Argenteuillais démocrate… sans frontière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 6 avril 2015

Départementales : le Centre hors jeu, la bonne affaire de l'UMP et du PS

Reprise de quelques commentaires chez Art Goldhammer et Arun Kapil.

(Art) :

For the time being, the French political map has two large continental blocs (UMP, FN), a smaller island-nation across La Manche (the "Blairite" PS), a shrinking center, and an archipelago of islands basking in their own purity (EELV, NPA, etc.). With Sarkozy apparently once again in firm control of the UMP and a base more than unfriendly to Alain Juppé, the political contest will be an ugly rumble between the Sarkozites and the Le Penists to see who will be more successful at appealing to the primal fears and vengefulness of those voters who think that depriving schoolchildren of an alternative to a pork lunch is the best answer to the problems facing the country in the decade ahead.

Tout à fait d'accord. Et pour l'effondrement du Centre, on ne peut pas en blâmer un gouvernement de gauche conservatrice, ni l'absence du MoDem dans ce gouvernement : car les choses ne sont pas bien différentes pour le centre britannique, les Lib-Dems, alors que la droite y est au pouvoir en coalition avec le centre. Ils semblent voués à s'effondrer aussi, les électeurs préférant, comme alternatives au bipartisme, le nationalisme façon royaume-uniste UKIP ou façon écossaise SNP.

Le mot inquiétant est l'euphémisme le plus euphémique que je trouve.

(Art encore) :

The far right is redrawing France’s political map. The National Front has secured its place at the center of French politics. (Marine Le Pen) has broadened the party’s base by refocusing its platform, altering its rhetoric and appealing to younger voters. Polls show that the FN electorate remains staunchly opposed to immigration. But the younger Le Pen has shrewdly recast the issue as a defense of the “republican” value of laïcité (secularism) rather than open hostility to immigrants. Tactics such as these have “de-demonized” the party, as the French media like to say, and thus removed much of the stigma of voting for it. (…) The FN is drawing more votes than either the Socialist Party (PS) or the UMP by themselves (that is, not counting votes won by their coalition partners). (…)

The substantial losses by the PS in the last elections undercut the party’s traditional base of support in cities and towns. Municipal socialism was the breeding ground for national leaders as well as a source of employment for party activists. These prizes have now fallen to the rival UMP. (…) Some observers believe that the PS has entered a death spiral.

The surprise winner is Sarkozy. In 2012, his position was similar to Hollande’s in that his performance in office had discredited him with much of his own base. (…) But Sarkozy may have outflanked Juppé in the center by forging an alliance with the centrist UDI, and the election outcome — a substantial victory in terms of number of departments controlled by the UMP — seems to have vindicated both of Sarkozy’s tactical choices. He thus appears to be in a commanding position to retake the presidency in 2017 (unless, of course, one of the pending investigations turns up something substantial). Yet Sarkozy’s comeback, which few would have predicted in 2012, proves that in French politics, three years is a very long time.

Sur "Certains observateurs voient le PS engagé dans une spirale mortelle" :

Oui mais… d'autres le verraient différemment, à Argenteuil par exemple. La poussée du FN — sans que le PS l'ait encouragée ! — est électoralement une bonne affaire pour lui, une chance de sauver de nombreux sièges malgré le manque de soutien populaire. C'est tout aussi vrai de l'UMP qui a obtenu un raz-de-marée national malgré de faibles pourcentages de voix.

C'est peut-être une banalité, puisque les % obtenus par le FN ont été perdus par les autres, tandis que le FN ayant gagné peu de sièges, les autres ont gardé les leurs…

Mais il y a plus. Dans ce système à trois partis, le PS et l'UMP peuvent se dire que la victoire finale dépend de facteurs qu'ils ne contrôlent pas, de petits hasards qui changent l'ordre d'arrivée au premier tour, et assurent la victoire au second tour de celui qui se retrouve face au FN.

Si c'est bien cela la nouvelle règle du jeu, si elle assure au PS comme à l'UMP 50% des sièges en moyenne, de quoi ces partis s'inquiéteraient-ils ?

