Argenteuillais démocrate… sans frontière

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Tag - Cantonales 2011

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lundi 28 mars 2011

Les (quelques) victoires du MoDem

La presse a aimablement consacré quelques lignes au communiqué selon lequel "François Bayrou et le Mouvement Démocrate expriment leur satisfaction de voir nettement progresser le nombre de nos nouveaux conseillers généraux. Ils sont désormais 32, contre 12 sortants."

Bravo en effet, même si le JDD commente judicieusement qu'il "en faut peu pour être heureux"… "avoir 32 élus sur 2.026 cantons renouvelables n'est pas un résultat faramineux" (1,6%) : ce n'est pas moi, avec les 2,quelquechose% de suffrages obtenus à Argenteuil-Nord, qui vais déprécier l'exploit.

Qui sont donc ces démocrates à qui l'électorat a fait confiance ? Une page du site MoDem donne une liste. Hélas, elle est partielle (à ce jour) ; de plus, et elle associe "MoDem et sympathisants", ce qui est sympathique mais n'aide pas à y voir clair. Parmi les élus qui y sont répertoriés, 13 ont bien déclaré une étiquette MoDem en préfecture.

Deux ont gagné au premier tour : Philippe Rochoux et Michel Dennemont ; le premier contre un communiste et un écologiste ; le second contre PG, socialiste et UMP.

Onze ont gagné au second tour ; parmi eux,

  • 7 avaient au moins un concurrent à droite,
  • 7 avaient au moins un concurrent écologiste ou régionaliste ;
  • 8 avaient au moins un concurrent de gauche modérée (socialiste ou divers gauche) ;
  • 8 avaient un concurrent FN.

Tous étaient en "duel" au second tour :

  • 3 contre un UMP ou DVD[1] ;
  • 1 contre un régionaliste ;
  • 7 contre un socialiste ou DVG.

Notes

[1] Antoine Vielliard, que je citais ce matin, s'y ajouterait, mais il ne figure pas dans cette liste partielle.

Un blogueur MoDem élu, vraiment ? Eh oui !

"Le blogueur Antoine Vielliard élu conseiller général"

Ce n'est pas vraiment facile de battre un élu sortant, de surcroît ancien maire de Collonge-sous-Salève. C'est l'exploit qu'a réussi ce dimanche le centriste tendance Bayrou Antoine Vielliard. Il a été élu conseiller général du canton de Saint-Julien. Né à Chêne-Bougeries d'une famille française, conseiller municipal de l'opposition à Saint-Julien et employé dans une des plus grosses multinationales de Genève, Antoine Vielliard s'est fait connaître de ce côté-ci de la frontière grâce à son blog et à son analyse sans concession du développement du Grand Genève[1].

Selon la revue du web de la Tribune de Genève.

France 3 :

Saint-Julien-en-Genevois : Un MoDem entre au conseil

Le conseiller général de Saint-Julien-en-Genevois sera désormais MoDem. Antoine Vielliard est élu avec 53,29% des suffrages contre 46,71% pour le Divers Droite Georges Etallaz. Ce dernier était conseiller général depuis 1998 et briguait là son 3ème mandat. Au premier tour, l'UMP avait décidé de présenter un candidat face à lui. Malgré tout Georges Etallaz avait passé le premier tour en tête mais cela ne lui aura pas suffi. Le nouveau conseiller général, Antoine Vielliard est lui connu pour son rôle d'opposant au conseil municipal de Saint-Julien.

Le blog d'Antoine est ici.

Notes

[1] Voir sur ce sujet la réaction de Philippe Souaille, suivie d'un commentaire d'Antoine.

Argenteuil, au centre… de la "France de droite"

Toute la France politique vire à l'anti-UMPisme : le Front National a fait un grand pas vers la lepénisation des esprits ; la gauche, sans la moindre vague d'intérêt en sa faveur, augmente encore son quasi-monopole sur les collectivités locales françaises ; les Verts poursuivent leur minivague en doublant leurs nombres d'élus comme de voix ; le MoDem triple carrément, dit-il, son nombre d'élus ; la droite sombre dans le ridicule et la division.

