Argenteuillais démocrate… sans frontière

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dimanche 31 janvier 2016

À la découverte de la religion dans la société française : oui au débat

Deux réponses-Facebook à un post et un commentaire. L'un estimait la gauche aveugle à la religion, trop prompte à croire que les motivations religieuses ne sont que le masque de problèmes sociaux ou inégalités économiques — en publiant une page de Jean Birnbaum "Un silence religieux, la gauche face au djihadisme". Le second estimait que l'association Coexister (réunissant des jeunes des trois confessions monothéistes), en envisageant un stand de débat sur le voile le jour d'une manifestation mondiale en faveur de celui-ci, faisait la promotion du voile islamique.

Je crois que sur ces sujets très sensibles, participer au débat et y inviter, c'est très bien et très important. Pas seulement dans le cadre "acquis d'avance" de l'école publique. Je suis en tout cas disponible (en tant que "réserviste citoyen") pour participer à des actions de ce type dans tout cadre.

Je n'ai pas lu le livre de Jean Birnbaum et ne mettrais pas toute la gauche dans le même sac. Mais je crains l'ignorance de nombreux militants de gauche… ou, en fait, aussi de droite (pour d'autres raisons peut-être)… qui ne voient dans la religion qu'un opium du peuple. Ou "une superstition" comme l'avait dit une fois, en Conseil Municipal de ma bonne ville, un représentant d'un parti très à gauche (homme de culture et ami, par ailleurs).

J'ai constaté cette ignorance, ou cet aveuglement exprès, à de nombreuses occasions, dans des missions de conseil à la puissance publique[1]. J'y vois une idéologie d'État, plus encore qu'une idéologie partisane qui serait propre à la gauche.

À la limite — est-ce que cette conception de la "laïcité", comme idéologie d'une valeur de l'être humain qui dépasserait par définition toute autre idéologie[2], ne serait pas, dans nos démocraties, le dernier reliquat, le dernier carré, de l'idéologie socialiste et communiste.

Ce serait ce qui reste quand on a tout oublié de la gauche : le rejet de toute idéologie autre que celle qui fait de l'être humain le centre du monde, et ne dit rien de plus (mais c'est déjà ça de dit).

Notes

[1] De 1998 à 2005

[2] Hum, un de ces jours je trouverai une façon plus simple d'écrire ça.

dimanche 24 janvier 2016

Réserviste citoyen trop réserviste (réponse ouverte à Mme Vallaud-Belkacem)

Le 5 janvier dernier, j'ai reçu de "Najat Vallaud-Belkacem <information-ministre@education.gouv.fr>" le mail suivant :

Mesdames, Messieurs, chers réservistes de l’éducation nationale,

L’année 2015 restera longtemps gravée dans nos mémoires. Elle fut marquée par le terrorisme qui a frappé notre pays avec la volonté de semer la terreur, de nous diviser, de nous faire douter de notre mode de vie et de nos valeurs.

C’est conscients de cette menace et avec la volonté de faire front, en appui de l’école de la République et de ceux qui la font vivre, que vous avez répondu présents pour intégrer la Réserve citoyenne de l’éducation nationale. Votre engagement est, pour l’institution dont j’ai la responsabilité, une grande marque de confiance et je vous en remercie.

2015 fut un temps de rencontre avec les réservistes, d’organisation mais aussi d’intervention déjà pour certains d’entre vous. Je connais votre impatience pour échanger avec les enseignants et voir avec eux comment apporter plus et mieux aux élèves au travers de vos expériences et de vos témoignages. Ils sont autant d’occasions pour les enseignants d’enrichir les apprentissages et de faire vivre les valeurs de la République à l’école.

Nous avons appris de vos échanges avec les académies et vos premiers témoignages nous ont permis de mesurer mieux vos attentes. Dès ce mois, nous renforcerons l’information vers les enseignants et les référents académiques travaillent déjà avec les établissements pour favoriser des temps d’échange entre vous et les équipes éducatives et proposer des temps de formation.

2016 sera l’occasion de multiplier vos interventions et notre action collective. Une action pour les élèves, pour les valeurs de la République et pour renforcer la cohésion sociale.

Je vous remercie, une fois encore, pour votre engagement passé et à venir au service de l’école et au service de tous les enfants de France. Je tiens également à vous souhaiter ainsi qu’à vos proches une excellente année 2016.

Vive l’Ecole. Vive la République. Et vive la France !

Najat Vallaud-Belkacem Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Je lui ai répondu ce 24 janvier :

Madame la Ministre,

Merci pour vos bons voeux.