Finalement, que leurs succès électoraux ne dépendent pas de la réussite des politiques qu'ils mènent, c'est presque l'idéal pour eux.

Alors bien sûr, cette "règle du jeu" ne s'applique pas aux élections à la proportionnelle, européennes et régionales. Là, la FN leur prend autour d'un quart des sièges. Mais qui s'en soucie ? Ni M. Hollande ni M. Sarkozy, pour ce que j'en ai entendu.

Plus sérieusement, aux élections dont tout le monde se soucie, cette "règle du jeu" suppose que le FN reste entre 22 et 30-33% des voix. Au-delà, il gagnera beaucoup, si ce n'est tout. Du seul point de vue de l'arithmétique, c'est ainsi que plusieurs partis antidémocratiques ont gagné des élections, et de là, le contrôle de leurs pays, dans les années 30 et 40 : parce que les partis "du système" ont trop longtemps cru pouvoir cantonner ces opposants remuants en-dehors du pouvoir réel.

Les partis sortants, UMP et PS, prendront-ils le risque de révolutionner leur projet et leur pratique politique pour regagner un soutien populaire ? J'en doute. C'est le risque d'une traversée de désert avec plus de 50% de chances de disparaître.

Le PCF n'a pas tenté cette révolution interne, ou trop tard et trop prudemment : il est devenu un petit syndicat, constamment déclinant, d'élus locaux.

L'UDF de François Bayrou, le troisième parti à l'époque, a fait la révolution qui l'a conduite au MoDem actuel : elle est passée de 9-14% de suffrages en 1997-2001 à 4 ou 5% actuellement. La majorité de ses membres et de ses élus sont passés à l'UDI, le parti accompagnateur centriste de l'UMP, puisque seul le soutien de l'UMP permet de garder un mandat.

Au total, sur les 4 grands partis des années 70-80, il n'en reste que 2, et je ne vois, ni chez leurs électeurs ni chez leurs élus, d'envie de changer.

Ce qui fait une grande différence par rapport à 2005-2006, où ces deux parties étaient secoués par des mouvements aussi profonds que le "royalisme" (ou ségolisme !) et sa démocratie participative, et le "sarkozysme", version française du reaganisme ou du thatchérisme.

Aujourd'hui, le conservatisme règne des deux côtés, avec sa ferme stratégie de ne rien changer à l'état actuel des choses, dans les politiques menées pour le pays, comme dans les relations entre partis politiques.

(Arun)

Sunday’s 2nd round (…) was a smashing victory for the UMP-UDI (as expected) and a severe defeat for the Socialists and the rest of the left (though it could have been worse). As for the FN, the result was en demi-teinte.

The election was not about (Nicolas Sarkozy) and it is most unlikely that the excellent result for his party was due to anything in particular he did or said. (…) As for notable things Sarkozy said during the campaign, there was mainly his declaration supporting the UMP mayor of Chalon-sur-Saône on ending substitute meals when pork is served in school cafeterias (meals that had been offered in cafeterias without debate or controversy for decades). For good measure, Sarko reiterated his endorsement of a law banning the wearing of Islamic headscarves by students in universities. With his peremptory pronouncements on these non-issues—fabricated de toute pièce in the ambient climate of anti-Muslim bigotry—Sarkozy demonstrated once again that he is the worst person in the top-tier of French politics, utterly devoid of principles, shame, or republican values.

In my post on the UMP six months ago, I categorically stated that I did not believe for a minute that Sarkozy would succeed in his comeback and impose himself as the UMP’s candidate in ’17. I still hold to this.

The primary will hardly be a cakewalk for Juppé, though, as the immigration and national identity questions are sure to be central and on which Sarkozy is more in tune with the Tea-Partyized UMP base.

