Argenteuillais démocrate… sans frontière

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jeudi 10 mars 2016

Savoir pour quoi on se bat

"Ouvre les yeux ! …

L'ennemi n'est pas forcément celui contre qui l'on se bat
Mais celui qui profite des dégâts" (Bambi Cruz)

Deux amies-Facebook commentent ainsi la série Baron Noir (que je devrais peut-être regarder !) :

Cette série qui ne fait pas que du bien, est un prototype de Mooc d'un genre nouveau, formation accélérée sur le fonctionnement et surtout dysfonctionnement de la Vème République.
Cette formation est à destination de celles et ceux qui n'ont jamais approché le Milieu puisque pour les autres, tout y est malheureusement tout à fait fidèle. …
Les circuits de financements occultes, les menaces sur la sincérité des scrutins, cumuls de mandat, militantisme aveugle, les intimidations, les fraudes, les manipulations des foules.
Les idéaux et combats nobles relégués au rang de vulgaires prétextes dans la lutte animale d'humains devenus psychopathes.
Quand l'être humain se dissout et se confond dans ses représentations fantasmées, "sa ville", "sa famille de gauche" (ou de droite évidemment), au nom de "ses ouvriers" "ses précaires" "ses administrés", "la France", l'Europe. …
Il faut voir Baron Noir pour enfin tourner la page du vieil adage : la fin justifie les moyens.

et :

Cette série m'a aidée à comprendre partiellement ce que je vois sur le terrain, et à répondre partiellement à la question: comment ces politiciens cyniques ont ils le culot de se réclamer d'un idéal.
On le touche du doigt dans la série, on les voit justifier les pires turpitude "pour la cause" , cette cause qui s'éloigne toujours, une cause qui n'est jamais précisée, jamais rendue concrête et visible.

Je l'ai constaté dans ma propre activité politique à Argenteuil avec EpA, un parti à taille très humaine, entièrement engagé dans les sujets locaux : il m'a fallu et il nous a fallu un effort, après 2 ans d'activité, pour reformuler explicitement la cause, la raison pour laquelle nous étions là, nos attentes, nos objectifs.

Parce qu'une fois la course lancée, on court, on cherche des alliés, on fait attention aux concurrents… on se pose bien moins la question de la ligne d'arrivée.

Aux débuts de la politique qualité dans les entreprises, il me semble que c'était la première vertu des audits qualité (le point 1.1 des normes était souvent "engagement de la direction") : obliger l'entreprise à dire *pourquoi* elle est là. Mon collègue en charge de la démarche qualité, quand j'étais chez Médiamétrie, expliquait : "Pour une marque de chaussures, ça peut être : 'fabriquer des chaussures'."

Aussi bête que cela, et pourtant, très long à accoucher.

Il est bien plus simple de dire "développer notre activité au plan international, gagner en performance et nous positionner parmi les leaders du secteur" ;-) au lieu de "fabriquer des chaussures".

Emmanuelle Mignon avait fait pour les cadres de l'UMP en 2005-2007, Ségolène Royal avait forcé le PS à faire en 2005-2006, ce genre de travail, accoucher de pourquoi on est là, à quoi on sert.

Emmanuelle Mignon a découvert au lendemain de la victoire électorale comment le pouvoir "aspirait par le vide" toute raison d'y être.

Ségolène Royal a démontré comment les raisons de la faire de la politique pouvaient être retournées en arguments pour justifier tout et son contraire.

Il reste bien De Gaulle, notamment en 58-début 59 (avec succès) ou en 69 (échec), ou le PSOE et C's en ce moment en Espagne, ou Jean Lassalle, toujours simple et juste après quinze ans à l'Assemblée, pour prouver qu'il est possible de garder en tête, et au coeur, ce pourquoi on se bat.

lundi 7 mars 2016

Pour une campagne démocrate (prequel)

Je retrouve un mail d'octobre 2015 où je commentais cette interview de François Bayrou. C'est encore mon état d'esprit d'aujourd'hui. Citoyens ! a réussi à percer en Espagne, et est devenu le parti le plus populaire, en seulement deux ans. Pourquoi pas nous ?

François Bayrou exprime ici des objectifs ou certitudes « républicaines ou démocrates ». Si Alain Juppé les partage, c'est marginalement (et il n'en parle guère). Tout au plus est-il un candidat compatible avec ces objectifs.

Si nous voulons que ces objectifs soient poursuivis, le centre démocrate doit faire campagne, doit rassembler des soutiens, une construction politique, avant cette présidentielle, et dans la perspective du prochain mandat.