Effectivement, comme bien d’autres Français, j’ai été enchanté de pouvoir répondre à l’appel des autorités nationales (le 29 mai 2015).

J’ai malheureusement manqué l’unique réunion d’information départementale, qui s’est tenue peu après les derniers attentats (mais mon absence était sans lien). (C'était le 16 novembre dernier à 18h à la Préfecture, Cergy ; j'avais reçu un mail d'invitation le 10 novembre, mais ne pouvais me libérer pour le 16).

À ce jour aucune école ne m’a contacté, et je crois comprendre, à la lecture du site web, que tous les acteurs se demandent encore à quoi ce « dispositif » est censé servir, de façon précise et mesurable (en-deça des grandes valeurs qui nous animent), et comment il pourrait atteindre ses objectifs.

À la sombre lumière des attentats de novembre, j’espère que le Ministère et ses partenaires pourront redessiner ce projet, en faire un moteur performant pour l’éducation civique des enfants, adolescents, jeunes.

Espérant vous croiser, pourquoi pas, à l’AG (…[1]), et vous souhaitant en tout cas une excellente année 2016,

Notes

[1] D'une association de laquelle la Ministre et moi-même sommes membres

mercredi 13 janvier 2016

À quand la révolution de l'iconomie pour l'X ?

Un post Facebook de l'excellent Jean-Michel Billaut me fait remarquer "Les guerres de l'X", un article très clair des Échos sur la réformette de Polytechnique :

Tout commence le 6 juin, lorsque Jean-Yves Le Drian promet une « révolution ». L'Ecole est « trop limitée en taille », « trop peu visible à l'international », déplore-t-il, en vantant « une stratégie de croissance clarifiée ». (…)

« Pendant que nous glosons à l'infini sur les meilleurs moyens de préserver les subtilités de notre système, les grands pôles américains et asiatiques ne cessent de gagner du terrain… Sous peu il sera trop tard » (selon le) rapport (Bernard) Attali. (…)

La communauté polytechnicienne, qui rassemble l'Ecole, l'Association des anciens et la fondation de l'X, est divisée. Les uns rejettent en bloc le rapport. Les autres prônent un « soutien exigeant », critique. Cette ligne l'emporte, avec l'élection, le 9 juillet, d'un nouveau président de l'Association des anciens, Bruno Angles.[1](…)

Début décembre, Jean-Yves Le Drian fait valider par François Hollande les grandes lignes des annonces qu'il fera à Palaiseau, le 15 (janvier 2016). L'Ecole va rester sous la tutelle du ministère de la Défense, la solde des élèves sera maintenue, aucune loi de nationalisation ne dépossédera les anciens de l'X de leur hôtel particulier du 7e arrondissement, il n'y aura pas non plus d'admission post-bac comme à Sciences po, ni de fusion des écoles d'ingénieurs. L'admission post-bac, que les polytechniciens voyaient comme un risque de « dilution de l'excellence », va devenir un bachelor. Ce diplôme d'inspiration anglo-saxonne, en trois ans, accessible après le bac, devrait attirer les étudiants internationaux et apporter des ressources financières nouvelles.

En d'autres termes, le projet de révolution a accouché d'une réformette, de la création d'une formation croupion — comme bien d'autres écoles d'ingénieurs ou de commerce l'ont fait, histoire "d'étirer leur marque" — et c'est bien dommage de n'arriver qu'à cela.

Mais les "révolutionnaires" du CAC 40 partaient sur de très mauvaises bases : "grossir" rien que pour faire plaisir au classement de Shanghaï !

Imaginez si on disait la même chose aux start-up : tiens, vous êtes trop petite et peu visible, fusionnez avec vingt autres et vous monterez dans les classements… Si en quinze ans d'innovations mondiales, "small is beautiful" reste ignoré, c'est triste.

Sans avoir participé aux débats, j'ai l'impression que l'Association des Anciens, l'AX, a fait un travail remarquable sur ce projet de réforme. Qu'elle a su éviter, comme Les Échos le montrent, un blocage réactionnaire.

Il reste à entretenir et élargir le mouvement pour faire la révolution technologique, iconomique. Pour que l'X devienne un foyer de la transformation numérique, et non plus le vivier de recrutement de la caste industrielle et financière… celle qui "glose à l'infini sur les meilleurs moyens de préserver les subtilités de notre système" et de ses privilèges hérités, incarnant à elle seule le déclin français.

Notes

[1] Déclameur : je suis diplômé de la même promotion que Bruno, pour lequel j'ai la plus grande estime !

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