Après avoir répondu aux questions du Grand Débat version Emmanuel Macron, et un passage par la version "questionnaire bref", je me suis attaqué à la version "questionnaire long" !

En préambule — la question n'est pas dans le questionnaire — une évidence :

Vouloir un meilleur service public et moins d'impôts, c'est normal, c'est le bon sens, c'est à ça que la vigilance des citoyens doit servir (entre autres). Article 14 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (de 1789) :

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette (on dirait aujourd'hui la base et le taux : donc les montants des impôts et cotisations), le recouvrement et la durée.

Si les Gilets Jaunes demandent exactement ça, investir plus de service public là où il y en a besoin, et alléger la charge des impôts, c'est qu'ils sont dans la bonne direction.

Mais évidemment c'est difficile ! Le débat a été intense sur ce blog entre XS et Bernard, finalement d'accord sur beaucoup de choses :

  • d'accord pour réduire les cotisations sociales (pour que le financement des dépenses sociales pèse moins sur le travail) ;
  • d'accord pour s'inquiéter de l'inertie des organismes publics ou parapublics (les "agences", en jargon) qui, peu surveillés dans le débat démocratique, peuvent au final dépenser bien plus que les citoyens ne leur auraient accordé ;
  • souci de Bernard sur la situation tragique faite aux personnes très âgées ; des services hospitaliers ont "cruellement besoin de moyens humains" comme le dit aussi Jean Lassalle ;
  • une discussion constructive sur les instances chargées de réguler le numérique, autour de la CNIL ;
  • des doutes partagés sur la politique actuelle de sécurité routière.

J'ai essayé de répondre au plus bref. De désigner le noeud de nos difficultés, celui qu'il faut dénouer pour que la France se retrouve. Il me semble que c'est l'isolement, la solitude. Que tout se remettra en route si nous nous retrouvons les uns les autres. Et que les institutions politiques, État, collectivités locales, agences, doivent précisément aider à cela.

Quelles sont toutes les choses qui pourraient être faites pour améliorer l'information des citoyens sur l'utilisation des impôts ?

Un budget base 0 participatif (base 0 signifie qu'on discute de toutes les dépenses et de tous les impôts, au lieu de prendre pour acquis ce qui avait été fait l'année d'avant. Participatif signifie qu'on en discute 😃 de façon ouverte, citoyenne, transparente).

Que faudrait-il faire pour rendre la fiscalité plus juste et plus efficace ?

Adapter la taxation à l'évolution technologique :

  • taxer et freiner les flux financiers ;
  • rétablir des contrôles aux frontières (invalider l'argent d'origine non traçable, au-delà de petites sommes en billets) ;
  • taxer plus l'accumulation de capital (trop favorisée par la révolution technologique aux dépens du travail) et l'extraction de ressources naturelles.

Quels sont selon vous les impôts qu'il faut baisser en priorité ?

Les cotisations sociales, de façon générale.

Afin de financer les dépenses sociales, faut-il selon vous...

Que la révolution technologique bénéficie aussi au service public, pas seulement aux services privés !

S'il faut selon vous revoir les conditions d'attribution de certaines aides sociales, lesquelles doivent être concernées ?

Rétablir l'ouverture à l'allocation logement à une date correspondant aux besoins, non à la démarche administrative qui vient ensuite.

Quels sont les domaines prioritaires où notre protection sociale doit être renforcée ?

L'isolement. Retrouver plus de lien, de rencontre, de convivialité. C'est de solitude que beaucoup crèvent en France. Y compris dans les hôpitaux.

Pour quelle(s) politique(s) publique(s) ou pour quels domaines d'action publique, seriez-vous prêts à payer plus d'impôts ?

Le retour d'un service national, civique, désormais pour toutes les filles et garçons.

Y a-t-il d'autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

Le jour où le choc de simplification sera autre chose qu'une multiplication de complications, j'offre le cidre.