Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mercredi 24 août 2016

Face à 2017, deux choix au moins pour les Démocrates

Je vois sur Facebook, entre autres, les échanges d'amabilités… peu aimables… entre les derniers des Démocrates, dernier carré des bayrouistes d'un côté, petit cercle des lassalliens de l'autre.

Ce serait plus facile — et moins méritoire — de se comporter en bons camarades si nous étions dans un parti où abondent les suffrages et qui a le vent en poupe. La victoire attendue du FN réconcilierait même Marine et Jean-Marie.

Mais pourquoi se soupçonner, s'agresser, se faire la leçon ? La seule explication que je puisse trouver pour ces mesquineries entre Démocrates, c'est la peur partagée de disparaître tout à fait du champ politique.

Jointe, sans doute, à la conscience commune que nous sommes à un endroit important, un des endroits d'où devraient venir les solutions aux problèmes du pays.

Et entre les deux, un doute qui nous est commun, sur les façons de réussir :

  • faire campagne autour de Jean, alors que tout "l'établissement" lui fait le coup du mépris, et que les risques de marginalisation sont donc réels ?
  • ou rester immobiles autour de François, avec le vague espoir que primo Alain Juppé puisse créer assez de dynamique pour contrer d'abord Nicolas Sarkozy puis Marine Le Pen, et que deuzio ce pilier de la "première droite" s'avère, une fois élu, ouvert à des politiques démocrates ? ou faire de la politique du pire, espérer tirer notre épingle du jeu parce que Sarkozy battrait Juppé et qu'un 2ème tour Sarkozy-Le Pen effraierait plus de 33% des gens ?

Personne, à mon humble avis, n'est sûr d'avoir la stratégie gagnante.

Ce serait une bonne raison de se respecter les uns les autres :-)

dimanche 13 mars 2016

2006-2016 ou 2007-2017, de l'échec du MoDem à un nouvel espoir démocrate

Un ami et ami-Facebook, MoDem fervent, écrit que

Le "parti" MoDem devait, pouvait se développer. Mais il y a eu tant de défaillances — dans le Val d'Oise, Frédéric en sait quelque chose —, d'absences, de décisions prises appparement par la seule Marielle de Sarnez que nous n'avons pas percé quand nous avions un boulevard. Tant de mauvais choix lors des différentes élections ! Il y eut de graves erreurs stratégiques. Celles de faire alliance, ce qui ne pouvait aboutir à rien, avec l'UDI, puis de se ranger derrière Alain Juppé "a priori", en sont deux.

Je partage souvent les opinions de cet ami, mais pas tout à fait celle-ci ; du moins, elle me donne l'occasion de préciser mon point de vue… et mon itinéraire.

Tout d'abord, je n'accablerais certainement pas Marielle de Sarnez, et je doute que nous ayons eu "un boulevard" à aucun moment. En tout cas, quand la vague de soutien que François Bayrou a suscitée à partir de début janvier 2007 s'est cassée début mars (ces choses-là vont vite même si leur écho dure), l'unique responsable, et c'est vraiment une décision qu'il a prise seule, c'est Nicolas Sarkozy et son "Ministère de l'Identité Nationale". Et les sous-responsables éventuels, ce sont les équipes de la campagne François Bayrou, dont moi-même, qui n'ont pas su trouver une réponse au même niveau de force.

Après cela, 2ème coup de génie de Nicolas Sarkozy (également une idée à lui personnellement, jusqu'à information contraire), avoir demandé à Hervé Morin de créer une mini-UDF (le PSLE puis Nouveau Centre) pour siphonner les élus bayrouistes. Résultat, une campagne législative parfaitement atone, 7 ou 8% des voix pour le MoDem, 3 élus soit 0,5% de l'Assemblée.

Après cela, le MoDem naît tout de même malgré les avertissements de Jean-Louis Bourlanges. 4 ou 5000 congressistes fondateurs, 60000 adhérents c'était un élan inégalé dans l'histoire française récente, mais c'était trop peu pour gagner les municipales qui arrivaient quelques mois plus tard. Devant cette situation, François Bayrou dès le Forum de Seignosse en septembre 2007 choisit de ménager la chèvre et le chou, d'essayer de garder ensemble les grenouilles centristes… Mais sans victoires électorales, quel parti peut tenir ? (sinon les extrémistes genre LO ?).

