Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mardi 26 août 2014

Ils n'ont pas été chercher François Bayrou ? Tant pis pour eux

Journées politiques chargées, au niveau national. Presque de quoi m'intéresser et me sortir des questions argenteuillo-argenteuillaises ;-) !

Il y a quelques jours, c'est officiel : 0% de croissance au 2ème trimestre comme au 1er. Double zéro à la politique économique nationale, pas plus efficace que celle de son prédécesseur, puisque tout aussi inconsistante.

Mercredi, Alain Juppé se porte volontaire pour présider la France en 2017. Après un senior énergique et délirant, et un senior compétent et immobiliste, nous aurions un senior énergique et compétent. Là où nous en sommes, c'est presque une bonne nouvelle. Si au moins, nous avions à la barre quelqu'un — qu'il ou elle vienne de gauche, du centre ou de droite…

Si l'élection avait lieu dans six semaines, Alain Juppé serait élu haut la main, si ce n'est au premier tour[1]. Mais d'ici 2017, il y a le choc des primaires UMP contre le réputé-invincible Nicolas Sarkozy, il y a les marais délétères parisiano-médiatiques, il y a le vide abyssal du projet de la droite française, il y a le Front National en embuscade, il y a la faiblesse du centre, des démocrates, des écologistes qui devraient être le ciment de toute majorité de redressement national. Si Alain Juppé passe tout ça, il aura prouvé que redresser la France est dans ses cordes.

François Bayrou a dit dimanche sur RTL presque exactement ce que j'en pense (comme souvent), alors inutile d'en rajouter.

Vendredi ou dimanche, deux ou trois ministres expliquent qu'ils voudraient une "vraie politique de gauche" ; ce qui se résume, selon eux, à dépenser plus, emprunter plus, se rapprocher plus vite de la faillite nationale, et chercher des poux dans la tête des voisins qui entreprennent et réussissent. Du génie à l'état pur.

La lettre d'Aurélie Filipetti à "Cher Manuel, monsieur le Premier Ministre, mon cher Manuel" est tout de même un beau numéro de copinisme partisan : "François, je t'ai soutenu dès la primaire de 2011 et j'ai participé ardemment à la campagne de 2012" : ça pose le niveau de la réflexion et des propositions !

Ce lundi, le Président de la République invite Manuel Valls à proposer un nouveau gouvernement "en cohérence avec les orientations qu'il a lui-même définies". Comme, au bout de 5 mois, je ne suis pas arrivé à me représenter lesdites orientations, je suppose que les mots qui comptent sont "cohérence avec… lui-même". Un dernier carré des barons du socialisme — ils n'ont plus guère d'électeurs, mais encore deux ans et demi dans les salons de la République, autant en profiter avant la retraite finale.

Sans les Verts, sans le MoDem, sans le PCF, sans le parti de gauche, sans les courants "de gauche" du PS, sans grand monde de la société civile, ça fait de la place pour d'autres préretraités — Paris Match prétend que l'on a proposé un strapontin, un fauteuil, un maroquin même, à Jean-Louis Borloo. Qui aurait refusé ; pensant, certainement, qu'il n'y a rien à faire dans cette galère.

Et François Bayrou ?

Si j'avais été François Hollande, je lui aurais proposé l'Économie en 2012 ; les Affaires Étrangères à Marielle de Sarnez, les collectivités locales à Jacqueline Gourault. Mais vous aurez noté que je ne suis pas François Hollande, et réciproquement. Lui pratique le tuuk gilli, comme on dit en pays moaga si je me souviens bien : prends tout ce que tu peux pour toi et les tiens, à quoi bon partager ? quitte à travailler avec des ingrats, autant choisir des ingrats qui dépendent de vous.

De toute façon, on n'est plus en 2012 mais en 2014. La majorité en place a multiplié les justes analyses et les calculs pertinents, et totalement démontré son incapacité à concrétiser. Il est trop tard pour appeler un François Bayrou où que ce soit, sinon à Matignon, qui ne se refuse pas.

Mais par quel miracle François Hollande aurait-il pareille idée ? Après 30 ans de "com'" à la place de la politique réelle, après 10 années pendant lesquelles cette "com'" a été revendiquée par les "gouvernants" comme alternative à l'action effective, nous avons depuis 2014 un communiquant professionnel à Matignon : consécration officielle de L'ère du vide.

