Argenteuillais démocrate… sans frontière

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dimanche 13 mars 2016

2006-2016 ou 2007-2017, de l'échec du MoDem à un nouvel espoir démocrate

Un ami et ami-Facebook, MoDem fervent, écrit que

Le "parti" MoDem devait, pouvait se développer. Mais il y a eu tant de défaillances — dans le Val d'Oise, Frédéric en sait quelque chose —, d'absences, de décisions prises appparement par la seule Marielle de Sarnez que nous n'avons pas percé quand nous avions un boulevard. Tant de mauvais choix lors des différentes élections ! Il y eut de graves erreurs stratégiques. Celles de faire alliance, ce qui ne pouvait aboutir à rien, avec l'UDI, puis de se ranger derrière Alain Juppé "a priori", en sont deux.

Je partage souvent les opinions de cet ami, mais pas tout à fait celle-ci ; du moins, elle me donne l'occasion de préciser mon point de vue… et mon itinéraire.

Tout d'abord, je n'accablerais certainement pas Marielle de Sarnez, et je doute que nous ayons eu "un boulevard" à aucun moment. En tout cas, quand la vague de soutien que François Bayrou a suscitée à partir de début janvier 2007 s'est cassée début mars (ces choses-là vont vite même si leur écho dure), l'unique responsable, et c'est vraiment une décision qu'il a prise seule, c'est Nicolas Sarkozy et son "Ministère de l'Identité Nationale". Et les sous-responsables éventuels, ce sont les équipes de la campagne François Bayrou, dont moi-même, qui n'ont pas su trouver une réponse au même niveau de force.

Après cela, 2ème coup de génie de Nicolas Sarkozy (également une idée à lui personnellement, jusqu'à information contraire), avoir demandé à Hervé Morin de créer une mini-UDF (le PSLE puis Nouveau Centre) pour siphonner les élus bayrouistes. Résultat, une campagne législative parfaitement atone, 7 ou 8% des voix pour le MoDem, 3 élus soit 0,5% de l'Assemblée.

Après cela, le MoDem naît tout de même malgré les avertissements de Jean-Louis Bourlanges. 4 ou 5000 congressistes fondateurs, 60000 adhérents c'était un élan inégalé dans l'histoire française récente, mais c'était trop peu pour gagner les municipales qui arrivaient quelques mois plus tard. Devant cette situation, François Bayrou dès le Forum de Seignosse en septembre 2007 choisit de ménager la chèvre et le chou, d'essayer de garder ensemble les grenouilles centristes… Mais sans victoires électorales, quel parti peut tenir ? (sinon les extrémistes genre LO ?).

Le Val d'Oise, où nous n'avions aucune position forte à part la ville de Louvres, était un cas exemplaire de désagrégation progressive du Mouvement, malgré les bonnes volontés et l'investissement successif de nombreuses personnes de talents complémentaires.

Il nous aurait fallu des alliés. Mais lesquels ? EELV ne voulait pas, les personnalités de la société civile proches de nous (Eva Joly…) n'ont pas été convaincues par le peu de potentiel électoral qui nous restait,…

Enfin l'alliance avec l'UDI pour créer L'Alternative était un choix un peu forcé mais raisonnable, car les objectifs et la ligne politique de Jean-Louis Borloo étaient tout à fait proches des nôtres. Mais l'UDI est vite retombée dans le petit jeu de "je titille la droite juste le temps d'attirer son attention et de décrocher un strapontin", j'ignore si c'est la cause ou la conséquence du départ de Jean-Louis Borloo…

À l'arrivée, aux Municipales 2014, et peut-être pour obtenir quelques sièges de conseillers de Paris (quel autre résultat sinon ?), le Modem choisit de soutenir la droite dans toutes les grandes villes d'Ile-de-France, et la gauche dans aucune grande ville de France. Cela contredisait évidemment la notion même de "centre". Pour les militants engagés au centre, c'était la fin… ou le devoir d'assumer eux-mêmes le combat au centre sans plus compter sur l'étiquette MoDem.

Jean Lassalle fait aujourd'hui ce même pas. Bravo. On a besoin de personnes engagées pour porter dans le débat national nos idéaux, nos valeurs, notre proposition politique, appelez ça comme vous voulez. Les autres partis le font bien. Seuls ceux qui n'essayent pas sont sûrs d'échouer.

mercredi 2 mars 2016

Pour une campagne démocrate — courage, Jean !

Ça y est, Jean Lassalle tire les conséquences de ses mois de marche à la rencontre des Françaises et des Français, et envisage de marcher sur l'Élysée.

