entre le come-back de Nicolas Sarkozy et celui réussi par Benyamin Netanyahou après un premier mandat décevant. Les gens votent-ils si souvent pour les personnes qu'ils apprécient le plus ? Plus souvent, à mon avis (en tout cas en France et aux élections nationales), le vote joue contre les personnes présumées perdantes, celles qui donnent le moins l'impression de vouloir le job.

Peu de gens voudront permettre à la gauche de persévérer dans l'immobilisme. Un peu plus, mais pas une majorité j'espère, feraient confiance à Marine Le Pen : même les supporters du FN admettront que leur équipe n'est pas au niveau pour gouverner la France.

Si bien qu'un Nicolas Sarkozy qui montre du respect pour les "idées" du FN, tout en poussant quelques "centristes" pour garantir sa crédibilité, me semble la formule favorite pour gagner en 2017. Même si en deux ans, beaucoup de choses peuvent changer.

La popularité d'Alain Juppé dans les sondages, notamment chez les électeurs âgés, a de la valeur. Mais est-il capable de mener une campagne nationale, de tenir le devant de la scène pendant deux ans, de verrouiller les allégeances tout en détournant les soupçons vers des boucs émissaires, d'éviter que ce soit ses supporters qui apparaissent agressifs envers Nicolas Sarkozy, tout en le poussant dans les cordes ? À ma connaissance, autant de choses qu'il n'a jamais réalisées.

Bien évidemment, je préférerais, si une présidence Bayrou n'est pas possible, Alain Juppé à Manuel Valls, Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. Et je me doute que des courants du centre, ou démocrates, partageraient cette préférence. Mais par quelle brèche passeraient-ils pour prendre la place ? Et où sont ces courants ? D'où resurgiraient-ils ?

Quelques corrections de coquilles et de style le 7 avril 2015. Sans incidence sur les commentaires 1 et 2 ci-dessous.

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