Je ne partage pas l'optimisme d'Arun Kapil concernant 2017. J'en reste plutôt à ma comparaison entre le come-back de Nicolas Sarkozy et celui réussi par Benyamin Netanyahou après un premier mandat décevant. Les gens votent-ils si souvent pour les personnes qu'ils apprécient le plus ? Plus souvent, à mon avis (en tout cas en France et aux élections nationales), le vote joue contre les personnes présumées perdantes, celles qui donnent le moins l'impression de vouloir le job.

Peu de gens voudront permettre à la gauche de persévérer dans l'immobilisme. Un peu plus, mais pas une majorité j'espère, feraient confiance à Marine Le Pen : même les supporters du FN admettront que leur équipe n'est pas au niveau pour gouverner la France.

Si bien qu'un Nicolas Sarkozy qui montre du respect pour les "idées" du FN, tout en poussant quelques "centristes" pour garantir sa crédibilité, me semble la formule favorite pour gagner en 2017. Même si en deux ans, beaucoup de choses peuvent changer.

La popularité d'Alain Juppé dans les sondages, notamment chez les électeurs âgés, a de la valeur. Mais est-il capable de mener une campagne nationale, de tenir le devant de la scène pendant deux ans, de verrouiller les allégeances tout en détournant les soupçons vers des boucs émissaires, d'éviter que ce soit ses supporters qui apparaissent agressifs envers Nicolas Sarkozy, tout en le poussant dans les cordes ? À ma connaissance, autant de choses qu'il n'a jamais réalisées.

Bien évidemment, je préférerais, si une présidence Bayrou n'est pas possible, Alain Juppé à Manuel Valls, Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. Et je me doute que des courants du centre, ou démocrates, partageraient cette préférence. Mais par quelle brèche passeraient-ils pour prendre la place ? Et où sont ces courants ? D'où resurgiraient-ils ?

Quelques corrections de coquilles et de style le 7 avril 2015. Sans incidence sur les commentaires 1 et 2 ci-dessous.

lundi 23 mars 2015

Faites le 17 ! (Impromptu des Coteaux)

Journée en bureau de vote, soirée en dépouillement et attente des résultats, fin de soirée en discussions et communiqué de presse : 1 heure 30 passée, il est temps de rentrer !

J’ai ma voiture, la maison n’est pas loin.

Vite je vois dans le rétroviseur une voiture. Grise ? Celle de mes camarades ? Ils me suivent ? Aurais-je oublié quelque chose ? Mon téléphone est bien dans ma poche. Si c’étaient ça, ils feraient plutôt un appel de phares, que de me suivre d’aussi près.

En haut de la côte à 17%, le stop. Le redémarrage en côte serait risqué avec mon frein automatique et cette voiture collée derrière. J’évite l’arrêt complet, passe au pas, tourne dans ma rue, regarde le rétroviseur.

Après un instant, la voiture prend aussi ma rue.

Je me range sur la droite, devant chez moi : la voiture grise s’arrête à ma hauteur, la vitre passager se baisse, ils veulent me parler, je baisse également la vitre électrique. Mes camarades ? Des gens égarés dans les Coteaux, qui demandent la route ?

Je vois le passager : ce n’est pas un de mes camarades. Plutôt un baraqué, habillé façon « film sur les banlieues ». Le conducteur, pareil.

Vous êtes pressé ?
— ?
Vous êtes pressé ?

Une voiture devant, une derrière, eux à gauche, je suis coincé. Garder son calme.

Vous avez brûlé un stop.
— Ah ? J’en suis désolé. Vous me serriez de si près, j’ai voulu éviter de la casse.
Police. Présentez vos papiers d’identité et les papiers du véhicule.

Ils sortent de leur voiture. Ils sont trois. Capuche, sweat… Ils sont côte à côte sur ma gauche, entre les deux voitures. Ma vitre ouverte, s’ils voulaient me mettre un pain, me sortir de la voiture et me piquer le sac, les papiers, le téléphone ou la voiture, ou le tout (comme c’est arrivé à ma voisine d’à côté, devant chez elle aussi), il ne leur faudrait qu’un instant.

