Argenteuillais démocrate… sans frontière

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jeudi 16 octobre 2014

Tentative de rejoindre Seine-Défense dès le 1er janvier : une démarche hasardeuse et inutile

Mon intervention au Conseil Municipal de ce jeudi 16 octobre, pour le groupe Tous Fiers d'Être Argenteuillais.

1) Rappelons en préambule que la raison pour laquelle la Municipalité a voulu quitter l’agglomération, c’est, de votre aveu, Monsieur le Maire, votre volonté d’écarter le président Philippe Doucet de la gestion de cette agglomération.

Or, quelle que soit l’opinion de votre équipe sur la gestion municipale passée de la Ville, vous devriez constater

  • Premièrement, l’avis très favorable de la Chambre régionale des Comptes sur la gestion de l’Agglomération,
  • Deuxièmement, l’intérêt pour Argenteuil de la dotation d’Etat : 5 millions pour l’agglomération (contre 2 millions à Seine-Défense pour une population égale), soit l’équivalent de 4 millions pour Argenteuil.

Donc, adhérer à Seine-Défense, c’est donc une perte nette de plusieurs millions d’euros pour Argenteuil.

Accessoirement, si vous souhaitez, comme nous-mêmes, une gestion économe de l’argent public, vous allez trouver à dire à Seine-Défense : pour le même nombre d’habitants qu’Argenteuil-Bezons, et pour beaucoup moins de compétences qu’Argenteuil-Bezons, Seine-Défense a, non pas 10 vice-présidents comme Argenteuil-Bezons, mais 14, et qui plus est, au montant maximal d’indemnités. 14 vice-présidents pour, aujourd’hui, 2 employés, soit un ratio impressionnant de 7 vice-présidents par salarié.

Quant au président de l’agglomération, mis en examen dans l’affaire Bygmalion, nous espérons bien que vous exercerez la plus grande vigilance face à tout risque de confusion entre les intérêts de l’UMP et ceux de l’agglomération.


2) Donc cette délibération ne traduit pas un intérêt particulier pour Argenteuil à rejoindre Seine-Défense telle qu’elle fonctionne ; elle vise plutôt à accélérer la dissolution de l’Agglomération. Vous venez de le dire en introduction, et votre Premier Adjoint Xavier Péricat l’avait écrit ce mercredi en deux tweets, je cite : « Une nouvelle page de l'histoire de ‪@VilleArgenteuil‬‬ s'écrit ce jeudi avec notre adhésion à la Communauté d'Agglomération ‪#Seine‬‬-Défense ; Dès Jeudi, c'est aussi la dissolution de l'Agglomération ‪#Argenteuil‬‬-Bezons qui est enclenchée au 1er janvier 2015 ! » comme si ce Conseil n’avait pas déjà voté il y a trois mois la même dissolution et la même date… c’est à se demander pourquoi on est réunis !

Philippe Métézeau a prétendu lors du Conseil d’agglomération que cette démarche exprimait, non seulement le choix de la Municipalité, mais aussi la volonté des Argenteuillais. Alors là, scoop ! Les citoyens ont été complètement tenus hors du coup. Ce n’était pas dans le programme municipal de la liste qui a été élue, et il n’y a pas eu de débat public après l’élection… Si, il y en a eu un, organisé par l’agglomération elle-même, et il n’allait certes pas dans votre sens. Nous, à Engagés pour Argenteuil, nous avions demandé pendant la campagne un référendum local, et nous maintenons que ce choix d’agglomération concerne directement chaque citoyen.

Ce changement d’agglomération par-dessus la Seine ne traduit pas non plus une stratégie de développement qui soit perceptible dans la délibération qui nous est proposée. La délibération est muette sur ce point. Dire, comme l’a fait M. Péricat en commission unique, que l’on va s’élargir, s’ouvrir, ou créer un grand ensemble, a aussi peu de portée que de dire que l’on va gérer au plus près des quartiers — la question, ce n’est pas la petite ou grande échelle à laquelle on travaille, c’est d’abord à quoi on travaille.

