Merci à vous aussi pour cette course de Pékin.
Je crois me souvenir l'avoir suivie à la radio. Avoir eu le masque en entendant un instant de silence des commentateurs, aux 300 mètres, là où ils auraient voulu pouvoir dire "Mehdi Baala riposte et remonte tout le peloton !".
Je crois me souvenir m'être dit
"... hélas, encore la différence entre un super-athlète et un champion du monde. La rage qui fait que, quand tu n'en peux plus, tu en remets quand même une louche pour écraser tout le monde ..."
Il lui avait fallu trois ou quatre secondes de trop pour riposter. Et pourtant il s'était arraché, de folie. "Sorti les tripes", dira-t-il. "Pour l'honneur", dira son entraîneur. Il double bel et bien tout le monde. Il arrive à 5 centièmes derrière Willis, à une seconde de Kiprop, quelques centièmes de plus derrière Ramzi (lequipe)[1]. Tristesse et gâchis.
Maintenant que Mehdi Baala a regardé, pour la première fois, sa course de Pékin, ému et fier, je revis autrement l'attaque du dernier tour. Placé comme je suis en queue de peloton, quand je vois le changement de vitesse de Ramzi, je me dis "C'est pas vrai. C'est faux. C'est une machine". Et je reste dans mon siège à l'arrière, jusqu'à ce que la fureur l'emporte. Jusqu'à y aller quand même, à l'abordage. Bravo.
Monsieur Baala, vous avez depuis longtemps votre idée sur le dopage : "quand il y a des traces de dopage dans le sang et les urines, il faut suspendre 4 ans et infliger une amende qui pourrait représenter les primes des deux années qui précèdent." Tout à fait d'accord.
Monsieur Baala, vous dites : "Je pense que je ne reverrai plus ces images parce que Ramzi est omniprésent et je n'ai pas envie de le regarder." Pas du tout d'accord. Regardez-les en boucle. Passez-les-vous dans la tête à chaque entraînement. Et, si m'en croyez, répétez-vous à chaque fois : "La machine, je l'ai battue. La médaille, c'est moi qui l'ai. Et les suivants, je les battrai."
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