Ma seule protection serait d’être capable de les reconnaître, sur procès-verbal. Je fixe chaque visage.

— Volontiers. Puis-je vous demander votre carte de police ?
Vous refusez de présenter vos papiers ?
— Pas du tout, je vous les présente volontiers, si vous êtes policiers. Je vous demande de me montrer que vous êtes bien policiers.

Celui qui est à ma hauteur soulève le côté de son sweat.

Vous voyez ça ?

Oui, je vois le métal de son arme. À trente centimètres de mes yeux, je ne peux pas le rater.

Garde ton calme. L’arme n’est pas braquée vers moi. Éviter l’étincelle. Les deux autres ne font pas de mouvement agressif. Ça reste gérable.

— Excusez-moi, je vous demande une carte, vous me montrez une arme.
Vous voyez qu’on est armés, vous voyez les brassards Police. (Ah oui, à sa ceinture, à côté de l’arme, un brassard orange fluo marqué Police). Vous refusez d’obtempérer ?
— Excusez-moi, la Police n’est pas la seule à avoir des armes et des brassards, les loubards aussi. Si vous me présentez votre carte, je suis à votre disposition.
Vous nous prenez pour des faux policiers ? Mais qu’est-ce qu’on en aurait à faire de quelqu’un qui brûle un stop ? Pourquoi on lui demanderait s’il est pressé ?
— Je suis élu municipal, je respecte la loi, pas la menace.
Vous avez brûlé deux stops et un feu rouge ( !?!? première nouvelle), vous vous moquez du Code de la Route, et vous nous faites la leçon ?
— Je respecte le Code de la Route. S’il y a une infraction, je suis réglo, je paye mes amendes. Si j’ai brûlé un stop, c’est 4 points (Je le sais, ça m’est déjà arrivé, je n’avais pas vu un stop à un endroit que je connaissais pourtant par cœur… et une voiture de police arrivait de la droite pile à ce moment. C’est eux qui avaient eu peur). Vous pouvez faire un PV.
On va le faire. (Ils n’en font rien, apparemment. Pas de carte, pas de bic, pas de carnet de PV). Vous êtes blessé ?

Pourquoi cette question ? Ils n’ont pas tiré. Je me suis bien fait une fracture en décembre et ma cheville me fait toujours mal, mais comment le sauraient-ils ?

— Si je suis blessé ? Non, pourquoi ?
Si vous êtes pressé.
— Ah ! Non, il est une heure et demie du matin, je suis devant chez moi, je ne suis pas à quelques minutes près.
Alors pourquoi vous avez brûlé un feu rouge et deux stops ?
— Ah ! Pour le stop au coin de la rue, je vous ai répondu. Que j’aie brûlé un autre stop ou un feu rouge, je ne vois pas du tout.

Je suis sûr d’avoir conduit très calmement, il y avait un kilomètre, je ne vois pas comment j’aurais enchaîné un feu rouge et deux stops sans m’en rendre compte. Et je sais multiplier 3 fois 4, ça fait 12 points, fini le permis, galère en vue.

Présentez votre permis de conduire et les papiers du véhicule.
— Je le ferai bien volontiers si vous établissez votre qualité de policiers.

L’un d’eux sort un gyrophare, et pose sur le toit de sa voiture côté passager. Je suis ébloui une fois par seconde par la lumière bleue. Garder son calme.

C’est un testing ? Pour voir à quel niveau de pression quelqu'un craque, et donne son portefeuille à des gens qui se diraient policiers ?

Ne rien sortir de mon sac, ne pas y toucher. Garder les mains sur le volant.

Vous dites que vous êtes élu municipal, vous avez une carte sur vous ?
— Pas sur moi, mais à dix mètres d’ici, je peux aller la chercher si vous voulez.
Eh bien vous voyez ?

Je ne vois rien du tout. Je n’ai arrêté personne, moi.

