Argenteuillais démocrate… sans frontière

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Tag - Démocratie-Libertés

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mardi 3 octobre 2017

Ciutadans de Catalunya

"Droit à l'autodétermination des peuples" : quelqu'un doute que les Catalans soient un peuple ?

Ce petit tweet a suscité parmi mes amis — seulement sur Facebook, pas sur twitter — un débat vif entre pro- et anti-indépendance de la Catalogne, ou plus généralement, de régions faisant partie d'un État.

Je connais fort peu la Catalogne, et n'ai aucune raison d'être pour ou contre son indépendance.

En revanche il me semble que c'est un choix qui revient aux Catalans. Je suis donc tout à fait d'accord avec la position d'Albert Rivera qui appelle le premier Ministre espagnol Mariano Rajoy à permettre un vote dans le respect de la constitution.

Albert Rivera dirige le parti Ciudadanos (Citoyens), lui-même issu de l'association catalane anti-indépendantiste Ciutadans de Catalunya, qui, selon wikipedia, considère un « pays formé par des citoyens et non par des territoires ».

Nous voilà ramenés au pacte fondateur de la démocratie. Ce sont des gens qui nouent ce pacte et sont liés par lui.

Alors que l'État est un être territorial. Le gouvernement, sa police et son armée pourraient être des algorithmes et des robots, que ce serait encore un État.

Le choix essentiel qui revient soudainement devant nous — sur nos écrans de télévision — est là. À quoi sommes-nous le plus attachés ? Aux frontières, au contrôle du territoire ? Ou aux peuples, aux citoyens qui choisissent de partager leur souveraineté individuelle pour avoir plus de pouvoir ensemble, pour faire vivre une démocratie ?

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jeudi 14 juillet 2016

Brexit et vérité en politique

Un ami-Facebook relaie ce billet de Big Browser sur le Brexit comme « premier vote majeur dans l’ère de la politique post-vérité » (The Guardian), 'un monde où l’idéologie l’emporte sur la réalité' (Le Monde).

Le statut de la vérité en politique est un sujet passionnant pour une personne de formation scientifique comme votre serviteur[1].

Le leader de l'opposition argenteuillaise, quand il répond aux arguments de la Municipalité, utilise souvent la formule : "ce sera vérité(s) contre vérité(s)". Si c'est au singulier, ça me donne une impression étrange. Si c'est au pluriel, j'approuve complètement : il est bon d'opposer les faits aux faits, de ne pas laisser le champ libre à des demi-vérités, matériau de base du complotisme — qui est une idéologie officielle à Argenteuil[2]. Les partisans des faits sont minoritaires. Il n'y a guère de groupe social partisan des faits. Ceux-ci sont réputés pouvoir se défendre tous seuls. Voire, exercer une quasi-dictature (proche du politiquement correct) contre laquelle les rumeurs à deux balles seraient une forme de résistance salutaire.

Les réseaux sociaux — concrètement Facebook — sont le lieu de cette nouvelle forme de discussion politique, où les rumeurs infectes, les injures personnelles, les montages méprisants, prospèrent d'autant plus facilement qu'ils circulent seulement entre amis, c'est-à-dire, apparemment, entre ennemis des personnes visées.

La contradiction, le rappel des faits, sont plus difficiles, me semble-t-il, qu'en public ou même qu'en privé face à face. La dynamique de (petit) groupe isole de la société. N'entendre que son propre son de cloche, celui de ses amis, rend moins réceptif à la différence, à la nouveauté, au changement d'avis.

Ce mode d'auto-intoxication rejoint peut-être celui des années 50 ou 60, avant la télé, quand chacun(e) était informé(e) par son milieu social ; et à l'époque, chaque milieu votait de façon assez homogène.

Certes, il y avait la radio, mais avec quelles limites ! Sous la IVème République, De Gaulle, opposant à l'ensemble des partis au pouvoir, n'avait pas accès à la radio.

Encore dans les années 70, la vérité restait très peu populaire. L'opposition (la gauche) en particulier charriait des bobards monumentaux. Relire le pamphlet de Plantu et Bernard Cassen, "La démocratie ? Parlons-en ?" (1979) — tas d'énormités qu'on ne laisserait pas passer aujourd'hui même à LO ou au FN.

Mais la parution des livres de Soljenitsyne, Une journée d'Ivan Denissovich et L'Archipel du Goulag (1973 en France) a sapé le discours des communistes, qui ne s'en est jamais relevé. Elle a alerté les citoyens sur le danger (criminel en l'occurrence) que constituent des constructions intellectuelles certes cohérentes, mais contraires aux réalités de la vie humaine quotidienne.

