Argenteuillais démocrate… sans frontière

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samedi 12 août 2017

Pas député

Je ne suis (toujours) pas député — moi non plus :-)

Je mijotais ce petit billet depuis juin, c'est l'article très sympathique du JDD sur le groupe MoDem qui le fait accoucher.

Je le dois à mes ami·e·s de la circonscription ou de plus loin, qui y croyaient pour moi. Ils et elles ont vu venir la vague "En Marche !", le conjonction Bayrou-Macron, le déferlement du centre aux législatives, et m'ont dit ou écrit : Frédéric, pour y aller c'est maintenant ! Le renouvellement dont parle Macron, la société civile, le rajeunissement, c'est tout toi.

Ou, s'ils avaient remarqué que je m'étais engagé dans l'aventure romantique de la campagne Jean Lassalle, ils regrettaient que j'y perde mes chances ; ou, une fois la présidentielle perdue, ils me disaient qu'il était encore temps de me recycler.

Et je me sentais bien en phase avec eux sur deux points.

D'abord, le renouvellement c'était maintenant. Un train est passé et je l'ai manqué.

Ensuite, je kifferais d'être député. Je crois être bien plus fait pour ça que pour maire ou ministre — par exemple :-)

J'aurais été très heureux de travailler avec des personnes que je connais et apprécie autant que Marc Fesneau, Erwan Balanant ou Jean-Louis Bourlanges, cités par cet article.

D'ailleurs j'avais été candidat à la législative 2012 et avais déjà présenté ma "candidature à la candidature" en 2007.

En 2016-2017, espérant toujours le même changement démocrate ;-) je me suis engagé avec Jean Lassalle, comme je l'avais longuement écrit sur ce blog, et comme j'avais eu l'occasion de le dire au député sortant. Je reste engagé avec lui et sur son projet pour notre pays.

Le résultat de cette campagne présidentielle a été modeste. Pourtant, j'ai encore espéré qu'une coalition se constitue sur des objectifs communs, pour faire le renouvellement, au lieu que les gagnants de la présidentielle se laissent tenter par la facilité d'une razzia sans lendemain, et au lieu que chaque parti battu digère dans son coin son coup de bambou.

Je n'ai pas su convaincre que c'était possible (et peut-être que ça ne l'était pas). "Résistons !", le parti fondé par Jean Lassalle, est entré en campagne seul. À Argenteuil-Bezons, j'ai trouvé coûteux et inutile de présenter une candidature isolée, vouée à flirter avec le 1% des voix : expérience très utile, mais que j'ai déjà faite par le passé.

Les élus de juin ont toute ma sympathie, à commencer par notre nouvelle députée d'Argenteuil-Bezons, Fiona Lazaar.

Mais ne pas être député me donne la liberté précieuse de l'observateur engagé ! Le plaisir de pouvoir soutenir toute initiative qui me semble heureuse, qu'elle vienne de LO ou du FN, du gouvernement ou de l'opposition.

Et ça m'épargne le risque de brasser du vent au Palais-Bourbon sur des sujets déjà bouclés…

… alors que tout près de chez nous, se prennent des décisions lourdes de conséquences pour les Argenteuillais·es et Bezonnais·es, qui demandent tout mon engagement !

Et voilà pourquoi, internautes et ami·e·s, ce blog de politique nationale a tant ralenti ;-) C'est ailleurs que je me bouge.

Bonnes vacances parlementaires, bonne fin de vacances scolaires, et à très bientôt !

samedi 5 août 2017

Codeur junior

Quelques mots naïfs sur mon expérience de rookie de la programmation informatique !

J'ai fait l'essentiel de ma carrière dans la "sociométrie", la "modélisation économique", la "méthodologie statistique" et "l'évaluation de politiques publiques", bref, dans des métiers où il faut parler des gens (et aux gens) avec des chiffres, des métiers scientifiques mais où les ordinateurs ne tiennent qu'un rôle secondaire.

Mes connaissances scolaires et universitaires en informatique, un peu superficielles, se sont éventées, et les langages que j'avais appris (assembleur, Basic, Pascal, C, C++, CAML, Prolog) sont presque tous des langues mortes.

Mais depuis 2013, je travaille à temps partiel dans une start-up, où la grande majorité des collègues codent toute la sainte journée. Les schémas papier, explications verbales et autres idées de manoeuvre les laissent froids. Mes maquettes Excel et macros bidouille, mes relectures de code avec questions naïves, étaient tolérées avec charité… Il aurait fallu que je parle la langue commune, celle des machines.

Mais comment trouver le temps et la concentration d'apprendre une nouvelle langue, dans le rythme saccadé de la start-up ?

Le ralentissement de juillet-août m'a enfin permis de me lancer, sur un projet important et qu'aucun collègue n'avait le temps de coder. J'étais au pied du mur !

Voici donc, en vrac, mes sensations.

D'abord la pesanteur, l'inertie énorme du truc. Pour réaliser la maquette Excel du produit, une journée avait suffi ; mais au bout d'une journée dans l'univers de Scala sur Intellij, je commençais à peine à comprendre à quoi servait chaque morceau de l'écran, et il avait aussi fallu ce temps pour que mes collègues informaticiens arrivent à trouver la bonne clé pour que j'accède aux données stockées sur nos bases Cassandra. Le Basic et le Pascal de ma jeunesse étaient des mobylettes qui démarraient au quart de tour ; maintenant, me voilà pilote de tracteur.

Ensuite, la surabondance. Toutes les fonctions développées par des millions de gens à travers le monde sont réutilisables, des "collections", des "libs", des "packages", des machins trucs je n'ai pas encore pigé les différences. Et quand on voit un mot dont on ne comprend pas ce qu'il fait là, Commande-B ouvre immédiatement le bout de code qui l'a défini, et qui, les bons jours, est commenté par l'auteur. Dans mon jeune temps, on programmait en suivant un sentier que l'on traçait soi-même. Maintenant, on active l'un après l'autre les boutons d'un immense cockpit.