Pas de stratégie côté Argenteuil, et encore moins côté Seine-Défense, puisque l’objectif affiché par son Président est de créer des bureaux à Bois-Colombes et Colombes, voire jusqu’à Gennevilliers en suivant la future ligne rouge du métro… mais pas à Argenteuil.


3) Les réalités géographiques ne sont pas si faciles à bouger. Argenteuil et Bezons sont solidaires, la montagne du Parisis nous sépare du reste du Val d’Oise, la Seine nous sépare de la petite couronne et de La Défense. Et c’est justement Bezons qui connecte, par le tramway, Argenteuil avec La Défense, via la Garenne-Colombes et Nanterre. Vous faites voter aujourd’hui une adhésion à l’agglomération constituée par Puteaux et Courbevoie, ce n’est pas cette agglomération qui décide du développement du quartier d’affaires : c’est l’établissement public EPADESA, qui réunit l’État, la Région, le Département et les communes, et dont la stratégie de développement est claire : vers l’Ouest, la Garenne-Colombes et Nanterre, voire Rueil-Malmaison.

Si nous voulons qu’Argenteuil bénéficie d’une extension de La Défense, la priorité serait de trouver un accord avec notre tête de pont vers Nanterre et La Défense, c’est-à-dire avec Bezons ; Kader Slifi vous l’avait rappelé lors d’un précédent Conseil. Or les deux votes que vous nous proposez ne témoignent pas, c’est le moins qu’on puisse dire, de la recherche d’un tel accord. Vos adjoints et vous-mêmes estimez que « Bezons n’a qu’à faire comme nous », ce n’est pas cela, à mon sens, chercher un accord.


4) Vous nous dites enfin que ces délibérations sont « techniques », j’ai entendu le terme en Commission Unique, qu’elles sont nécessaires dans le cadre de l’adhésion, déjà votée, au Grand Paris.

Eh bien, cette adhésion mériterait qu’on se repose la question, quand on entend les compromis qui viennent de se décider début octobre entre les élus de l’agglomération, compromis repris par le Premier Ministre, en particulier sur les finances du Grand Paris. Le budget de la métropole serait limité à quelques dizaines de millions d’euros, soit à l’échelle d’Argenteuil, quelques centaines de milliers d’euros. Ce n’est pas ça qui va combler le manque à gagner dû à la dissolution d’Argenteuil-Bezons.

À défaut d’argent, quelle sera la capacité politique du Grand Paris, sa capacité à organiser l’action des villes ? Philippe Laurent, le maire de Sceaux et ancien président du syndicat de collectivités Paris-Métropole, remarque que le « périmètre » du Grand Paris « n’est manifestement pas adapté au « fait métropolitain » quand « les aéroports n’en font pas partie, pas davantage que les villes nouvelles ». Ce que j’en comprends, c’est que la collectivité qui devrait gérer la métropole, de Roissy à Orly et de Cergy à Marne-la-Vallée, s’appelle tout simplement la Région Ile-de-France, et elle existe déjà.

Donc cette réforme, au lieu de simplifier le fameux « enchevêtrement des compétences », risque de rendre l’agglomération ingouvernable ! Puisqu’à la Métropole s’ajoutent les territoires, et qu’en face les départements, Val d’Oise comme Hauts-de-Seine, vont perdurer au moins jusqu’en 2020.

En d’autres termes, Argenteuil pourrait se reposer la question, et ne pas lâcher ses partenaires du département et de l’agglomération pour des plans aussi fumeux.


5) Cependant, ce serait là un autre vote, une autre décision. Vous situez la délibération d’aujourd’hui dans une perspective précise, celle fixée par le vote antérieur de ce Conseil, le 18 juillet, pour une adhésion au Grand Paris prenant effet au 1er janvier 2016.