J'en suis très heureux. Pour le peu que je connais de lui — c'est vrai — c'est l'une des personnalités politiques les plus solides, les plus marchantes — zut, c'est le mot stupide qui m'est venu à l'esprit — les plus trempées — stupide aussi, tant pis.

Je suis certain que Jean, Président, resterait absolument indemne de cette paralysie parisienne, de cette anesthésie par les lobbies, qui ont mis la République sur le flanc depuis trente ans.

Bien sûr, il lui faudra comme à tout chef d'État un gouvernement, une majorité, et déjà pour faire campagne, une équipe. Je crois qu'il sait choisir les gens (la preuve, il ne m'a jamais rappelé ;-) ) et, plus important encore, il sait voir le meilleur côté de chaque personne pour l'inciter à apporter la contribution la plus utile au travail commun.

Bref, je crois que face à Jean Lassalle, et à la marche des citoyens qui l'ont accompagné au moins en pensée hier et qui l'accompagneraient demain, le fantôme hideux du nationalisme peut se désagréger, et la génération perdue du PS et de l'UMP, disparaître des mémoires.

Ou en d'autres mots : Jean Lassalle, à cause de tout ce qu'il a investi et risqué, peut réussir la révolution démocrate.


Et cela me fait de la peine de voir que ce chemin s'est fait à part de celui de son ami de toujours, François Bayrou. Dans la République des Pyrénées, Jean reconnaît qu'il a

« quelque chose à lui dire : je dois discuter avec François Bayrou depuis longtemps. C'est lui qui me le demande. C’est ma faute si je ne l’ai pas encore fait ».

Dans Le Figaro, François sort les barrières :

« Je ne laisserai pas un millimètre à la polémique ni à aucune division. Jean Lassalle s'oppose à l'entente que nous recherchons avec Alain Juppé. Pour moi, au contraire, » etc.

Et voilà un sujet qui fera parler les journalistes politiques : une brouille entre deux des dernières fortes personnalités du Mouvement Démocrate. Vous savez, la cabine téléphonique.


C'est vrai, et ça me fait de la peine. Le MoDem, en tant que parti, a dû avaler tellement de chapeaux… Jusqu'à soutenir, pour la présidence de la "grande Aquitaine", une ancienne dirigeante d'Endemol, plutôt que de reconduire Jean Lassalle, le seul de ses candidats à avoir brillamment réussi sa campagne 2010.

Alors, peut-être la montée à Paris de Jean Lassalle n'ira-t-elle pas si loin. Peut-être les démocrates, écologistes, progressistes, libéraux, républicains,… de ce pays feront-ils une allergie au gréviste de la faim. Peut-être sa voix, son coeur, son engagement, resteront-ils sans écho parmi les Français. Peut-être devrons-nous nous contenter de la candidature raisonnable d'un Alain Juppé, mûri par les ans et par les neiges du Québec. Peut-être François a-t-il fait le choix de la raison.

Mais ce que j'espère pour 2017, ce qui changerait les choses, ce qui remettrait la France en marche, cela ressemble plutôt à : vas-y, Jean !

lundi 17 novembre 2014

MoDem : 5 ans après, l'ex-"chevalier orange" signe

Engagé dans les débuts du Mouvement Démocrate (et un peu précurseur) j'ai connu, de plus ou moins loin, plusieurs des personnes qui, venant d'autres sphères associatives ou entrepreneuriales, se sont engagées avec enthousiasme dans cette construction politique.

Plusieurs, vite déçues par son échec et/ou par le quotidien de la militance politique (c'est difficile à démêler), se sont ensuite retournées contre le MoDem, contre François Bayrou, contre Marielle de Sarnez, etc., avec une violence verbale qui m'a stupéfié.

C'était une leçon pour moi — de voir, par le comportement de personnes proches, à quel point la politique, même à un niveau bien modeste, peut s'emparer d'une personne, de ses sentiments, tordre ses émotions et son jugement.

L'une de ces personnes reconnaît aujourd'hui, quatre ou cinq ans après son départ, sa responsabilité dans l'écriture et la publication d'un blog particulièrement écoeurant, qui n'est plus en ligne, "chevallierorange.wordpress.com"[1]. Christophe Ginisty, professionnel de la communication "2.0" (réseaux sociaux), avait été candidat aux législatives pour le MoDem en 2007, et conseiller municipal d'Issy-les-Moulineaux. Il avait initié et piloté le lancement d'un site collaboratif pour les militants démocrates, le "Forum démocrate"[2], qui avait permis des discussions très riches sur le travail militant ; j'avais participé quelque temps au groupe de travail qu'il conduisait.