Difficile d'espérer un retour à la réalité !


Peut-on faire pire que le gouvernement actuel ? Oui bien sûr. Il suffirait de revenir au sarkozysme, de confier le bateau aux mélencho-montebourgeois, ou d'élire le FN.

Peut-on faire mieux que le gouvernement actuel ? Oui bien sûr. Il suffirait de gouverner comme n'importe lequel des pays européens qui nous entourent[2], de droite, du centre, de gauche ou de "grande coalition" ; des pays où les gouvernants gouvernent, où les décideurs sont conscients des atouts et des risques de leur pays, où la crise n'est pas considérée comme une fiction médiatique.

Mais qui confiera les responsabilités nationales à des gouvernants décidés à gouverner, à des décideurs conscients, à des capitaines courageux ?

Notes

[1] Un pronostic qui ne risque rien.

[2] Sauf peut-être l'Espagne, dont je n'ai pas encore compris la stratégie.

vendredi 18 juillet 2014

Conseil à Argenteuil, 18/7/14, suite : sur le blog d'EpA

Je fatigue un peu pour ce qui est du live-blogging !

Je me contenterai de poster, conformément à nos engagements, les votes convenus avec mes amis d'Engagés pour Argenteuil, sur le blog du mouvement.

Ce que j'ai dit au Maire sur l'agglomération…

La coutume au Conseil Municipal, à défaut de règlement intérieur, limite à 1 personne le droit d'interventions de l'opposition sur un même sujet[1]. Je confie donc à l'écrit ce que j'aurais souhaité dire aux élus et au Maire, qui met au vote la dissolution de l'agglomération d'Argenteuil-Bezons, sans avoir de solution de remplacement, renonçant ainsi à 4 millions annuels d'euros de l'État, alors même qu'il tremble d'émotion, dit-il, devant la situation financière de la ville.

Le Maire adjoint dit pourtant à l'instant : "il faut qu'Argenteuil ne reste pas seule !…"

Mise à jour : j'ai pu faire cette intervention et en remercie le Maire pour la conduite du débat.


Monsieur le Maire, mesdames et messieurs les élus,

Il m’arrive quelquefois, comme à vous certainement, d’échanger avec un jeune, ou avec quelqu’un de ma génération, qui se sent mal là où il est. « Je me sens pas bien là-bas, je pose ma dèm’ ! », ou même « Je me sentais pas bien là-bas, j’ai posé ma dèm, je cherche. Qu’est-ce que tu me conseilles ? »

La discussion, je suis sûr que chacun de vous a eu la même, ça donne :

  • Tu veux faire quoi après ?
  • Oh, je cherche.
  • Qu’est-ce qui va pas là où tu es ?
  • Oh, y a Untel avec qui je m’entends pas.
  • Et sinon, pour l’argent, ça allait ?
  • Oui, je peux pas me plaindre, surtout qu’y a la crise partout…
  • Et pour tes dépenses, ton loyer, tu as de quoi ?
  • Bon, j’ai un peu de côté, mais y va falloir que je trouve vite, là, j’ai un peu besoin d’aide.
  • Ben écoute, la première chose, si tu peux encore rattraper ta dèm’, ça serait la première chose. Tu pourrais tout reprendre dans l’autre ordre, non ? Trouver d’abord, et poser ta dèm’ ensuite ?

Chacun de nous donnerait le même conseil. N’est-ce pas ?

Alors aujourd’hui, chacun de nous donnera le même conseil à Argenteuil.

Car la situation dans laquelle se présente la Municipalité est encore plus évidente que les situations individuelles dont je viens de parler.

La Municipalité ne nous explique pas qu’elle a « un peu de côté ». Elle nous explique qu’elle n’a plus un euro en caisse, que l’État lui a déjà bloqué ses dépenses, et qu’elle risque d’être mise sous tutelle d’un instant à l’autre[2].

Or l’agglomération ne rapporte pas un peu, elle rapporte « le maximum du maximum ». 4 millions par an net de dotations d’État, sans contrepartie[3]. C’est d’ailleurs pour cela que, Monsieur le Maire, vous l’aviez créée.

Vous ne nous dites pas « il y a Untel avec qui je ne m’entends pas » (ce serait une raison, complètement immature bien sûr, mais au moins ce serait une raison). Vous nous dites « je le fais parce que j’ai le droit de le faire ». [4]On peut relire la délibération et la note de synthèse à l’endroit et à l’envers, aucune motivation n’y est donnée pour cette décision, aucun avantage n’est annoncé pour Argenteuil et les Argenteuillais.