Dans cette perspective-là, Argenteuil devra être rattachée, sans doute au 1er janvier 2016, à l’un des territoires du Grand Paris. Si Bezons n’adhère pas d’ici là (elle peut d’ailleurs encore le faire), la seule commune du Grand Paris avec laquelle nous ayons une véritable continuité territoriale, des échanges importants, des affaires communes, c’est Colombes.

Nous n’avons donc simplement pas le choix, et Colombes non plus, d’ailleurs : le territoire dont fera partie Colombes sera également le nôtre — en tous cas, toutes autres décisions seraient stupides, et comptons sur les Préfets pour les éviter.

Donc, si Colombes se rattache à La Défense, nous y serons aussi ; si Colombes se rattache à une Boucle Nord des Hauts-de-Seine sans La Défense, nous y serons aussi.

Alors, à quoi bon prendre la délibération que vous nous proposez ?

Son succès repose sur le volontariat de Bois-Colombes et Colombes, sans parler de Puteaux et Courbevoie, pour faire partie du même ensemble qu’Argenteuil. Croyez-vous vraiment que c’est cette méthode qui nous donne les meilleures chances de succès ?

Et ce volontariat, il doit se manifester par un vote de chacun des trois Conseils Municipaux, un vote du Conseil communautaire et un nouveau vote de chacun des trois Conseils Municipaux, le tout suivi d’un arrêté interpréfectoral, d’ici le 31 décembre, soit en 10 semaines. Le tout sur un sujet dont les habitants de ces communes ont à peine entendu parler jusqu’ici, mais comptez sur les médias pour attirer leur attention dès les premiers votes. Au dernier Conseil Municipal je disais que ce serait un « miracle », je ne peux que maintenir cette expression.

Vous prétendez que vous êtes contraints à ce vote parce que le Premier Ministre, lui, serait contraint de prononcer la dissolution d’Argenteuil-Bezons au 31 décembre ? Au motif que le Conseil municipal d’Argenteuil a voté cette date du 31 décembre ? C’est une blague, j’espère en tout cas que personne dans cette salle ne la prend au sérieux. La loi impose à M. Valls de prendre cette décision tôt ou tard, mais comptez sur lui pour le faire au moment qu’il jugera opportun ; et en matière de temps opportun, comptez sur lui pour garder en tête le calendrier du Grand Paris et pas seulement le calendrier de la municipalité d’Argenteuil.

Vous savez par ailleurs que l’adhésion à une nouvelle agglomération ne vaut pas retrait de l’agglomération existante ; si ça marchait, ça aurait pu être une astuce pour sortir plus rapidement d’Argenteuil-Bezons, mais cette procédure, qui existe pour les communautés de communes, c’est-à-dire les zones rurales, est interdite en agglomération. Ça ne marche pas.

Conclusion de bon sens : même dans la perspective votée le 18 juillet, celle d’un rattachement au Grand Paris, la solution raisonnable est de maintenir l’agglomération d’Argenteuil-Bezons jusqu’à la date de création du Grand Paris et de ses territoires.

Ça demande du bon sens, ça demande aussi le sens du compromis ; parce que bien sûr, il faut une cohérence entre les politiques de la ville et celle de l’agglomération. Il faudra donc une volonté partagée de sortir de ce que L’Express d’hier appelle le « cirque ». Et je vous le dis tout de suite, prétendre que le cirque « c’est l’autre », « c’est pas moi c’est lui », c’est encore du cirque.

En conclusion, j’appliquerai cette remarque à moi-même ; au nom du mouvement Engagés pour Argenteuil, je suis disposé à toute démarche allant dans le sens de sortir Argenteuil du ridicule de ce « combat des chefs », ce que, j’en suis sûr, nous souhaitons tous, et de construire des compromis permettant de travailler ensemble, entre autorités légitimes et démocratiquement élues, dans l’intérêt d’Argenteuil et des Argenteuillais.

Liveblogging Conseil Municipal du 16 octobre 2014 • Argenteuil dans Seine-Défense ?

Georges Mothron, Maire et conseiller général, souhaite que "les agressions qui ont eu lieu hors du dernier Conseil" (envers des élus de l'opposition) "ne puissent plus se reproduire", et donne lecture de quelques articles du Règlement Intérieur, notamment ceux qui invitent le président de séance à veiller à la paix des débats.

