Argenteuillais démocrate… sans frontière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 3 octobre 2014

"Tu préfères…" Le Pen, ou Sarkozy ?

Art Goldhammer l'a constaté pendant son séjour en France : les sympathisants de gauche semblent avoir déjà renoncé à gouverner en 2017-2022.

J'ai souvent critiqué la prétendue "prospective politique" basée sur… les sondages d'opinion les plus versatiles. Mais cette fois, il me semble que les sondages décrivent une véritable cristallisation de l'opinion publique.

La victoire de M. Sarkozy à la présidence de l'UMP est quasi-certaine ; sans quoi, d'autres leaders ayant des réseaux solides se seraient lancés, que ce soit MM. Fillon, Juppé, Copé ou Bertrand.

La victoire de M. Sarkozy à une primaire est, de très loin, le résultat le plus probable. N'a-t-il pas obtenu près de 49% du suffrage des Français en 2012 ? Cela augure mal d'une "impopularité" parmi les électeurs de droite, particulièrement, les 1 ou 8% de militants qui iraient voter à une primaire. Les petites manoeuvres sur l'inclusion ou non du centre dans la primaire, sont sans portée : les électeurs du centre sont indépendants d'esprit, beaucoup attendent jusqu'à la véritable élection pour se prononcer, ils ne seront qu'une minorité à se déplacer pour des primaires.

De plus, beaucoup de sympathisants du FN pourraient aller voter M. Sarkozy contre M. Juppé : une occasion comme une autre de soutenir un politicien moins "politiquement correct" que les autres.

Quant aux affaires aux basques de M. Sarkozy : après 2 ans et demi de lenteurs judiciaires, comment cela pourrait-il se dénouer (instructions, procès, appels, Cassation…) dans les 6 ou 12 prochains mois ? C'est tout à fait improbable. Et dans 12 mois, si la justice interférait dans une campagne nationale déjà bien lancée, cela serait jugé déplacé.

Il me semble que le succès quasi-certain du FN aux cantonales et surtout régionales de 2015 (moins de 30% m'étonneraient) offrirait à M. Sarkozy le levier dont il a besoin pour faire basculer en sa faveur la classe politique et médiatique : se présenter en seule alternative au FN. Quel que soit son propre programme. Et même, plus il force à droite, plus il joue la provoc, plus il obtiendra de sympathie des électeurs potentiels du FN, et plus sa prétention sera fondée.

La gauche classique semble paralysée, hypnotisée, sans ressort. Le centre n'a plus aujourd'hui de soutien populaire actif. La gauche de la gauche, les écologistes, les "frondeurs", malgré leur rancune contre M. Hollande, peuvent bien constater que pas grand monde ne bouge le petit doigt pour les secourir.

Une alternative crédible, gagnante, se constituera-t-elle d'ici 2017 ? Un mouvement démocratique, écologiste, progressiste, républicain, défenseur des libertés, peut-il susciter et fédérer assez de forces, de soutien, d'intérêt public, de leaders, d'élan, de cohésion… pour convaincre 30% ou plus des Français au premier tour de 2017, et plus de 50% au second tour ?

J'espère que cela arrivera, comme je l'ai espéré en vain en 2005-2007. Je crois que la société française en a le ressort, les capacités. Mais pour l'instant, je ne vois rien venir.

lundi 29 septembre 2014

Une occasion de désamorcer la bombe de la dette

Georges Ugeux, sur son blog finance.lemonde, se demande avec The Economist (en 2012) et Paul Krugman : "La chute de la France est-elle inéluctable ?"

Les problèmes économiques et sociaux de la France, fruit d'une absence de réformes de plusieurs décennies, atteignent un niveau insoutenable.

Le blocage du processus de décision… (par des) guerres de personnes maquillées derrière des débats idéologiques… laisse les amis et alliés de la France désespérés de voir une amélioration de la situation du pays.

(la dette publique, qui était) de 65% (de la production en 2007) dépassera 100% a la fin de 2014. La situation de l'endettement a ce redoutable privilège d’être irréductible et radicale.

Chance inouïe… : les taux d’intérêt ont connu… une baisse extraordinaire. En un an, les obligations à 10 ans de la République ont vu leur rendement baisser de 2,58% à 1,25%.

(Mais) dans un avenir rapproché, la hausse de l'endettement, jointe à une inévitable hausse des taux mondiaux, va se rappeler au bon souvenir des investisseurs.

… qui couperont fatalement, c'est le sens du billet, la perfusion de liquidités qu'ils accordent aujourd'hui à notre État.

En fait, la "déflation" actuelle (stagnation des prix, des salaires et taux d'intérêts proches de 0%) n'est pas une si bonne affaire à court terme pour l'État, car elle rend très lourds les intérêts des années passées, ceux que nous coûte la dette souscrite alors. Les ménages qui ont acheté une maison à 4% le savent bien quand leurs revenus ne progressent que de 1% ou même diminuent — et que la valeur de leur bien stagne ou décroît. Ils ont l'impression d'être perdants-perdants.

Ainsi, même avec la baisse des taux d'intérêt, la dette reste une bombe à retardement dont (comme pour le krach futur de l'immobilier) le délai est inconnu.

Au moins, ces taux bas sont-ils une opportunité pour le pays qui voudrait conduire des réformes de structure. Des réformes de structure, au sens propre : non pas la baisse des allocations et des minima sociaux (ce que certains éditorialistes de droite semblent comprendre comme "réforme de structure" : s'attaquer à l'État providence, etc.), au contraire ; mais un bond d'efficacité des services publics, de l'enseignement, du marché du travail, de l'insertion des jeunes.

Ces réformes demandent des moyens à court terme, mais elles rendraient l'État, la Sécurité sociale, le service public viables à moyen voire long terme.

Toute organisation au bord de la faillite ferait ce raisonnement : l'argent qui déborde des caisses des prêteurs nous permet de financer aujourd'hui, à bon marché, notre redressement et de revenir dans la course pour dix ou vingt ans. Fonçons !

Jusqu'ici notre gouvernement se comporte de façon inverse : certes, dans les idées et les paroles, il perçoit l'urgence ; mais dans les actes, le surplace est la règle. Ministre après ministre nous explique ce qu'il ne fera pas.

Ce qui explique sans doute l'intérêt des investisseurs, même français, ou des jeunes diplômés, même français, pour Londres, Singapour, Boston ou Mumbai ; au moins, il s'y passe quelque chose.

vendredi 26 septembre 2014

Haïku d'un mardi au Val

Le train de cinq heures :
Hommes et femmes courent sur le quai,
Il fait encore nuit.


Merci à @sayoud_h pour son observation : mon tweet initial manquait d'image. Le haïku essaye de la remplacer.

- page 3 de 370 -