Monsieur le Maire, avec votre équipe, vous nous dites « je cherche une nouvelle agglo ». Mais vous avez déjà cherché, même par voie de presse, et vous vous êtes fait claquer la porte au nez. Nous entendons en Commission Unique « pas question qu’Argenteuil reste tout seule sur le carreau ! » (et M. Péricat vient de le répéter), mais, avec cette délibération, Argenteuil se mettrait elle-même sur le carreau.

Monsieur le Maire, vous ne nous donnez pas le moindre élément tangible sur le fait que quelqu’un veuille accueillir Argenteuil. Au contraire, ce que vous nous dites, c’est : j’espère qu’une des communes contiguës d’Argenteuil et pouvant entrer dans le Grand Paris (donc Saint-Gratien, Gennevilliers ou Colombes) créera dans les prochaines semaines une nouvelle agglomération qui serait destinée à se fondre un an plus tard dans le Grand Paris (il y a des gens qui n’auraient que ça à faire, créer pour dissoudre), et qui en plus voudrait, entre temps, accueillir Argenteuil, le tout avant le 31 décembre. Si c’était un autre Maire qui vous disait « mon plan, c’est ça », je suis certain que vous répondriez : « écoutez, cher collègue, si tout se réalise selon votre plan, bravo, félicitations, et si vous voulez que votre commune quitte son agglomération actuelle, il sera grand temps de le voter à ce moment-là. ».

Pour quelqu’un d’autre, je suis certain que vous auriez ce bon sens. Alors ayons-le ensemble pour Argenteuil.

La délibération que vous voulez nous faire voter, Monsieur le Maire, coûterait aux Argenteuillais 4 millions sur l’année 2015, et d’autres peut-être ensuite, sans la moindre contrepartie.

Et même si le scénario miracle se réalisait et que Colombes voulait se marier avec Argenteuil (tous les Colombiens tomberaient de l’échelle, mais soit, faisons cette hypothèse), même dans ce cas, la dotation d’agglomération serait bien inférieure à celle dont nous bénéficions actuellement avec Argenteuil-Bezons, au moins 1 million de perdu si ce n’est 2[5].

Monsieur le Maire, mesdames et messieurs les élus, nous ne débattons plus sur des sujets avec un pour et un contre. Il ne s’agit plus d’emprunts plus ou moins toxiques d’une part, ou plus ou moins bon marché d’autre part ; nous ne parlons plus d’un feu d’artifice qui coûterait 32000 euros d’un côté et célébrerait la fête nationale de l’autre ; nous ne sommes plus sur des embauches qui rendraient tel service d’un côté au prix de telle masse salariale de l’autre ; nous ne parlons plus d’investissements qui créent de la dette d’un côté et un actif de l’autre côté.

Non. Nous parlons d’une délibération qui ferait perdre à Argenteuil X millions d’un côté, avec de l’autre côté, en face, un vœu solennel, c’est-à-dire rien.

Monsieur le Maire, expliquez-nous donc, soit qu’Argenteuil peut se passer sans aucun inconvénient des 4 millions de la dotation d’agglomération, soit que votre délibération rapportera à elle seule ces 4 millions. Et dans le cas contraire, je vous invite à retirer cette délibération.


Monsieur Mothron me répond… que la situation financière d'Argenteuil est tragique. Que n'en tire-t-il la conclusion !

Notes

[1] Finalement, Mme Colin, M. Debeaud, M. Camilleri, sont invités à s'exprimer ; je tenterai ma chance

[2] Enfin, de tutelle, il n'a pas reparlé cette fois-ci.

[3] 5 millions pour l'ensemble de l'agglomération, dont Argenteuil représente environ 80%.

[4] Correction du 19 juillet : je n'ai pas prononcé cette phrase de mon texte rédigé, puisque le Maire a bel et bien expliqué en large et en travers que la raison de la dissolution, c'était sa volonté de ne plus travailler avec Philippe Doucet.

[5] Parce que le coefficient d'intégration fiscale serait certainement moindre, et parce que que le potentiel fiscal moyen des communes serait plus élevé. Voir la règlementation expliquée ici par l'AMF.

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