Il rappelle que les intervenants ne peuvent s'adresser qu'au Conseil… et que leur temps de parole est limité à 2 minutes, sauf débat budgétaire, et à une intervention unique (sauf pour le rapporteur, l'adjoint compétent ou le Maire). L'article 36 prévoit un temps de parole "au nom du groupe" limité à 5 minutes par délibération… Ce sont précisément des dispositions que j'avais rejetées comme illégales.

Philippe Doucet, député, président de l'Agglomération et ancien Maire : "je salue ces propos : vous nous en voyez ravis. Nous avons saisi le Préfet, car cela fait plusieurs Conseils municipaux de suite que les conseillers d'opposition sont insultés, menacés… avec dépôts de plainte à la clé. Nous espérons un nouveau départ et nous y sommes prêts."

Georges Mothron : "le Préfet a invité le 7octobre la Ville d'Argenteuil, celle de Bezons et l'Agglomération, pour discuter du processus de dissolution. Comme seule la Ville d'Argenteuil est venue, nous avons organisé ce Conseil municipal extraordinaire pour prendre date, aussi vis-à-vis des services de l'État, pour que ce point soit bien imprimé pour certains."

Georges Mothron lit la délibération de "demande d'adhésion de la Commune d'Argenteuil à la Communauté d'agglomération Seine-Défense", "à compter du 1er janvier 2015".


Mon intervention sur ce billet distinct.


Philippe Métézeau,maire adjoint et conseiller général, estime en réponse que changer d'agglomération "n'est pas un drame, beaucoup de villes le font."

"Les habitants des communes des Hauts-de-Seine ne sont pas des sauvages ou des Martiens, on peut construire des projets ensemble."

"Le Maire d'Argenteuil a montré ses capacités à travailler avec d'autres par-delà les différences."

Il rappelle que l'agglomération d'Argenteuil-Bezons est trop petite au regard des seuils fixés par la nouvelle loi.

Il prétend que ce n'est pas Argenteuil qui a fixé le calendrier (Pour le coup, c'est précisément d'avoir fixé ce calendrier du 31 décembre 2014, qui me semble une décision aberrante, et elle est tout à fait spécifique à la nouvelle équipe municipale).

Philippe Métézeau estime qu'Argenteuil a des atouts qui devraient plaire à Colombes, Bois-Colombes, Puteaux et Courbevoie : elle a des habitants en grand nombre, ce qui les aidera à atteindre le seuil légal de 300000 ; une population parmi les plus jeunes de la région parisienne ; de la main d'oeuvre qualifiée ; une meilleure mixité sociale, c'est-à-dire des revenus plus bas, qui augmenteront la dotation d'État à l'agglomération ; et Argenteuil c'est l'épicentre entre Roissy, La Défense et Paris (sic). C'est cet Argenteuil-là que nous aimons.

Philippe Doucet demande la parole et Georges Mothron la lui donne "pour trois minutes". Réponse : "j'ai pas de difficulté ; si vous voulez qu'on procède comme ça au Conseil communautaire."

Pour Philippe Doucet, la délibération est "vide de sens et de portée juridique. Vous nous avez fait adhérer au SIEP en mai avec un périmètre, aujourd'hui à Seine-Défense avec un autre périmètre."

"Colombes et Bois-Colombes n'ayant pas délibéré, il n'y a pas de continuité territoriale, nous attaquerons cette délibération au tribunal administratif."

"Vos amis politiques des Hauts-de-Seine, qu'en pensent-ils ? M. Césari, président de l'agglomération, le 10 octobre, disait :"il ne peut pas y avoir de démarche avant qu'Argenteuil ait quitté sa communauté actuelle."…"

"Il nous voit tellement beaux qu'il voit les emplois dans les Hauts-de-Seine (et les logements à Argenteuil)."

