Argenteuillais démocrate… sans frontière

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Tag - Finances publiques-Fisc

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dimanche 29 décembre 2013

Le redressement national que nous avons espéré — et son absence encore

Il y a quinze mois, j'avais publié sur plusieurs supports un article titré :

"Oui, le redressement annoncé par François Hollande serait historique".

Il est temps de le mettre à jour. Voici ce que j'écrivais :

François Hollande a annoncé un "agenda 2014" conduisant à réduire le déficit public à 3 % du PIB d'ici fin 2013, malgré un taux de croissance en berne à 0,8 % environ. (…) Le redressement auquel le gouvernement s'engage n'a été réalisé, contrairement à l'allusion du président de la République à Laurent Fabius, que par le gouvernement De Gaulle de 1958.

Le gouvernement Juppé de 1995 relève la TVA de deux points et améliore le solde public de 1,8 point en 1 an. De 2,6 points, au total, en 2 ans ; malgré une conjoncture médiocre. C'est presque autant que les objectifs annoncés par François Hollande.

Le gouvernement Barre a amélioré les comptes de 1,8 points en 5 ans, obtenant même un excédent, en plein "second choc pétrolier". Cet héritage allait être rapidement liquidé par ses successeurs.

Mais pour trouver un redressement aussi spectaculaire que celui annoncé par François Hollande, il faut remonter au gouvernement "d'union nationale" présidé par De Gaulle en 1958, et au plan Pinay-Rueff, que mit ensuite en œuvre le premier gouvernement Debré. Un excédent primaire a été obtenu en une seule année, le solde progressant de 2,4 points entre 1957 et 1958, malgré une chute brutale de la croissance. Sur les deux années 1958-1959, la progression est de 2,9 points, équivalant à 58 milliards d'aujourd'hui.

François Hollande parle d'effort le plus important "depuis 30 ans" : il peut doubler ce chiffre. Si le gouvernement tient ses engagements, il aura bien gagné le qualificatif d'"historique".

Il s'agit donc de mesurer si les finances publiques se redressent ''compte tenu de la situation économique générale" mesurée par le taux de croissance. Ce qui peut se faire avec le graphique suivant :

  • la courbe du haut donne le taux de croissance par habitant ;
  • la courbe du bas, le solde public (plus c'est bas, plus c'est un déficit).

finances_publiques.png

Un élargissement brutal de l'espace entre les deux courbes traduit une dégradation désastreuse des finances publiques, comme sous les gouvernements Bérégovoy, Balladur ou Fillon (barre verticales noires).

Un resserrement soudain des deux courbes indique un redressement : c’est le cas des gouvernements Barre, Juppé, et De Gaulle, barres verticales vertes sur le graphique.

Les annonces de François Hollande auraient produit, si elles s'étaient réalisées, les résultats en rose clair à droite du graphique, soit un redressement digne de celui réalisé en 1958.

La croissance en 2012 a bien été au niveau prévu, mais les finances non. Pour 2013, si les prévisions actuelles du gouvernement (en fuchsia) se réalisent…, il y aura un redressement, mais bien faible. Loin de ce qu'avait réalisé le gouvernement De Gaulle, et loin des annonces de 2012. Espérons qu'au moins il se concrétise.


Lire aussi le billet d'Alain Lambert, ancien ministre du Budget : "Finances : des promesses fallacieuses aux tristes réalités !"

mardi 8 octobre 2013

Beaucoup de dettes bleues peuvent en cacher une rouge

Le Journal du Net publie une carte de l'endettement des communes. Très bonne initiative, mais quelques villes franciliennes sont bien cachées par l'infographie !

dette_franciliennes_jdn.jpg

Cherchons Argenteuil dans les tableaux qui suivent la carte : parmi les 415 communes de plus de 20000 habitants, Argenteuil est celle qui porte la 16ème plus lourde dette, avec 227 millions d'euros. Cependant, il est normal qu'en montant total, notre dette soit plus lourde que celle de Bezons ou de Sannois — ce qui compte, c'est la dette par habitant. Et Argenteuil ne figure pas au "flop 20" sur ce critère : celui-ci va de Levallois-Perret, ville la plus endettée de France, à Aubervilliers, 2198 euros par habitant.

Pour trouver le poids de la dette par Argenteuillais, il faut décidément chercher sur la carte, quelque part derrière toutes les communes "bleues" à moins de 1000 euros, et "orange" à moins de 2000 euros…

Tiens, un bout de rouge qui dépasse. À 29 euros du flop 20. La relégation dans cette "Ligue zéro" est décidément à craindre :-(

dette_Argenteuil_JDN.jpg

(NB : il s'agit uniquement des dettes communales. Celle des agglomérations — notamment celle de l'ex-CAAB, qui pèse aux quatre-cinquièmes sur les Argenteuillais — n'est pas prise en compte).

dimanche 21 juillet 2013

Le pédalo s'enfonce, le capitaine pédale sur place

La longue séquence des pétards mouillés du "changement"… continue.

Le peu d'argent déplacé des placements financiers vers le logement social, vient de retourner dans les caisses des établissements financiers.

Vous vous rappelez la promesse "sociale" consistant à doubler le plafond du livret A ?

Évidemment, elle ne pouvait servir qu'aux ménages assez riches pour avoir atteint le plafond de leurs livrets A ; mais bon, c'était censé se justifier par les besoins du logement social, puisque les placements du livret financent la construction de logements sociaux. À part, depuis 2009 (merci l'UMP) 30% laissés dans les caisses des banques qui commercialisent ces livrets.

Évidemment, ce n'est pas vraiment le manque de fonds qui freine la construction, puisque les caisses de nombreux organismes HLM sont archi-pleines, sans qu'ils ne prennent la peine de construire[1]. Mais bon, on pouvait imaginer que plus d'argent irait avec plus de pression gouvernementale pour utiliser cet argent.

Évidemment, la promesse n'avait été tenue qu'à moitié, le plafond avait été relevé de 56% au lieu d'être doublé.

Mais ce genre d'eau tiède, on y est habitué depuis le chiraco-raffarinisme.

Et ça faisait tout de même 33 milliards qui avaient été déplacés d'autres placements vers le livret A. Dont les banques allaient garder 35%, et 65% allaient à la Caisse des dépôts pour le logement social, soit 22 milliards (et 15 milliards pour le LDD, destiné à des prêts aux entreprises).

Eh bien… non !

La Caisse des Dépôts va rendre aux banques 5% de la collecte du livret A et du LDD, ce qui représenterait 30 milliards qui feront le trajet inverse.

Non, bravo, là, bravo.

Et au passage : faut-il vraiment être FN pour se rendre compte que UMP puis PS, c'est la continuité dans la continuité ?

Notes

[1] D'où le charmant surnom de "dodus dormants". Notre organisme local AB Habitat est, au contraire, bien endetté, et vend son parc de Montigny-les-Cormeilles pour se renflouer.

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