Un mot sur les législatives partielles de ce 4 février.

La chute violente des candidats gouvernementaux en % (6 et 8 points dans les deux circonscriptions), sans parler des nombres de voix, laisse une large victoire à deux jeunes du parti de M. Wauquiez.

Cela rappelle le succès brutal de la droite, 4 "papys" élus au 1er tour sur 4 législatives partielles, en janvier 1982, 8 mois après le triomphe socialiste.

C'est le même message : Messieurs du gouvernement, un tourbillon vous porte, puisque le bouleversement dans les urnes a mis en branle toutes les institutions, les médias, les relations internationales… Mais ce tourbillon vous a déjà emporté loin de nous.

Vous dites que "vous, vous appliquez votre programme" : quel programme ? quelles parties de votre programme ? Celles auxquelles nous tenions, vraiment ?


À mon humble avis, les Français·es ont cru que la jeunesse, le culot, le volontarisme revendiqué d'Emmanuel Macron, et de son équipe autour d'Édouard Philippe, pourrait libérer le pays d'une très longue paralysie de la puissance publique. Ils ont espéré un instant que "En marche !" montrerait les capacités dont le FN de Marine Le Pen ne faisait, finalement, guère preuve.

Quel jour la montagne a-t-elle accouché d'autre chose que de souris ?

Les partisans du gouvernement me répondront, avec juste raison, qu'il est trop tôt pour juger, qu'il faut laisser du temps au temps, etc.

Mais combien de temps les citoyen·ne·s vont-ils encore laisser ?

Je copie-colle ici la fin de mon billet du 3 mai 2017. Un mot à changer ? Pas vu encore lequel.

Combien de fois la classe politique, après le passage du vent du boulet FN (2002, 2005, 2015…), a-t-elle prétendu qu'elle avait entendu le message ?

Et quelles conséquences concrètes en a-t-elle tiré ?

  • Le TCE a été, en substance, validé quand même — François Bayrou s'en indigne vivement dans son dernier livre,
  • la technocratie prolifère (lois Maptam, NOTRe…),
  • toujours pas de proportionnelle malgré les promesses,
  • les paradis fiscaux proclamés "finis" (par un homme qui avait tiré une bonne partie de ses revenus de l'optimisation fiscale !) prospèrent plus que jamais,
  • les privilèges de la classe politique n'ont été rognés que de façon infinitésimale — et l'affaire Fillon montre les circuits financiers qui perduraient,
  • même les micro-innovations "démocratiques" (référendum d'origine populaire ou doit de pétition) ont été sciemment dénoyautées pour être inopérantes…

Les électeurs ont de solides raisons de penser que la classe politique se moque d'eux. Or, on ne peut pas se moquer de tout le monde tout le temps.

Et Emmanuel Macron promet, sauf erreur de ma part, encore plus de la même chose.


Je cherchais un titre pour ce billet. Parler de compte-à-rebours, d'alarme, ou même de sablier, est-ce de saison ? Je tourne la tête par la fenêtre et vois qu'il a commencé à neiger. Patience.

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