Vous nous menacez en disant que vous êtes élu municipal, et vous n’avez pas votre carte ?
— Je ne vous ai pas menacés.
Vous n’assumez pas ce que vous dites ! On est agents assermentés.
— Je ne vous ai pas menacés. J’ai dit que j’étais élu municipal pour expliquer pourquoi je ne pense pas devoir répondre à la menace, mais à la loi.
Vous dites qu’on vous a menacé ? On ne vous a pas menacé.
— Quand je vous demande une carte et que vous me montrez une arme, je trouve qu’il y a une ambiance de menace.

L’un d’eux est sans doute rentré dans sa voiture, une radio de bord crachote quelques mots, ça me semble bien être la tonalité de la police.

À 99%, ce sont bien des policiers. Mais il y a quelque chose qui cloche : pourquoi aucune carte à présenter ?

On a le gyrophare, la radio, les armes, les brassards, et vous nous traitez de faux policiers, de loubards ? Vous savez quoi ? Les loubards, ils respectent la police. Vous ne respectez pas la police.
— Je respecte la police. Je la respecte tellement que dans la campagne municipale, on a demandé qu’il y ait des rondes aux Coteaux, parce qu’il n’y en avait pas. Vous êtes de la Police Municipale ? Pour le coup, je suis très content de vous voir dans le quartier.
Police Nationale. La police municipale n’est pas en civil.
— Vous voyez que je ne suis pas un expert. Bon, si c’est la Police Nationale qui fait des rondes ici, même chose, j’en suis très content.
Présentez les papiers du véhicule.
— Je crois vous avoir déjà répondu. Je vous les présente tout de suite si vous établissez que vous êtes bien des policiers.
Vous réagissez bizarrement !
— Pour les autres, je ne peux pas vous dire.
Je ne parle pas des autres, je parle de vous. Vous réagissez bizarrement. Vous parlez de la loi et vous nous faites la leçon, mais vous méprisez le code de la route, nous nous accusez de vous menacer, vous nous traitez de loubards…
— Si vous avez de quoi enregistrer les conversations, je serais heureux que vous enregistriez. Je ne méprise pas le code de la route, je ne vous accuse pas de menaces, je ne vous ai pas traités de loubards.
Pfff. Vous n’assumez pas.

A ce moment, un seul des trois est encore près de la vitre conducteur. Un autre devant sur la droite ; je jette un regard en craignant qu’il ne force l’autre porte pour prendre mon sac posé sur le siège passager. Le troisième à l’arrière, regarde sans doute l’immatriculation.

La pression a baissé, je me mets à trembler comme une feuille. Je regarde le thermomètre : à 3°, vitre ouverte depuis un moment, en veste, je peux bien avoir froid ; mais le froid ne doit pas être seul en cause. Le tremblement, je ne peux pas le contrôler, et il montre ma peur ; ce que je peux faire, c’est faire voir que je ne me laisse pas emporter par la peur. Je me tais.

Vous avez les papiers du véhicule ?
— Je pense les avoir avec moi.
En circulation, vous devez avoir votre permis et les papiers du véhicule. Si vous ne les avez pas sur vous, c’est une infraction.
— Je pense les avoir avec moi (Je ne suis pas à l’abri d’une distraction).
Vous retardez notre travail. On a dû demander un véhicule en tenue, en ce moment ils sont en intervention, vous retardez leur mission.
— J’en suis désolé. Je vous suis volontiers au Poste de police si vous voulez. Vous avez l’immatriculation de la voiture, j’en suis le propriétaire, donc vous avez mon identité, vous ne risquez rien.
On sait qui vous êtes. Vous vous appelez Frédéric Lefebvre.

Cool : ils ont le fichier des immatriculations, ce sont bien des policiers.

Arrive une fourgonnette blanche. Quatre policiers en tenue en sortent. Je prends mon sac, ouvre la portière et me dirige vers eux.

— Messieurs, je suis rudement enchanté de vous voir.

