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Tag - Finances publiques-Fisc

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samedi 15 octobre 2016

"Les Présidents n'ont plus aucune indépendance" — Jean Lassalle sur Fr3

Fr3 : Il est candidat à la présidentielle, il est incassable… inclassable sur l'échiquier politique. Jean Lassalle, vous êtes maire de Lourdios-Ichère, et président de l'Association des Populations des Montagnes du Monde ; on connaît votre franc-parler… Quel est votre sentiment sur le débat politique actuel ?

Jean Lassalle : Nous ne disons rien. Parce que nous n'avons rien à dire : nous n'avons plus de pouvoir. Nous évoluons dans un théâtre d'ombres. Je n'ai pas pu le supporter davantage. J'ai décidé une approche différente.

Je sors un ouvrage à la fin de la semaine prochaine, Un berger à l'Elysée, qui va expliquer toute ma démarche (Fnac, Decitre, Mollat).

(Je vais) multiplier les rencontres, et surtout inciter mes collègues-concurrents à dire la vérité aux Français, ce que nous ne faisons plus depuis 30 ans.

Fr3 : Les primaires de droite, qu'en attendez-vous ?

JL : Rien du tout, sauf que ça coûte très cher, j'écoutais ce matin les présentation, on a préparé ça aux rayons laser… Quel luxe pour ne rien dire !

Et puis je suis effaré devant le manque d'ampleur des candidats. Est-ce que vous imaginez le général De Gaulle ou François Mitterrand acceptant cette pantomime ?

On enlève du pouvoir du peuple. Alors que 50% des Français ne votent plus, dimanche après dimanche.

Fr3 : Quelle est votre stratégie pour rendre ce pouvoir au peuple ?

JL : Lui dire tout simplement où nous en sommes. Les accords européens et internationaux que nous avons signés au cours des 30 dernières années, à quoi nous engagent-ils ? D'où vient cette dette : est-elle entièrement légitime ? Par exemple !

Fr3 : Vous avez créé votre mouvement politique, Résistons ! Avez-vous les financements nécessaires pur aller au bout de cette campagne ?

JL : Ils vont venir, parce qu'il y a une telle attente dans notre pays de sortir des partis tout puissants.

Vous avez vu les moyens financiers : on va payer des campagnes qui vont coûter 30 millions d'euros… ensuite on est obligé de découvrir les scandales que cela suscite…

Les Présidents n'ont plus aucune indépendance, ils sont tous liés aux grands groupes internationaux.

Je pense que si j'explique aux Français, si je touche le coeur, ils me donneront les moyens d'aller au bout.


Jean Lassalle invité du 19-20

mardi 9 février 2016

M. Cahuzac et l'absence de symbole

Une infraction même répandue devient plus préoccupante quand elle est le fait des forces de l'ordre qui se chargent de la réprimer.

Donc, l'attention particulière à la fraude prêtée à M. Cahuzac, et reconnue par lui, est très compréhensible : M. Cahuzac était un des premiers responsables de la lutte contre la fraude fiscale, comme président de la Commission des Finances, auteur d'un amendement anti-exilés fiscaux, puis ministre du Budget.

Donc, le double jeu de M. Cahuzac fait douter (euphémisme) de la capacité ou de la volonté du Parlement comme du gouvernement à faire respecter l'égalité devant l'impôt.

Un peu de la même façon (mais c'est peu médiatisé), après avoir écrit un excellent article de revue expliquant comment les laboratoires bernaient aisément la puissance publique, il s'était mis au service des laboratoires. C'est inquiétant (euphémisme) pour notre système de santé.

Accessoirement, c'était la seule personne du gouvernement à avoir une carrière dans le privé. Il en reste zéro[1], ce qui suggère que MM. Hollande et Valls sont incapables de trouver une personne ayant gagné de l'argent dans sa vie, et capable de prendre le risque des vérifications de patrimoine. Si, tout de même un, Emmanuel Macron. C'est inquiétant (euphémisme) pour l'ensemble de la "classe économique".

Certains parlent de M. Cahuzac ou de sa chute comme d'un symbole.

Au contraire, le symbole, il manque : il manque aujourd'hui tout symbole d'une lutte déterminée contre la fraude, l'exil fiscal, les paradis fiscaux, toute cette gangrène de l'économie réelle.

Notes

[1] À ma connaissance.

lundi 19 octobre 2015

Le progrès social : vers quel modèle social ?

Effarante interview de M. Martinez, secrétaire général de la CGT, ce matin sur France Inter.

Il faisait bien deux ou trois rappels utiles — celui de l'explosion des dividendes, bien supérieure à la hausse des salaires, et pour cause. Les profiteurs de la crise ne sont certainement pas, dans l'ensemble, les salariés.

Mais que de langue de bois, que d'échappatoires devant les questions sérieuses — à propos, les dividendes d'Air France ou les bénéfices de la SNCF, où sont-ils ? Ces entreprises sont des tonneaux des Danaïdes.

En 1982, assistant dans mon école à une conférence d'un représentant du PCF, je lui avais posé la bête question "comment votre programme prévoit-il de payer toutes les dépenses qui y figurent ?". Il avait répondu à côté. Mes velléités éventuelles de communisme n'y avaient pas survécu ;-)

Pour moi, revendiquer en faisant l'impasse sur les conditions auxquelles ces revendications pourraient être satisfaites — les excédents, la production, la compétitivité… — c'est creux, et si ça marchait encore en 1981, ça fait aujourd'hui un bide mérité.

Oui, je veux le progrès social, pas la régression… je pense qu'on est nombreux dans ce cas ;-)

Oui, je suis inquiet devant la désagrégation du droit du travail, de la Sécurité sociale, de l'assurance chômage

Mais qu'est-ce qui les désagrège ? Un grand complot social-libéral, ou la faillite des systèmes actuels ? La technocratie bruxelloise, ou la révolution numérique ? Les décisions politiques, ou la paralysie des décideurs ?

Les décideurs sont dépassés par la révolution numérique, donc incapables d'éviter la faillite.

Alors, de la CGT au gouvernement et au grand patronat, ils essayent de sauver les apparences, les structures, d'ailleurs très rémunératrices pour les "partenaires sociaux", et après eux le déluge. Ils protègent les groupes qui ont de l'influence, les taxis, les agrégés, les salariés de quelques grandes entreprises publiques, les banquiers, les journalistes… après quoi les caisses sont vides, et la grande majorité des autres doit, dans le meilleur des cas, travailler plus pour payer plus. Voire travailler moins, ou pas du tout.

Pour moi, contrairement à M. Martinez, "progrès social" c'est différent de "maintien des privilèges de quelques petites corporations aux frais de la majorité".

Pour moi, la définition du progrès social, c'est l'abolition des privilèges. C'est l'égalité des droits et des devoirs.

Par exemple, une retraite universelle. Une couverture maladie universelle. Une assurance perte d'emploi universelle.

Devant la désagrégation du système social français, il y a au moins trois politiques possibles : la politique de l'autruche, choisie par M. Martinez ; celle de la casse, rêvée par les libéraux ; celle de la reconstruction.

Reconstruisons, comme cela a été fait en 1944-48, un système social plus fort, plus solidaire, plus efficace, adapté au monde et aux technologies d'aujourd'hui. Recréons un "modèle social".


Billet inspiré par cette interview de M. Martinez et par un tweet de @Jules_Praxis.

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