Cette campagne doit venir très vite, car elle ne peut parasiter ni celle du candidat Juppé, ni celle de la primaire à droite.

J’ai cru deviner un moment, à la lecture de son dernier livre, que Jean Lassalle voulait lancer une telle « campagne démocrate ». Mais je n’ai pas vu venir grand chose (jusqu'à ce mois de mars 2016).

Le Mouvement Démocrate a appelé à une nouvelle forme de militance politique. La forme appropriée serait pour moi « un CDD » : un engagement à durée limitée, contractuel au sens d’engagements réciproques, au regard d’un projet commun. Et chacun reprend ensuite sa liberté.

Il me semble qu’une campagne démocrate pourrait se construire sur cette base. Cela évite le mélange entre combat d’idées et investitures électorales — qui sont le liant des partis de gauche, et le poison des mouvements démocrates.

Je partage entièrement la conviction de François Bayrou que les problèmes du pays sont techniquement simples, et que la décision est simplement paralysée par trois générations d’intérêts entremêlés. Trancher ce noeud gordien demandera beaucoup de force.

En avant !

mercredi 2 mars 2016

Pour une campagne démocrate — courage, Jean !

Ça y est, Jean Lassalle tire les conséquences de ses mois de marche à la rencontre des Françaises et des Français, et envisage de marcher sur l'Élysée.

J'en suis très heureux. Pour le peu que je connais de lui — c'est vrai — c'est l'une des personnalités politiques les plus solides, les plus marchantes — zut, c'est le mot stupide qui m'est venu à l'esprit — les plus trempées — stupide aussi, tant pis.

Je suis certain que Jean, Président, resterait absolument indemne de cette paralysie parisienne, de cette anesthésie par les lobbies, qui ont mis la République sur le flanc depuis trente ans.

Bien sûr, il lui faudra comme à tout chef d'État un gouvernement, une majorité, et déjà pour faire campagne, une équipe. Je crois qu'il sait choisir les gens (la preuve, il ne m'a jamais rappelé ;-) ) et, plus important encore, il sait voir le meilleur côté de chaque personne pour l'inciter à apporter la contribution la plus utile au travail commun.

Bref, je crois que face à Jean Lassalle, et à la marche des citoyens qui l'ont accompagné au moins en pensée hier et qui l'accompagneraient demain, le fantôme hideux du nationalisme peut se désagréger, et la génération perdue du PS et de l'UMP, disparaître des mémoires.

Ou en d'autres mots : Jean Lassalle, à cause de tout ce qu'il a investi et risqué, peut réussir la révolution démocrate.


Et cela me fait de la peine de voir que ce chemin s'est fait à part de celui de son ami de toujours, François Bayrou. Dans la République des Pyrénées, Jean reconnaît qu'il a

« quelque chose à lui dire : je dois discuter avec François Bayrou depuis longtemps. C'est lui qui me le demande. C’est ma faute si je ne l’ai pas encore fait ».

Dans Le Figaro, François sort les barrières :

« Je ne laisserai pas un millimètre à la polémique ni à aucune division. Jean Lassalle s'oppose à l'entente que nous recherchons avec Alain Juppé. Pour moi, au contraire, » etc.

Et voilà un sujet qui fera parler les journalistes politiques : une brouille entre deux des dernières fortes personnalités du Mouvement Démocrate. Vous savez, la cabine téléphonique.


C'est vrai, et ça me fait de la peine. Le MoDem, en tant que parti, a dû avaler tellement de chapeaux… Jusqu'à soutenir, pour la présidence de la "grande Aquitaine", une ancienne dirigeante d'Endemol, plutôt que de reconduire Jean Lassalle, le seul de ses candidats à avoir brillamment réussi sa campagne 2010.

Alors, peut-être la montée à Paris de Jean Lassalle n'ira-t-elle pas si loin. Peut-être les démocrates, écologistes, progressistes, libéraux, républicains,… de ce pays feront-ils une allergie au gréviste de la faim. Peut-être sa voix, son coeur, son engagement, resteront-ils sans écho parmi les Français. Peut-être devrons-nous nous contenter de la candidature raisonnable d'un Alain Juppé, mûri par les ans et par les neiges du Québec. Peut-être François a-t-il fait le choix de la raison.

Mais ce que j'espère pour 2017, ce qui changerait les choses, ce qui remettrait la France en marche, cela ressemble plutôt à : vas-y, Jean !

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