Je sors mon permis, la carte grise, l’assurance…

Le policier en tenue à qui je les remets :

Pourquoi vous n’avez pas appelé le 17 ? Si vous avez des doutes sur l’identité de policiers, il faut appeler le 17.
— Je comprends. Mais dans la situation où j’étais, me détourner, ouvrir mon sac et sortir mon téléphone, c’était dangereux. Vous ne me l’auriez pas conseillé.
Si vous avez des doutes sur l’identité de policiers, il faut appeler le 17.

L’un des policiers en civil :

Pour les cartes de police, c’est notre hiérarchie qui nous les a enlevées. Elle veut tout numériser.
— Si votre hiérarchie vous enlève vos cartes, j’en suis le premier désolé.
Vous recevrez le PV par la Poste.

Et ils s’en vont. Je gare la voiture le long du trottoir. Je tremble trop pour refaire tout de suite le chemin, vérifier si j'ai vraiment pu enchaîner deux stops et un feu rouge (le feu, je vois où il est). Je le ferai demain.

Je mets une bonne heure à m’endormir, mais pendant ce temps, les policiers ne dorment pas et courent bien plus de dangers que moi dans mon lit. Ou dans ma voiture.

Ceci est un impromptu, un conte, une fiction : je n’ai pas enregistré les paroles des policiers. Eux sont assermentés, pas moi. J’attends le PV.

samedi 21 mars 2015

Quand on voit c'qu'on voit… (chanson)

Quand on voit c’qu’on voit
‘on entend c’qu’on entend
On a des raisons de penser c’qu’on pense
Quand on voit c’qu’on voit
‘on entend c’qu’on entend
Faut pas s’étonner si on pense comme ça.

Si on écoutait
C’que les gens racontent
On en apprendrait tous les jours de belles
Parc’que tout s’qui s’passe
Si on en parlait
Ah, ça f’rait du bruit, tout c’qu’on entendrait.

Y faut dire c’qui est
Sans s’voiler la face
Vous imaginez, s’i’s s’y mettaient tous !
S’y f’saient tous pareil
Ça s’rait pas possib’e
Le bordel qu’ça s’s’rait, moi j’vous dis même pas.

J’vous l’dis entre nous
Vous l’répét’rez pas
Quand on parl’ de ça, ça crée des problèmes
J’vous l’dis entre nous
Vous l’répét’rez pas
C’est des choses qu’y vaut mieux garder pour soi !

Il y a des secrets
Si on les savait
Ça éclaircirait des sacrés mystères
Il y a des secrets
Des choses qu’on dit pas
Mais j'ai pas besoin d'vous expliquer ça.

Vous vous doutez bien
Qu’si on n’en parle pas
Ça, c’est bien la preuve qu’y a que’qu’chose qui cloche
Vous vous doutez bien
Qu’c’est pas par hasard
Si c’que nous on voit, y z’en parlent pas.

Moi j’accuse personne
J’pose juste des questions
C’est quand même bizarre qu’y ait pas les réponses
Je dénonce personne
Chacun voit c’qu’y voit
Ceux qui veulent pas voir, c’est sûr qu’y voient rien.

Moi tout c’que j’vous dis
J’vous dis c’que j’en pense
Après c’est chacun qui s’fait son idée
Moi tout c’que j’en dis
J’vous dis c’que j’en pense
Quelquefois faudrait pas penser du tout

Ça m’a fait plaisir
De pouvoir vous l’dire
Y a trop de gens ici qui veulent pas entendre
Vous êtes sympathique
C’est pas comme tout l’monde
Ça m’a fait plaisir de pouvoir chanter

Quand on voit c’qu’on voit
‘on entend c’qu’on entend
On a des raisons de penser c’qu’on pense
Quand on voit c’qu’on voit
‘on entend c’qu’on entend
Faut pas s’étonner si on tourne en rond.


Dédié ;-) à la mémoire d'une fan de chansons idiotes, Renée Germaine Crépin-Leblond, née Audemard d'Alançon (1904-2004), par ailleurs licenciée de chimie, et ma grand-mère maternelle.

QuandOnVoit_Melodie_21mar15.png

Mélodie et rythme approximatifs…

- page 1 de 378