J'espère un mouvement équivalent en 2016 ou 2017. Un mouvement de retour à la vraie vie, aux faits. Pas seulement les chiffres macro-économiques des grandes institutions. Pas seulement non plus les images de télé sur des voitures brûlées quelque part en France. La vie réelle, en couple, en famille, au travail, en ville ou au village — celle dont la politique a la charge.

Notes

[1] Comme bien sûr pour un littéraire comme François Bayrou qui lui consacra un essai. C'était aussi un sujet de philo au bac en 2015, voir sur youtube la réaction de Frédéric Lefebvre contre "les faux-semblants".

[2] Pour les non-Argenteuillais : le débat politique argenteuillais tourne depuis huit à douze ans ans autour de la question de savoir si un étranger (à notre ville), l'actuel député, et ancien Maire et conseiller général, est l'orchestrateur maléfique de la dégradation, de la faillite, de la saleté et de la mauvaise réputation d'Argenteuil. Sans rire. "Maléfique" est une citation.

dimanche 24 janvier 2016

Réserviste citoyen trop réserviste (réponse ouverte à Mme Vallaud-Belkacem)

Le 5 janvier dernier, j'ai reçu de "Najat Vallaud-Belkacem <information-ministre@education.gouv.fr>" le mail suivant :

Mesdames, Messieurs, chers réservistes de l’éducation nationale,

L’année 2015 restera longtemps gravée dans nos mémoires. Elle fut marquée par le terrorisme qui a frappé notre pays avec la volonté de semer la terreur, de nous diviser, de nous faire douter de notre mode de vie et de nos valeurs.

C’est conscients de cette menace et avec la volonté de faire front, en appui de l’école de la République et de ceux qui la font vivre, que vous avez répondu présents pour intégrer la Réserve citoyenne de l’éducation nationale. Votre engagement est, pour l’institution dont j’ai la responsabilité, une grande marque de confiance et je vous en remercie.

2015 fut un temps de rencontre avec les réservistes, d’organisation mais aussi d’intervention déjà pour certains d’entre vous. Je connais votre impatience pour échanger avec les enseignants et voir avec eux comment apporter plus et mieux aux élèves au travers de vos expériences et de vos témoignages. Ils sont autant d’occasions pour les enseignants d’enrichir les apprentissages et de faire vivre les valeurs de la République à l’école.

Nous avons appris de vos échanges avec les académies et vos premiers témoignages nous ont permis de mesurer mieux vos attentes. Dès ce mois, nous renforcerons l’information vers les enseignants et les référents académiques travaillent déjà avec les établissements pour favoriser des temps d’échange entre vous et les équipes éducatives et proposer des temps de formation.

2016 sera l’occasion de multiplier vos interventions et notre action collective. Une action pour les élèves, pour les valeurs de la République et pour renforcer la cohésion sociale.

Je vous remercie, une fois encore, pour votre engagement passé et à venir au service de l’école et au service de tous les enfants de France. Je tiens également à vous souhaiter ainsi qu’à vos proches une excellente année 2016.

Vive l’Ecole. Vive la République. Et vive la France !

Najat Vallaud-Belkacem Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Je lui ai répondu ce 24 janvier :

Madame la Ministre,

Merci pour vos bons voeux.

Effectivement, comme bien d’autres Français, j’ai été enchanté de pouvoir répondre à l’appel des autorités nationales (le 29 mai 2015).

J’ai malheureusement manqué l’unique réunion d’information départementale, qui s’est tenue peu après les derniers attentats (mais mon absence était sans lien). (C'était le 16 novembre dernier à 18h à la Préfecture, Cergy ; j'avais reçu un mail d'invitation le 10 novembre, mais ne pouvais me libérer pour le 16).

À ce jour aucune école ne m’a contacté, et je crois comprendre, à la lecture du site web, que tous les acteurs se demandent encore à quoi ce « dispositif » est censé servir, de façon précise et mesurable (en-deça des grandes valeurs qui nous animent), et comment il pourrait atteindre ses objectifs.

À la sombre lumière des attentats de novembre, j’espère que le Ministère et ses partenaires pourront redessiner ce projet, en faire un moteur performant pour l’éducation civique des enfants, adolescents, jeunes.

Espérant vous croiser, pourquoi pas, à l’AG (…[1]), et vous souhaitant en tout cas une excellente année 2016,

Notes

[1] D'une association de laquelle la Ministre et moi-même sommes membres

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