Argenteuillais démocrate… sans frontière

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vendredi 28 avril 2017

Oradour-sur-Glane, la guerre et la paix

Les étranges boucles de cette campagne, du président par intérim du FN Jean-François Jalkh défenseur du négationniste Faurisson au désormais candidat LR-PS Emmanuel Macron en route pour Oradour, me donnent l'occasion de révéler

mon souhait secret :

ce que j'aurais demandé à Jean Lassalle si, par la beauté des événements, il avait été élu le 9 mai à la Présidence de la République.

C'est tout simplement une Légion d'honneur.

Il y a un mois, le 27 mars, nous étions avec Jean Lassalle à Saint-Viaud, dans le pays de Retz, qui en mai 1945 faisait partie de la "poche de Saint-Nazaire", tenue par les dernières troupes allemandes.

Le Maire, Roch Chéraud, nous y conduisait dans sa voiture, et nous a raconté le dernier incident armé de la 2ème guerre mondiale sur le sol français. Le 12 mai 1945, sur sa commune, alors que les résistants entreposaient les armes des prisonniers allemands dans une grange, la grange a explosé. Sept morts : cinq résistants, deux employés des PTT.

Je laisse la parole au chef du détachement des Forces françaises de l'Intérieur (FFI).

André Desourteaux était le seul survivant de sa famille, massacrée à Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944, par les troupes de la division Das Reich.

Lorsque je suis rentré à Oradour à bicyclette le lendemain du drame, ma première vision fut celle du clocher décapité qui brûlait. Devant ma maison, je m'étais juré : « ils me le paieront ».

André Desourteaux se souvient avoir vu voler le toit de la grange de Saint-Viaud, puis entendu le vacarme assourdissant.

« Pour moi (aujourd'hui) cette explosion était accidentelle, (mais) sur le moment j'étais convaincu du contraire. Je tenais une superbe occasion de me venger : il aurait suffi d'un geste de ma part après l'explosion pour que les prisonniers allemands soient abattus.

Je n'ai rien fait et je l'ai regretté, je me sentais comme quelqu'un qui n'a pas tenu son serment. Maintenant je peux me regarder dans une glace, mais je n'ai pas pardonné.

Le général de Gaulle avait décerné la Légion d'honneur à la ville d'Oradour-sur-Glane. En 1953, la IVème République a voté une loi d'amnistie des soldats alsaciens de Das Reich condamnés à mort pour le massacre. André Desourteaux a renvoyé à Paris la Légion d'honneur.

Dans les ruines je m'en étais déjà tiré par une pirouette : seul Dieu peut pardonner ; l'homme oublie. Je n'ai pas oublié.

En 2015, le conseil municipal de Saint-Viaud a enquêté, retrouvé André Desourteaux, qui avait 90 ans, et l'a nommé citoyen d'honneur : « son attitude symbolise le combat de ces résistants maquisards venus libérer notre bout de territoire et exalte les valeurs voulues par ces combattants ».

Voilà, c'est tout ; c'est à vous que je le dis en premier. C'est ce que j'avais préparé pour le cas où Jean Lassalle serait élu, et aurait la drôle d'idée de me demander ce que je voulais. Je lui aurais dit : prends la voiture, descends dans le Limousin, retrouve André Desourteaux, et passe-lui au cou ton collier de la Légion d'honneur. C'est un résistant qui, au moment suprême, a fait le choix de la paix. C'est l'homme que nous voulons suivre.

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jeudi 27 avril 2017

Analyses politiques : les oeillères tiennent

Odoxa publie ce matin son baromètre de popularité des politiques.

Jean Lassalle y figure pour la 2ème fois seulement, la première était fin mars.

Pour mémoire, la période avant fin mars (avant campagne officielle) était celle de "l'équité" de la couverture médias, c'est-à-dire celle où les médias basaient leur couverture sur les sondages… qui boycottaient Jean Lassalle. La boucle était bouclée.

Or les sondés ont placé Jean Lassalle :

  • 5ème en termes d'adhésion ;
  • plus forte progression : +11% d'adhésion, le suivant étant à +5% ;
  • la personnalité la moins "rejetée" ;
  • l'un des 4 seuls politiques à avoir plus d'adhésions que de rejets ;
  • et la plus forte progression, ex aequo, sur ce critère.