Toute ? Non. L'UMP gagne un département, le nôtre, le Val d'Oise.

Pourtant, des succès PS vers Auvers et Herblay-la Frette avaient compensé la reprise, par la droite, de deux villes de la vallée de Montmorency où elle était largement favorite, Sannois et Franconville.

Mais, selon voNews, "c’est à Argenteuil que s’est jouée la couleur politique du Conseil général du Val-d’Oise" : l'UMP y a gagné "les deux cantons..., qui avaient pourtant voté 60 % à gauche aux dernières régionales", ainsi qu'aux cantonales de 2004 : l'UMP y progresse ainsi d'environ 12 points par rapport au précédent scrutin !

Chez nous, le Front National a peut-être fait un pas vers la lepénisation des esprits, mais ne s'est pas qualifié pour le second tour, et pourtant les électeurs sont revenus voter aussi nombreux ; la gauche, malgré tout le barouf qu'elle a fait, a perdu en 18 mois (automne 2009 et printemps 2011) la totalité des 3 cantons ; les Verts, qui avaient rallié le PS au niveau départemental en échange du canton jugé acquis d'Argenteuil-Nord, repartent bredouilles et divisés ; le MoDem est passé très loin de tous les seconds tours et restera absent du Conseil Général ; le trio aux commandes de la municipalité UMP précédente est maintenant un trio de conseillers généraux qui affichent avec fierté leur unité.

Nul doute : tous les états-majors vont maintenant nous envoyer leurs drones pour comprendre le phénomène : comment "le canton jugé le plus à gauche du Val-d’Oise", selon voNews, a-t-il pu élire un UMP — et un UMP très à droite, de peine de mort en Malodore — "avec 54 %" des suffrages ?

De bons éléments d'explication dans voNews toujours :

« Ce qui pèse sur Argenteuil, à gauche, ce sont les augmentations d’impôts » - Dominique Lefebvre, premier secrétaire fédéral du PS 95. (J'ajouterais : et le fait qu'elles aient lourdement trahi l'engagement du candidat PS devenu Maire).

« Le maire a tout fait pour démobiliser la gauche. Quand on retire des délégations au groupe municipal communiste, quand on ne respecte pas sa majorité, on peut avoir des situations de ce type ». Jean-Michel Ruiz, secrétaire départemental du PCF. (J'ajouterais : et surtout, quand on ne respecte pas son opposition, cela nourrit les rancunes et la mobilisation contre vous).

« La gauche paye au prix très fort ses divisions, ses rivalités stériles … Empêtrés dans nos querelles locales, nous n’avons pas réussi à mobiliser notre base » - Didier Arnal, président sortant PS du Conseil général. (Oui, mais à qui la faute si ça fait 20 ans que la gauche argenteuillaise s'auto-détruit et que la ville en fait les frais ?).

« Nous nous sommes concentrés sur les enjeux locaux quand le PS faisait campagne sur des thèmes nationaux » - Arnaud Bazin, président du groupe UVO, probable futur président du Conseil général.

Enjeu local ? On pourrait même dire revendication localiste, dans le canton Nord : toute la campagne de son candidat Georges Mothron était axée sur le "parachutage" de son adversaire Michel Vampouille, réputé venir d'Auvers-sur-Oise[1]. L'argument avait déjà réussi à Georges Mothron en 2007, contre le "Parisien" Faouzi Lamdaoui aux législatives. Et une rumeur similaire a couru le canton Ouest, soupçonnant le candidat PS d'habiter à plusieurs kilomètres de chez nous.

"Argenteuil aux Argenteuillais" : voilà un axe de campagne que je propose gratuitement aux états-majors de l'UMP et autres partis intéressés !

Mais attention, ça risque de ne pas suffire : les candidats battus à plate couture au premier tour dans les deux cantons étaient tous bien Argenteuillais à ma connaissance[2] ; et les inconnus du FN n'ont pas eu besoin de la moindre implantation pour rassembler 17 et 18% des suffrages.

Notes

[1] à 19 kilomètres de chez nous

[2] dont bien sûr les quatre candidats MoDem ; et sauf bien sûr l'inénarrable multi-candidat multi-élections, UMP-écologiste, Fabrice David.

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