"Nicole Goueta, maire de Colombes, s'inquiète des voisins qui lorgnent sur nos recettes financières et estime nécessaire d'attendre le vote de la loi."

"Seine-Défense a un vice-président chargé de la communication et un du numérique, mais aucun site internet. Ça s'appelle une coquille vide."

"C'est le Préfet de Région qui fera les arbitrages sur les territoires. Seine-Défense, ce n'est qu'un outil pour se partager des indemnités d'élus."

"Écoutez au moins vos amis du Val d'Oise" qui souhaitent garder Argenteuil et Bezons, et "l'avis du Préfet de région dans le Schéma régional. Travailler ensemble dans l'intérêt des habitants, nous y sommes prêts."

Xavier Péricat présente les cartes du Schéma régional. Dans sa version du 5 août 2014, il semble que le sort de l'agglomération Argenteuil-Bezons ait été scellé, puisque le Préfet prévoit le départ de Bezons vers "Seine aval et la Boucle de la Seine". Donc dès aujourd'hui, les services de l'État travaillent avec nous sur un schéma de dissolution. Nous avons déploré le 7 octobre dernier, l'absence de Bezons et celle de l'Agglomération à la réunion de travail sur la dissolution.

(En fait Xavier Péricat ne montre pas la carte figurant dans ce schéma, qui montrait Argenteuil en apesanteur jusqu'à la création du Grand Paris.)

Xavier Péricat conclut en répondant à mon intervention :

  • le rapport de la CRC sur l'agglomération est "vieux de deux ans" (en fait quelques semaines) ;
  • l'augmentation "épouvantable" de la fiscalité pour les petites entreprises "matraquées" ;
  • "nous pourrons continuer à prendre le tramway à Bezons, ça valait la peine de le rappeler" ;
  • "nous n'avons jamais cessé de travailler avec Bezons" ;
  • "cette communauté d'agglomération est étriquée, et ne va pas dans le sens de la volonté du législateur, qui demande d'atteindre 200000 euros" (rires) — "excusez-moi, déformation professionnelle".

"Quand bien même Argenteuil irait dans l'inconnu, quand on connaît ce qu'on connaît, on préfère l'inconnu."

Georges Mothron : "Colombes votera l'adhésion au Conseil Municipal du 13 novembre, les dates seront précisées pour les deux autres communes (sic) dans les jours qui viennent."


Point n°2 et dernier : "saisine du représentant de l'État pour la répartition de l'actif et du passif et la liquidation de la Communauté d'Agglomération Argenteuil-Bezons."

Pour Philippe Doucet, "vous vendez la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Nous avons attaqué votre délibération (de dissolution) du 18 juillet au tribunal administratif. Et le Préfet a la liberté de déroger au seuil de 200000 habitants (pour maintenir Argenteuil-Bezons), j'ai contribué à la rédaction de cet amendement, je connais le texte. Nous voterons contre cette délibération et, comme la précédente, elle sera attaquée au tribunal administratif."

Mickaël Camilleri trouve ridicule les propos de l'opposition qui aurait selon lui une vision "étriquée" d'Argenteuil. Cette délibération "va dans le sens de l'histoire", les collectivités doivent "atteindre une taille critique. D'ailleurs le schéma régional a été présenté par le Préfet, représentant de l'État, une majorité socialiste. Bezons est très clairement mise dans un autre territoire."

"Il y a plus de monde sur mon quai de train pour aller vers La Défense que dans l'autre sens. Si vous pensez qu'Argenteuil est plus tournée vers le Val d'Oise, venez prendre le train."

"La base fiscale est immensément plus avantageuse sur La Défense que sur Argenteuil et Bezons. Le Premier Ministre a validé l'autonomie fiscale des territoires du Grand Paris. Ça nous donnera une bien plus grande capacité de projets au service des Argenteuillais."

"En tant qu'adjoint au logement, beaucoup a été dit sur les conséquences du Grand Paris… Comment retrouver la capacité à cautionner les emprunts des bailleurs pour construire du logement social ? Par une meilleure santé fiscale. Le Grand Paris c'est la possibilité de davantage de logements sociaux à Argenteuil."

