Je m'étais lancé vers 21h (tout seul dans mon coin) le petit défi de répondre à la longue liste de questions du Président de la République le jour même où il les avait publiées.

Un peu parce que, dans un processus comme ça, même s'il va être long, la vitesse joue. Pour le pouvoir, le débat public peut être utile de trois façons :

  • pour renouveler sa propre vision des sujets, sortir d'impasses mentales ;
  • pour dépasser le freinage par certains corps constitués : le Parlement, par exemple, est rarement partisan de changer son propre mode de scrutin ou le nombre de ses membres !
  • pour diviser le mouvement social et rester maître du jeu. Les questions fourchues, imprécises, chiffon rouge (il y en a pas mal dans la lettre) évitent au pouvoir de "sortir de l'ambiguïté à son détriment". La réponse à l'ambiguïté, c'est de répondre (plutôt que d'ergoter, d'ajouter de la fuite à la confusion).

Surtout, je croyais important de démontrer que sur toutes les questions précises ou presque, des solutions existent.

(Pour) sortir le pays des difficultés très grandes dans lesquelles il se trouve, (il faut) un mouvement civique. Une prise de conscience, une rupture dans la manière dont on le gouverne. Prendre les gens au sérieux, leur dire la vérité sur les affaires, sur la dette… je l'ai fait sans discontinuer.

Les idées qui permettront au pays de résoudre les problèmes, sont simples.

Toutes les grandes aventures collectives sont fondées sur des idées simples, peut-être simplissimes : Napoléon — de la paix, du code civil, de la construction de la France, Napoléon III à sa manière, De Gaulle… De Gaulle dit : indépendance, une monnaie qui tienne la route, une politique industrielle. Giscard, qui a plus de mérites qu'on ne le dit, a pris des décisions de rééquilibrage, moderne, de notre pays… Tout ça, ce sont des idées simples. Ce ne sont pas des idées d'expert, ce sont des idées de citoyen. Voilà les certitudes avec lesquelles je vis.

François Bayrou le disait assez récemment. J'en suis aussi convaincu que lui.

J'espère qu'elles sont simples, les cent et quelques propositions que je viens de poster ; que ce sont des idées de citoyen, que chacun·e pourra s'approprier, démonter, remonter, jeter et rejeter, reprendre sous une autre forme

En revanche, je suis incapable de trouver des idées simples (surtout une centaine) en trois heures 😃. Toutes celles-ci préexistaient ! Je n'ai même pas pris le temps de chercher parmi les ~3000 billets de ce blog, où plein d'autres propositions attendent en plein air.

J'ai principalement (à 90 ou 95%), pioché dans le projet présidentiel 2017 de Jean Lassalle, dont j'avais raconté la conception ici. J'ai surtout repris les propositions que je comprenais le mieux ou approuvais le plus (sur les 250 et quelques, il devait y en avoir 3 ou 4 sur lesquelles j'avais des doutes, et 2 ou 3 que j'aurais préféré plus radicales). J'avais déjà posté 67 propositions, cette fois littéralement tirées du projet de Jean Lassalle, lors de la consultation du CESE en décembre 2018.

Donc, si j'ai oublié dans ces 4 billets du jour, certaines propositions présentes ailleurs sur ce blog, dans le programme de Jean Lassalle 2017, dans le programme de François Bayrou 2007 ou même parmi mes contributions sur la plate-forme du CÉSE, alors qu'elles seraient très bien… c'est juste un oubli :-) Ce ne sont ici que "des" réponses, évidemment pas "les" réponses, pas même "mes" réponses.

Bon débat ! J'y participerai avec plaisir physiquement, pas seulement en ligne. Et si notre Maire hésite à l'organiser lui-même, je reste, avec mes amis d'Engagés pour Argenteuil (qui l'ont, en fait, proposé 😃), à la disposition des Argenteuillais·es.