Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mercredi 6 juin 2018

"Dès que quelque chose fait du lien, vous l'enlevez !"

B. habite près d'Argenteuil et je l'avais croisée à une réunion de Résistons !. Elle m'a rappelé ce soir et dit deux trois trucs.

J'avais été frappée, à cette réunion, par les femmes qui parlaient du combat pour garder les maternités. On sentait le désarroi des territoires qui ne peuvent rien faire !

Les décisions ne sont plus à l'endroit où on croit qu'elles sont.

Plus vous êtes proches, plus vous avez de l'influence : (alors) on se débrouille pour que les décisions soient le plus loin possible.

Les maxi-régions ne veulent plus rien dire !

Ça vient en grande partie de la volonté de l'Union européenne. Le but, c'est de casser les solidarités à l'endroit où elles sont.

Le vote "non" (de 2005), qu'on a… C'est là que ça s'est passé. Quand on a fait revoter les Danois, il y a quelque chose qui ne va pas ! Les Irlandais aussi ! C'est à partir de ce moment-là. On nous vantait la volonté des peuples, mais ils pouvaient dire A ou B, on n'en tenait pas compte ! Ça a cassé quelque chose. Alors que les idées, au départ, étaient de belles idées.

La difficulté, c'est : comment résister ?

Il faut que les gens le fassent avant que tout s'écroule ! Les idées nouvelles repartent de la base… (mais) ça prend du temps.

(Ce qu'on voit avec le projet de suppression/privatisation de la salle des fêtes municipale d'Argenteuil, c'est que) dès que quelque chose fait du lien, vous l'enlevez !

On avait une amitié franco-allemande, européenne… Aujourd'hui, plus personne ne se sent européen !

On nous impose quelque chose qui ne correspond pas du tout à la volonté des peuples. Ce ne sont que les lobbies. Et le pire c'est que, comme ça ne correspond pas à la volonté des peuples, ça ne marche jamais !

Il faut refaire société.

J'avais lu son livre "Un berger à l'Élysée", c'était tout ce que je pense !

Pour le lire, il fallait le vouloir : il était tout en bas, à la Fnac ! Il y avait énormément de livres politiques, mais Jean Lassalle était au fin fond, j'ai eu le dernier exemplaire.

Je l'ai fait lire !

Il faudrait qu'on réfléchisse (à tout ça). De toute manière ça repartira de la base, de la solidarité locale. Il faut des synergies, et elles peuvent être faites ! Mais ils font des lois pour faire exactement le contraire.

Déjà, faites ce que vous pensez être bien, pour vous et pour les personnes qui vous entourent.

La Résistance, elle était multiple, elle allait dans tous les sens. Chacun fait (de là où il est). Les Allemands qui résistaient (étaient éparpillés, certains pouvaient faire très peu), envoyer de simples cartes postales… Déjà, dans leur tête, ça changeait.

Il faut retrouver nos solidarités.

Ben voilà. Qu'est-ce qu'on a à se creuser la tête sur des points de programme pour l'Europe ? Tout est dit. Passe le message à ton voisin.

lundi 28 mai 2018

Pause de politique, suite

Bon, je spamme tout de même twitter. Je vibre aux nouvelles incroyables d'Italie et d'Espagne (go M5S go!), je sympathise avec la remontada des Lib Dems au Royaume-Uni, j'écarquille les yeux devant la trajectoire de la boule de flipper Iran-Corée du Nord-Gaza-Syrie,…

Surtout, j'espère qu'il y aura enfin une ouverture en 2019 pour une Europe des Européens, qui balaye la lobbycratie et ses édifices tellement vermoulus que seuls les plus tortueux sauraient les faire tenir debout…

Un peu plus concrètement, j'ai participé à deux réunions passionnantes du bureau provisoire de Résistons !, et une journée de travail super-encourageante d' "Argenteuil en commun". Et c'est à peu près tout.

En fait je reste dans la continuité du billet précédent :-)

trail_des_aubins.jpg

lundi 16 avril 2018

S'il faut localiser notre Président sur l'échiquier politique

Art Goldhammer relevait la démission d'Alain Juppé du parti LR :

Et pourquoi pas ? Le Macronisme est à toutes fins utiles le Juppéisme. … Voilà le centre-droit juppéiste instauré au pouvoir sous un drapeau de centre-gauche. Certains … voient la “source” du macronisme dans l’échec de la tendance recentrante à gauche représentée auparavant par un Michel Rocard ou un Dominique Strauss-Kahn. (Mais) Macron n’a pas de racines dans la gauche traditionnelle. … Macron serait donc un centriste décomplexé, qui est peut-être une façon de dire un homme de droite.

Je rejoins la première phrase ; mais Emmanuel Macron me semble bien s'inscrire dans une des traditions du centre français.

S'il y a en France "trois droites" et sept cent trois gauches, nous avons au strict minimum deux centres.

Le "populaire", rural, plus proche des frontières que de Paris, catholique, le parti des curés de campagne, de l'Action catholique des années 1920 à 50, du "bas clergé" de 1789.

Toujours prêt à soutenir les pauvres, sans peur du lumpen-proletariat, toujours inquiet pourtant des révolutions, des violences, des dictatures. Ce centre avait presque disparu dans la laïcisation des années 70, et la radicalisation de l'opposition entre le "monde libre" et les dictatures du "socialisme réel". Il s'était noyé dans la droite. François Bayrou a tenté de le ressusciter, en y agrégeant les nombreux "déçus du socialisme", le nouveau "bas[1] clergé" du monde laïc : enseignants, artistes, travailleurs indépendants, pionniers de l'internet. La coalition n'a pas pris. Jean Lassalle en représente aujourd'hui, je crois, la composante la plus outsider, il exprime le plus strictement l'exigence que les "systèmes" se mettent au service des personnes, de "ceux qui aiment tellement leur territoire qu'ils ont choisi d'y vivre".

Le "marais" ou parti "opportuniste", encore appelés aujourd'hui "girondins", parti bourgeois.

Demandeur de continuité dans l'environnement des affaires, inquiet lui aussi des tensions politiques, des oppositions et des "hommes forts" aux impulsions destructrices. Parti aussi bien représenté dans les grandes villes de province qu'à Paris. Lieu de rencontre entre milieux d'affaires de différentes origines religieuses ou ethniques. Libéral dans le discours, libéral quant aux moeurs, étatique en matière économique, car après tout, tous les acteurs en France sont demandeurs d'un Etat omniprésent. Demandeur de consensus entre gens raisonnables. Capable de gérer des villes et des régions d'une main bienveillante et paternaliste. Valéry Giscard d'Estaing et Edouard Balladur, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé de retour du Canada, ont bien représenté ce courant.

Le point d'accord entre les deux est étroit : la croyance en "l'Europe", espace de régulation économique stable qui échapperait aux à-coups des alternances politiques nationales. Le mantra de la "décentralisation" aussi… qui est, dans le cas du centre d'affaires, une décentralisation purement gestionnaire, sans reconnaissance d'identités locales. Ou alors, des identités habilement camouflées quand on s'adresse à Paris (l'exemple alsacien, quand Philippe Richert accepte même de fondre l'Alsace dans un "Grand Est" artificiel).

Emmanuel Macron me semble retrouver les soutiens, les choix et les mots de cette seconde composante du centre français.

Notes

[1] Précision ajoutée, 24 avril 2018.

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