Prochains Conseils annoncés pour le 13 novembre, le 16 décembre et le 10 février prochains.

dimanche 12 octobre 2014

Argenteuil dans Seine-Défense ? Le point de vue du président de Seine-Défense

Vendredi soir, lors du Conseil communautaire Seine-Défense (=Puteaux+Courbevoie), Christophe Grébert (MoDem, Puteaux) a interrogé le président Eric Césari (UMP, Courbevoie) sur l'extension de l'agglomération jusqu'à Argenteuil, annoncée par un écho de L'Express.

Sujet très chaud pour Argenteuil, puisque la Municipalité a convoqué un Conseil Municipal extraordinaire jeudi 16 octobre à 19h, destiné à voter l'adhésion d'Argenteuil à Seine-Défense.

Deux points marquants dans la réponse d'Eric Césari :

  1. Argenteuil garderait sa fiscalité actuelle : les entreprises et ménages argenteuillais ne bénéficieraient pas des taux d'imposition plus faibles actuellement appliqués par Seine-Défense ;
  2. Le projet de Seine-Défense prévoit de créer des emplois, non pas à Argenteuil (non citée), mais à Bois-Colombes et Colombes. Argenteuil fournirait donc des quartiers-dortoirs pour les salariés de ces futurs espaces de bureaux.

Le président Césari, en envisageant d'aller jusqu'au port de Gennevilliers, me semble rejoindre la vision promue par les Chambres de Commerce et d'Industrie, poussant à regrouper les emplois dans de grands pôles (une grande Défense… ou Cergy) et à utiliser les espaces voisins, dont Argenteuil, comme réserve de logements, sociaux comme privés.

Voici un verbatim (partiel) de cette discussion — écouter la vidéo complète postée par Christophe Grébert ici. Je l'illustre par une carte du territoire dessiné par la réponse de M. Césari. Grâce à Argenteuil, ce territoire atteindrait le minimum de 300000 habitants demandé par la loi[1].

Carte_Seine_Defense_Argenteuil.jpg

Christophe Grébert : "Chacun sait instinctivement ce que serait le territoire de La Défense : Puteaux, Courbevoie, mais aussi Nanterre, la Garenne-Colombes, Suresnes, Rueil-Malmaison, et pourquoi pas aussi Neuilly. Pouvez-vous expliquer devant cette Assemblée ce que serait la logique de votre projet de relier Puteaux et Courbevoie, c’est-à-dire une grande partie de La Défense, non pas à son territoire naturel, mais à Argenteuil-Bezons ?"

"Dans les données à prendre en compte, Argenteuil a une dette de 80 millions d’euros[2] qui reviendrait à la charge de la nouvelle collectivité en cas d’alliance, donc, vous qui êtes si attentif à ce que nous ne fassions pas de dette dans notre Agglomération…"

Éric Cesari : "D’abord, L’Express a fait un commentaire, il est de la seule responsabilité de ce périodique. Moi je ne me suis pas exprimé à l’Express, et ce ne sont donc pas mes propos."

"S’agissant d’Argenteuil : Argenteuil est dans une communauté d’agglomération avec la ville de Bezons, et elle souhaite en sortir. Il ne peut pas y avoir de démarche avant qu’Argenteuil (ne) soit sortie de sa communauté actuelle."

"Et la démarche d’Argenteuil ne peut se constituer que dès lors que nous aurions une frontière commune avec Argenteuil, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui[3]."

"Par ailleurs, s’agissant de la démarche d’Argenteuil, je vous rappelle simplement qu’elle use de la liberté qui lui est accordée par la loi sur la Métropole du Grand Paris, qui permet aux communes adjacentes de demander leur intégration (dans) la métropole, et donc dans les futurs territoires[4]. Donc, Argenteuil, qu’on le souhaite ou pas, qu’on le veuille ou pas, a entamé une démarche qui l’amènera à être intégrée dans (un des) territoires futurs — quel (territoire ce) sera, je n’en sais rien et aucun d’entre nous ne le sait."