Qu'est-ce que ça donne dans les analyses ?

Sur le rapport Odoxa :

  • la synthèse en 4 points ne mentionne pas Jean Lassalle.
  • Dans le rapport PDF, à la page des résultats chiffrés, la progression de +11% n'est pas mentionnée, remplacée par un "/" (page 16).
  • Toujours dans le rapport PDF, dans l'analyse, il est uniquement indiqué que

Les petits candidats voient presque tous (sauf Lassalle) leur cote progresser de 4 à 5 points, mais il faut y voir essentiellement un effet notoriété, la campagne électorale (et les règles d’égalité du CSA) les ayant propulsé de l’ombre à la lumière.

Mais bien sûr. Vous comprenez comme moi que Lassalle est le seul à ne pas progresser, malgré les règles du CSA qui auraient dû l'aider ?

En fait, l'adhésion à Jean Lassalle progresse de 7 points nets tandis que Poutou, Arthaud, Cheminade et Asselineau perdent 6 à 8 points nets. #AltFacts.

Les médias qui rendent compte du sondage sont évidemment en ligne avec cette fine analyse :

  • RTL ne cite pas Lassalle. Je vais faire court : la plupart des autres médias non plus.
  • Seul Atlantico "note" "la cinquième place de Jean Lassalle, qui profite de son atypique campagne électorale". Pour Sud-Ouest, "Jean Lassalle profite évidemment de son atypique campagne électorale". Une "évidence" qui ne vaut apparemment pas pour l'atypique campagne électorale de l'autre candidat du Sud-Ouest, Philippe Poutou, mais ça ne gêne pas le journaliste.
  • Seul autre média (sur google news) à noter la présence du "sympathique" Jean Lassalle, La Voix du Nord, payant.

Décidément, la flamboyance du candidat Lassalle n'en finit pas d'aveugler nos sondeurs et commentateurs.

mardi 25 avril 2017

Quelle politique demain ? L'enjeu des législatives

En digérant les résultats de la présidentielle, je me suis dit successivement :

  1. Il y a un second tour.
  2. Mais sans suspense, puisque Emmanuel Macron a réussi à s'emparer du feu de l''anti-système". Il ne fera peut-être pas 70 ni 65%, mais il est imbattable.
  3. Ça va donc clasher, puisque ses orientations libérales, bruxelloises, financières, technocratiques, vont à l'opposé de ce que les Français attendent dans leur grande majorité (selon moi).
  4. Mais en fait non… car le "clash", c'est entre le peuple et un gouvernement. Et le gouvernement n'est pas fait. Il dépend des législatives. Et si le "dogme néo-libéral ne convainc que deux arrondissements de Paris" (Mathias Fekl), ça laisse pas mal de circonscriptions ouvertes.

Réfléchissons donc sans complexe malgré les modestes 1,2% de notre candidat (ceci dit pour les visiteurs lassalliens) : quelle politique demain ?

Évidemment mes convictions n'ont pas changé depuis 4 jours. Les 4 points qui me viennent à l'esprit sont les mêmes que nos priorités pendant la présidentielle :

  1. Rendre leur liberté aux communes, interdire les filets dérivants des intercommunalités forcées (Grand Paris, "territoires" et compagnie), refaire des collectivités et des services territoriaux de l'État des forces agissantes et techniques, et non plus juridiques et budgétaires ;
  2. Mettre la spéculation financière en quarantaine, dans un espace qui lui interdise de transmettre ses risques à l'économie réelle ;
  3. Définir nos priorités nationales, y compris sur les sujets que gère l'Union européenne comme les frontières intérieures, le budget, la politique agricole, l'environnement, la recherche, et mettre ces priorités en oeuvre, dans la discussion avec nos voisins, qui souvent ont les mêmes besoins et les mêmes blocages !
  4. Investir directement sur l'économie réelle, l'emploi, l'initiation des jeunes et moins jeunes à de nouveaux métiers, au lieu de verser des dizaines de milliards dans les marges des grandes entreprises, tonneau des Danaïdes dont le fond est aux îles Cook.

C'est simple. C'est, en toute paix démocratique, un programme de résistance. Nous devons être prêts à travailler ensemble, toutes tendances politiques ou sociales confondues, pour envoyer à l'Assemblée Nationale une majorité engagée sur ce programme.

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