Après, la qualité des guides. Les bons guides allient la compréhension profonde du langage, et la compréhension profonde de l'humain qui va devoir l'utiliser. J'ai eu le sentiment de pouvoir faire toute confiance à Nadim Bahadoor et Alvin Alexander. Les mauvais guides abondent. Leur refrain est "Vous pouvez faire tout ce que vous voulez". Ils se reconnaissent facilement, c'est heureux : aux fautes de typographie dans les exemples, ou aux noms de variables bâclés.

Après vient l'exigence. Le sentiment, l'expérience aussi, que le moindre relâchement coûte cher. J'avais appelé vite fait "indexMax" le nombre d'éléments d'un tableau. Quand je l'ai proprement rebaptisé "machinSize", ça m'a fait sauter aux yeux la cause d'un bug récurrent — parce qu'en Scala comme dans d'autres langages, on compte les éléments à partir de 0, si bien que le dernier a le numéro machinSize-1, et l'avant-dernier (auquel je faisais appel) machinSize-2.

J'ai aussi perdu 4 heures, entre avant-hier et hier, à ne pas comprendre pourquoi tel résultat valait si souvent 0 — avant de réaliser que, quand je divisais 1 par 2, cela donnait forcément 0 puisque j'avais défini la variable qui valait souvent 1 comme un entier, avant de voir une utilité à la diviser par 2.

Vers 2014, j'avais travaillé, à temps très partiel, pour un studio de jeux vidéo. Une partie de ce que je concevais (le système d'enregistrement des actions du joueur) était ensuite "codée" par un informaticien du studio (Alexis, si tu m'entends, bravo encore). J'étais surpris par l'ambiance dans les rangées des devs, le calme : écouteurs bien sûr, doigts qui font tourner des crayons, longues minutes passées à regarder l'écran tourner. Je croyais me souvenir que de mon temps, on pissait du code au kilomètre ; que le plus rapide sur son clavier avait un sérieux avantage. Mais avec les langages d'aujourd'hui, je le voyais dans ce studio et je l'expérimente maintenant, on lit et on comprend plus qu'on ne tape. On mange du code, et il faut manger lentement. Une ligne en vaut cent.

C'est pourquoi le terme de code n'est pas si mauvais. Ça ressemble plus à un code (secret, magique) qu'à une langue, ou qu'à un programme au sens commun du terme. Même une formulation aussi simplette que "(aDateTime.getMillisOfDay / seasonDuration).toInt" fait appel à une douzaine de notions, non seulement informatiques mais juridico-physiques (les fuseaux horaires et les changements d'heure) ou économétriques (la saisonnalité).

Quand je fais ma compatibilité, à la fin de chaque ligne, je me sens rassuré d'avoir coché les cases, de ne pas être sorti du cadre. La ligne copiée-collée d'une ligne précédente est la meilleure de toutes, la plus sûre, la plus rassurante. En Scala, au contraire, chaque retour à la ligne me donne le sentiment d'avoir inventé, créé quelque chose, et pris un risque. Copier-coller fait honte. C'est le signe qu'on fait fausse route, que l'on est en train de mal concevoir, de dégrader, de fragiliser l'ouvrage.

Et à l'arrivée, merci les big data : le tracteur tracte. Le programme traite des centaines de milliers de données en un rien de temps — it breaks Excel, comme disait je ne sais plus qui. Comme il m'a fallu, non plus comme avec Excel gérer les données qui étaient sous mes yeux, mais gérer toutes les données qui pourraient arriver demain, j'ai dû prévoir une palanquée d'options et de réglages. Et cette palanquée me donne envie de vendre le truc avec l'argument : "Vous pouvez faire tout ce que vous voulez".

Ah zut, ce n'est pas le bon argument.

Le chemin, à peine, tu débutes, jeune padawan !

dimanche 25 juin 2017

Commentaire ouvert à mon ancienne directrice de campagne

une réponse parmi 168 au post Facebook d'hier soir de Marielle de Sarnez, "J'attendais ce moment depuis tellement longtemps !…"


Merci pour ce message touchant et profondément vrai, en ce qu'il revient à la source de vos engagements, et de votre espoir d'un nouveau 1974 dans la politique française.

Espoir longtemps déçu, qu'il a fallu porter plus de trente années face à la risée générale, aux frustrations, aux tentations.

Vous avez tenu ferme, avec François, veillant à le protéger de tous les arrivants ou arrivistes, manoeuvres ou manoeuvriers, qui tentaient d'emmener l'esquif vers une autre rive, ou d'autres récifs.

Les critiques se déchaînent maintenant. Elles n'ont pas attendu que les portes se referment, elles sont montées dès votre accession au gouvernement, c'est la règle en politique. Quand on n'use plus d'un humour léger pour parler de vous, c'est parce que vous êtes un pouvoir, une Bastille à prendre. (J'y ai presque toujours échappé jusqu'à aujourd'hui, mais pour le peu que j'en ai pris, les mots que vous utilisez, "déferlement de malveillance" et "emballement", me semblent tout à fait justes).

Les critiques auront d'autant plus facilement raison que la critique est facile. Mais l'art ? À part MM. Ferrand et Castaner, soit, qui a fait mieux que vous ce que vous essayiez de faire ?

Ayant pu apprécier en première ligne vos talents et votre énergie, j'espère que le voeu du groupe MoDem se concrétisera, que vous serez élue à une présidence de commission, et il me semble qu'aux Affaires étrangères vous seriez the right person in the right place.

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