"Sur votre interrogation concernant la dette : d’abord, il faudrait poser la question au Maire d'Argenteuil de la manière dont il va faire face à cette difficulté ; je crois qu’il a quelques idées. En tout état de cause, s’il devait rentrer dans un territoire — qui aujourd’hui n’est pas constitué et nous n'avons pas de frontière commune —, il y a des mécanismes prévus par la loi pour limiter les impacts financiers ; des démarches qui permettent de préserver le niveau de fiscalité locale ; d’ailleurs de nombreux EPCI procèdent déjà de cette démarche-là."

"Par ailleurs, notre projet n'est pas caché : un territoire qui s’orienterait, au travers des communes de Bois-Colombes et de Colombes, sur (le) développement économique. Je considère, avec mes collègues ici présents, que le territoire que nous portons a une réalité dans son bassin de vie de développement économique qui est de ce côté là (au Nord) et qui se prolonge assez naturellement vers Gennevilliers, c’est-à-dire la Boucle Nord (des Hauts-de-Seine)."

"Je ne vois pas le développement économique, au sens plein du terme, que nous aurions de l'autre côté (Ouest) avec Suresnes et Rueil-Malmaison, en tout cas il est nettement moins marqué."

"Je crois que personne ne doute de la capacité du quartier d’affaires (de La Défense) à assurer le développement de Bois-Colombes, de la Garenne éventuellement, et de Colombes, y compris jusqu’à Gennevilliers. J’ajouterai que cette volonté de développement du territoire se construit aussi à travers la démarche de la Société du Grand Paris, et de la ligne rouge vers Gennevilliers. Il y a aussi le lien naturel qu’est la Seine, avec encore une fois, le port de Gennevilliers à l'autre bout de la Boucle."

"Pour l'instant, il n'y a aucune prise de position définitive, mais nous entendons procéder pas à pas avec les villes qui sont proches de nous, de leur intérêt à bâtir avec nous un nouveau territoire."

Jean-André Lasserre (PS, Courbevoie) : "Dans le périmètre que vous envisagez, il y aurait Colombes, Bois-Colombes, Puteaux, Courbevoie, et ensuite ça se prolongerait jusqu’à Villeneuve-la-Garenne ?"

Eric Cesari : "Bien sûr. Il y a plusieurs phases."

Jean-André Lasserre : "Rueil, Suresnes et Nanterre ne figureraient pas dans cet ensemble : vous tournez le dos à une partie de La Défense ?"

Eric Cesari : "Non ! On ne tourne pas le dos… Nanterre a vécu sans nous, elle fonctionne parfaitement…"

Jean-André Lasserre : "l’EPADESA propose un projet « de Seine à Seine », vous êtes en train de nous proposer quelque chose de totalement différent."

Eric Cesari : "Nous n’avons pas la même vision."

Christophe Grébert : "Vous ne parlez que de développement économique."

Eric Cesari : "Je vous parle de développement de territoire (…), de bassin de vie économique."

Christophe Grébert : "Vous posez les bases d’un territoire par rapport à la fiscalité, pas par rapport aux transports ou au logement."

Notes

[1] Le Conseil communautaire comprendrait probablement 80 conseillers dont environ 22 pour Argenteuil. Le Conseil municipal d'Argenteuil désignerait ceux-ci sur liste bloquée parmi les 24 conseillers argenteuillais actuels de l'agglomération Argenteuil-Bezons (comme indiqué sur la même page, à la partie "Les règles applicables entre deux renouvellements généraux".

[2] Manifestement une estimation, sommaire, de la part argenteuillaise dans la dette de l'Agglomération Argenteuil-Bezons.

[3] Comme le montre la carte, cela demanderait l'adhésion de Colombes, ainsi que de l'une au moins deux communes de la Garenne et de Bois-Colombes.

[4] Nouveau nom des agglomérations quand elles seront incluses dans le Grand Paris.

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