Argenteuillais démocrate… sans frontière

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lundi 11 juillet 2016

Qui soutenir en 2017 ? (parce que pour 2016 c'est raté) — banc d'essai, suite

Vendredi matin, j'ai bouclé le triptyque en proposant mes appréciations sur 22 candidats déclarés ou probables à la présidentielle, selon les critères dont nous discutions cette semaine.

Je voulais le faire avant d'assister, samedi, à l'AG de la Marche Citoyenne de Jean Lassalle, qui risquait bien sûr d'affecter mon appréciation de ce candidat — c'est pour ça que j'y allais. J'ai attendu la fin de l'Euro pour publier parce que bon voilà, un sujet à la fois :-)

Voici donc ce tableau, classé dans un ordre approximatif gauche-droite des candidats :

Benchmark_candidats_2.jpg

Daniel Cohn-Bendit arrive en tête, suivi à un point par François Bayrou et quelques points plus loin, Nicolas Dupont-Aignan. Pour le premier et le troisième, c'est une surprise pour moi, mais à la relecture des appréciations sur les 8 critères, je crois bel et bien qu'ils ont les qualités pour le poste. Certes, leurs orientations différeraient : entre l'ancien "Rouge" devenu Vert (ou Grün), et le pourfendeur de l'invasion migrante et de la chancelière allemande, le spectre partisan est assez large :-)

Un 2ème peloton est constitué par Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean Lassalle et Rama Yade (autre surprise pour moi), ce qui recentre tout en féminisant :-)

Les candidats les plus cités dans les médias d'aujourd'hui se retrouvent à des places cohérentes avec l'appréciation que je porte sur leurs mandats récents, c'est déjà ça.

La discussion est ouverte sur les qualités de ces messieurs-dames — ou d'autres — pour la très difficile mission de présider la République !

14 juillet 2016 : tableau mis à jour avec l'ajout d'Emmanuel Macron. Par ailleurs, après avoir lu La parole donnée, je modifierais l'appréciation concernant Jean Lassalle, au moins à 3 au lieu de 2 sur "vision mondiale et perception du changement", mais ce serait inéquitable envers ceux dont je n'ai pas lu de livre récemment.

vendredi 8 juillet 2016

Banc d'essai 2017 : check le rétroviseur

Avant de me lancer dans le banc d'essai 2017 et d'évaluer sur 8 critères les principaux candidats en lice ou potentiels, Dany compris, je voulais vérifier si les critères que je viens de définir sont cohérents bien avec ma perception des mandats réussis ou ratés.

Donc, noter nos 8 présidents de la République, par ordre chronologique[1] :

  • Louis-Napoléon Bonaparte (je tiendrai compte aussi de son règne comme "Napoléon III")
  • Charles de Gaulle (je tiendrai compte aussi de son action à la tête de la France libre — ainsi de suite pour les autres)
  • Georges Pompidou
  • Valéry Giscard d'Estaing
  • François Mitterrand
  • Jacques Chirac
  • Nicolas Sarkozy
  • François Hollande.

Voilà le résultat :

Benchmark_retroviseur.png

4 veut dire "tout à fait" (à ma connaissance), 0 "pas du tout" (pareil), 2 c'est couci-couça ou incertain — dans quelques cas, je n'ai aucune idée de la réponse.

Ce serait un peu long d'expliquer chaque note mais ce sera bien volontiers, en commentaires, sur celles qui poseraient question.

Après cela j'ai comparé avec mon classement subjectif et personnel, à la tête de l'électeur, de ces 8 Présidents.

C'est assez cohérent : les notes sur "Indépendance par rapport aux lobbies et intérêts privés" et sur "Vision mondiale et perception du changement", les deux critères avec les plus forts coefficients, sont bien corrélés avec mon classement. Le 3ème critère "Capacité à réunir un soutien populaire", c'est plutôt l'inverse : le Président le plus éloigné du peuple, Giscard, me semble pourtant avoir réalisé un des mandats les plus réussis.

Mes préférences à la tête de l'électeur — c'est là que j'ai eu le plus de mal, la concurrence est féroce dans le bas du classement, ce qui illustre la difficulté du job :

  1. Charles de Gaulle (qui obtient 115 points sur 144 possibles avec la grille ci-dessus)
  2. Valéry Giscard d'Estaing (85)
  3. Georges Pompidou (97)
  4. Louis-Napoléon Bonaparte (105)
  5. François Mitterrand (86)
  6. François Hollande (76)
  7. Jacques Chirac (76)
  8. Nicolas Sarkozy (84)

C'est là que nous aurons sans doute bien des divergences avec beaucoup de visiteurs/visiteuses — c'est ça la démocratie représentative : l'électeur ne note pas, il vote !

Et mon classement subjectif reflète aussi des choix de valeurs au-delà des qualités individuelles de la personnalité concernée. Ainsi Louis-Napoléon Bonaparte, qui a selon ma grille presque toutes les qualités pour faire un grand Président, ne compte pas parmi les 3 meilleurs selon moi, pour avoir préféré la conservation du pouvoir à l'ordre démocratique.

Je me mets maintenant au classement des candidats !

Notes

[1] En-dehors des IIIème et IVème Républiques, où le Président avait peu de pouvoir effectif.

mardi 5 juillet 2016

Pour qui voter en 2017 ? Le banc d'essai

Dans plusieurs discussions récentes entre amis ou militants de différents bords, le même refrain : il n'y a personne, parmi les candidat(e)s têtes d'affiche de la présidentielle, pour qui nous ayons envie de voter. Aucun(e) ne ressort clairement comme le/la Président(e) évident(e) pour 2017 et après.

