C'était hier mon tour, près de onze années donc après mon adhésion, et pourtant, j'ai toujours déconseillé aux militants politiques de démissionner de leur parti.

Beaucoup démissionnent quand ils sont en désaccord avec une décision du parti : mais il faut savoir assumer d'être minoritaire de temps en temps ! Sinon ce n'est plus un parti, c'est une secte.

D'autres claquent la porte en s'estimant trop peu soutenus, écoutés, aidés dans leur propre combat. Ils ont le sentiment d'être utilisés pour faire la claque, plus que respectés dans leur engagement de citoyens. Je leur ai répondu que oui, l'engagement citoyen est usant, ingrat, mais qu'à la fin, celui qui obtient des résultats, qui fait changer les choses dans sa ville ou son village, sera reconnu, écouté et respecté.

Quelques-uns s'en vont faute d'obtenir le poste, la responsabilité, le titre ou le revenu qui équilibrerait et rendrait possible leur engagement, le temps et l'énergie qu'ils consacrent à la politique. Je respecte ce choix — j'ai la chance d'avoir un métier qui me rapporte assez pour permettre un peu de bénévolat, tout le monde n'a pas cette chance.

Pour moi, il n'y a qu'une situation qui justifie une démission : celle où l'appartenance au parti, dans le respect de ses règles, devient incompatible avec votre propre engagement.


Avec mes camarades du Mouvement Démocrate à Argenteuil, une équipe remarquable et solidaire dans les difficultés au long de ces 6 années de MoDem, nous préparions avec soin et exigence les Municipales de 2014.

Les lecteurs de ce blog auront pris connaissance de notre Charte, que la presse valdoisienne avait répercutée.

Après sa publication, nous avons eu une série de réunions de travail, en particulier avec les représentants des deux principales listes en présence pour la Municipale.

Nous avons délibéré et décidé, par un vote, d'ouvrir les négociations avec l'une de ces listes. Les résultats de ces négociations n'étant pas aujourd'hui publics, je me contenterai d'écrire ici que je croyais possible, et même probable, une coopération durable. En tant que chef de file proposé par les adhérents, j'ai consacré le temps que je pouvais, et mon bien maigre talent pour la négociation, à chercher des solutions aux dernières difficultés, et à faire obtenir l'accord du parti — car l'investiture électorale est délivrée, c'est normal, par le niveau national.

Nous avions même envisagé la possibilité que le parti n'accorde pas son coup de tampon (et son logo), et que nous restions alors des espèces de candidats libres, des MoDem sans investiture officielle : possibilité désagréable et frustrante, mais nous étions, pour la majorité d'entre nous, prêts à supporter ce flou, sachant quel était notre engagement pour Argenteuil, et sûrs des raisons de notre choix.

J'ai été officiellement informé hier après-midi, de ce que le parti soutenait le principal concurrent du candidat vis-à-vis duquel je m'étais engagé.

La principale qualité d'un chef de file n'est pas de se faire suivre par sa file — c'est d'obtenir du niveau supérieur la possibilité, pour sa file, d'avancer.

Dans cette tâche, j'ai totalement échoué. Je laisse donc la place à qui voudra la prendre — et obtiendra, lui ou elle, le soutien du parti.

Et je garde, avec joie, ma pleine liberté de militant toujours démocrate, toujours argenteuillais, toujours vétéran, et toujours sans frontière.