Voici mon commentaire sur son billet.


Bonjour Christophe, puisque tu es l'auteur des textes signés du "chevalier orange", je te félicite de le reconnaître publiquement, fût-ce bien tard.

J'imagine facilement que ce blog, et surtout la révélation de ta responsabilité dans sa publication, ont pu provoquer des dégâts dans ta vie professionnelle et/ou personnelle, dont je suis désolé pour toi.

Tu fais part, dans ce billet, de tes motivations de l'époque. Tu oublies de mentionner les injures publiques que ce blog contenait, les dégâts qu'il a causé dans la vie de différentes personnes, et la diffamation tout simplement (il est vrai que sur ce dernier point, ton blog signé en donne aussi des illustrations, comme quand Quitterie de Villepin a quitté le MoDem). Je crois avoir eu l'occasion d'en signaler des exemples en commentaires de billets du "chevalier orange" ce qui te donnait l'occasion de les corriger ou retirer de la publication ; en vain à l'époque. Je comprends bien que, étant donné ce contenu, tu respectes maintenant la loi en ne les publiant plus ; cela prive de la possibilité de vérifier.

Maintenant, avec le recul, tu as pu te rendre compte, en regardant un peu plus large, que le MoDem que tu dénonçais était, parmi les mouvements politiques nationaux, l'un des plus honnêtes avec ses militants, les plus ouverts, les moins étroitement partisans, les plus rigoureux dans sa gestion de l'argent public et des affaires publiques. (Qui peut citer mieux ? Je l'écris d'autant plus tranquillement que, en désaccord avec son alliance systématique actuelle avec la droite, j'en ai démissionné).

Alors comment peux-tu continuer à insulter tes anciennes victimes en les qualifiant de "rouages", "promoteur(s) de dérives" et "de fait, complices" ? Qui était, dans l'affaire, auteur de "dérives", sinon l'auteur du "Chevalier Orange" ?

Je doute, au final, que cette confession proche du plaidoyer pro domo, apporte l'apaisement aux victimes de tes billets orduriers, comme j'ai du mal à croire que leur écriture t'ait "apaisé" comme tu le dis ici.

Bref, un billet plus court mais disant quelque chose comme "j'ai fait une grosse c…" aurait sans doute été plus juste. Ce n'est que mon avis.


Quelques traces de cette histoire sur mon blog et ailleurs, sous la poussière des années :

L'atelier internet au "Forum des démocrates" de Seignosse, septembre 2007 (et un regret a posteriori)

"Internet pour toucher ceux qui ne l’ont pas : expérience de campagne législative", Christophe Ginisty en octobre 2007.

"Avec cette campagne, on est en train de libérer les esprits" — Christophe Ginisty en février 2008.

"Ma nuit démocrate, ma journée métisse" (élection d'Obama vue du siège du MoDem)

"Démocrate plein d'espoir" — "2 choses qui vous ont fait douter et 3 choses qui vous ont rendu fier d'être au MoDem" — 20 décembre 2008.

Le lancement du Forum démocrate, "média social pour changer le sens de la communication politique", février 2009.

"Un regard sur "Les Promoteurs" du MoDem", 18 juin 2009 — mouvement de contestation interne lancé par Christophe Ginisty, le débat a été assez vif, aussi sur ce billet.

"Bipolarité, quand tu nous tiens" - 23 août 2009

""L'organisation c'est le moteur de l'action"", mais le raisonnement déraille si on en déduit que le parti doit ressembler à une entreprise industrielle… : réflexion sur le rôle des militants, 10 octobre 2009.

"Blogohaine et histoire de Noël", 21 décembre 2009 (il y a eu trois commentaires sur ce billet : leurs auteurs, eux, sont restés au MoDem !)

"Je quitte le MoDem…", Sylvie Tiger, 10 janvier 2010

"Politiques autrement = politiques pour"[3], 26 janvier 2010.

"Nicolas Sarkozy n'est pas le problème", juste un de ceux qui ont créé le problème. Opinion sur les conditions pour entrer dans un gouvernement — 22 juin 2010.

Discussions sur et autour du "chevalier orange" et son identité : en commentaires de ce billet de l'Hérétique (novembre 2010), de ce billet de Christophe Ginisty sur le "off" en politique (novembre 2010),

Notes

[1] Je l'apprends via Isabelle Resplendino.

[2] Désormais désactivé et piraté ! Ne le suivez pas !

[3] Je précise le = a posteriori.

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