Cela vaut la peine d'y regarder à deux fois !

Je m'étais donc promis de faire un banc d'essai, en passant en revue les différentes candidatures que je connais (dont, oui, la longue liste des primaires de la droite) avec les mêmes critères. Parfois ça fait ressortir des personnalités mal calculées par le discours médiatique.

Pour ça il faut commencer par les critères ! Voici mes 8 critères, et le pourquoi de chacun. Je les ai trouvés tout frais de ce matin. J'ai essayé de les mettre par ordre de priorité. Donc si on fait une grille ensuite, le 1er critère pourrait compter avec un coefficient 8, le deuxième avec un coefficient 7, etc.

Je veux bien monter à 10 d'ailleurs. Si vous avez des critères additionnels à proposer, ou un changement dans l'ordre de priorité ?


1. Indépendance par rapport aux lobbies et intérêts privés

La décision politique nationale est paralysée depuis 25 ans — 1991, je cite souvent cette date, celle de la fin du séjour de Michel Rocard à Matignon. Paralysée par les intérêts en place, qui capturent la décision publique : lobbyisent les parlementaires, préparent les conseillers de cabinet à pantoufler, réseautent voire financent les carrières politiques. Seul un chef d'État imperméable à tout chantage de ces intérêts privés — lobbies d'entreprises, syndicats, rentiers du pétrole, etc. — peut remettre le pays en route.

2. Vision mondiale et perception du changement

Remettre en route, mais si c'est pour tourner en rond… La classe politique française est bunkerisée dans un micro-milieu parisien, énarchique, analogique, tout-francophone, qui survit par l'argent de nos impôts, coupé du monde réel. Il nous faut un(e) Président(e) du grand large, qui voyage, qui communique, qui vit dans le présent, qui nous remette non seulement en route, mais dans la course mondiale.

3. Crédibilité face aux décideurs et aux médias

Un(e) Président(e) qui "nous" remette dans la course, c'est comme un sélectionneur d'équipe de France — si les joueurs ne veulent pas jouer, restent assis dans leur bus, c'est mort[1]. La crédibilité peut naître de qualités diverses — la compétence ou l'implantation, la violence ou le coeur, l'engagement ou l'ambition… En tout cas, notre leader devra donner envie aux Français(es), et notamment à ceux qui ont de l'influence, du pouvoir, de quitter leur siège et aller sur le terrain[2].

4. Priorité aux pauvres et aux majorités

Les succès que nous recherchons sont des succès pour l'équipe de France — non des buts contre notre camp. Le/la Président(e) doit se faire garant(e) de l'intérêt général, alors que dans le débat public, des intérêts très particuliers ont bien plus de poids. Le/la Président(e) doit donc porter, y compris contre ses interlocuteurs, l'intérêt des majorités, et spécialement les intérêts de ceux qui n'ont qu'une petite voix, les pauvres, les plus âgé(e)s, les enfants, les handicapé(e)s, les marginalisé(e)s.

5. Compétence sur les sujets politiques

Nous commençons ici la deuxième moitié des critères, c'est un peu moins important. La compétence s'achète, se recrute, se met en musique. Mais tout de même, ça aide d'avoir un leader qui sait ce qu'il/elle dit. Quelqu'un qui ne se contente pas d'arbitrer au feeling, au rapport de forces, dans les débats d'experts. Quelqu'un qui imprime des orientations sur le fond, donne de la visibilité sur ses intentions, garde en tête les situations à améliorer.

6. Solidité physique et psychique

On a connu des chefs d'État fragiles sur ces critères. Mais l'équilibre personnel, la capacité à encaisser une pression constante pendant des années, c'est précieux. La vie "de château" d'un chef d'État est en fait abrasive. Cherchons quelqu'un qui puisse y résister cinq ans.

7. Capacité à réunir un soutien populaire

Là encore, des Président(e)s sans cote d'amour, ça peut marcher. Mais un bon contact avec le peuple français, avec les foules, avec les mouvements partisans, apporte de la force dans les rapports avec les puissances étrangères ou intérieures.

8. Réactivité tactique, aisance à manœuvrer

Comme la compétence, la tactique peut être sous-traitée à des numéros 2, à condition de savoir les choisir — De Gaulle en est l'exemple le plus évident, avec Georges Pompidou. Mais le bateau résistera encore mieux, et ira plus vite, si le capitaine lui-même sent la mer à chaque instant.


Voilà ma grille de notation. Qu'y changeriez-vous ?

Bien sûr, un prochain billet, encore à imaginer, notera sur cette grille les candidat(e)s actuel(le)s ou pressenti(e)s. La discussion porte pour l'instant sur les critères de choix :-)


8 juillet 2016

À la demande générale de Charly, je remonte le critère "7. Capacité à réunir un soutien populaire" en 3ème position. En effet un tel soutien apporte une crédibilité (critère 3 ci-dessus) et fait du chef d'État l'obligé de la majorité (critère 4). La "crédibilité", d'ailleurs difficile à noter, passe en 5, la compétence en 6, le physique/psychique en 7.

Notes

[1] De façon surréaliste, Cf. commentaire 1 ci-dessous, la première rédaction était : si les joueurs descendent du bus, c'est planté. Correction le 6 juillet 2016

[2] …rester dans le bus

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