Le Val d'Oise, où nous n'avions aucune position forte à part la ville de Louvres, était un cas exemplaire de désagrégation progressive du Mouvement, malgré les bonnes volontés et l'investissement successif de nombreuses personnes de talents complémentaires.

Il nous aurait fallu des alliés. Mais lesquels ? EELV ne voulait pas, les personnalités de la société civile proches de nous (Eva Joly…) n'ont pas été convaincues par le peu de potentiel électoral qui nous restait,…

Enfin l'alliance avec l'UDI pour créer L'Alternative était un choix un peu forcé mais raisonnable, car les objectifs et la ligne politique de Jean-Louis Borloo étaient tout à fait proches des nôtres. Mais l'UDI est vite retombée dans le petit jeu de "je titille la droite juste le temps d'attirer son attention et de décrocher un strapontin", j'ignore si c'est la cause ou la conséquence du départ de Jean-Louis Borloo…

À l'arrivée, aux Municipales 2014, et peut-être pour obtenir quelques sièges de conseillers de Paris (quel autre résultat sinon ?), le Modem choisit de soutenir la droite dans toutes les grandes villes d'Ile-de-France, et la gauche dans aucune grande ville de France. Cela contredisait évidemment la notion même de "centre". Pour les militants engagés au centre, c'était la fin… ou le devoir d'assumer eux-mêmes le combat au centre sans plus compter sur l'étiquette MoDem.

Jean Lassalle fait aujourd'hui ce même pas. Bravo. On a besoin de personnes engagées pour porter dans le débat national nos idéaux, nos valeurs, notre proposition politique, appelez ça comme vous voulez. Les autres partis le font bien. Seuls ceux qui n'essayent pas sont sûrs d'échouer.

mercredi 2 mars 2016

Pour une campagne démocrate — courage, Jean !

Ça y est, Jean Lassalle tire les conséquences de ses mois de marche à la rencontre des Françaises et des Français, et envisage de marcher sur l'Élysée.

J'en suis très heureux. Pour le peu que je connais de lui — c'est vrai — c'est l'une des personnalités politiques les plus solides, les plus marchantes — zut, c'est le mot stupide qui m'est venu à l'esprit — les plus trempées — stupide aussi, tant pis.

Je suis certain que Jean, Président, resterait absolument indemne de cette paralysie parisienne, de cette anesthésie par les lobbies, qui ont mis la République sur le flanc depuis trente ans.

Bien sûr, il lui faudra comme à tout chef d'État un gouvernement, une majorité, et déjà pour faire campagne, une équipe. Je crois qu'il sait choisir les gens (la preuve, il ne m'a jamais rappelé ;-) ) et, plus important encore, il sait voir le meilleur côté de chaque personne pour l'inciter à apporter la contribution la plus utile au travail commun.

Bref, je crois que face à Jean Lassalle, et à la marche des citoyens qui l'ont accompagné au moins en pensée hier et qui l'accompagneraient demain, le fantôme hideux du nationalisme peut se désagréger, et la génération perdue du PS et de l'UMP, disparaître des mémoires.

Ou en d'autres mots : Jean Lassalle, à cause de tout ce qu'il a investi et risqué, peut réussir la révolution démocrate.


Et cela me fait de la peine de voir que ce chemin s'est fait à part de celui de son ami de toujours, François Bayrou. Dans la République des Pyrénées, Jean reconnaît qu'il a

« quelque chose à lui dire : je dois discuter avec François Bayrou depuis longtemps. C'est lui qui me le demande. C’est ma faute si je ne l’ai pas encore fait ».

Dans Le Figaro, François sort les barrières :

« Je ne laisserai pas un millimètre à la polémique ni à aucune division. Jean Lassalle s'oppose à l'entente que nous recherchons avec Alain Juppé. Pour moi, au contraire, » etc.

Et voilà un sujet qui fera parler les journalistes politiques : une brouille entre deux des dernières fortes personnalités du Mouvement Démocrate. Vous savez, la cabine téléphonique.


C'est vrai, et ça me fait de la peine. Le MoDem, en tant que parti, a dû avaler tellement de chapeaux… Jusqu'à soutenir, pour la présidence de la "grande Aquitaine", une ancienne dirigeante d'Endemol, plutôt que de reconduire Jean Lassalle, le seul de ses candidats à avoir brillamment réussi sa campagne 2010.

Alors, peut-être la montée à Paris de Jean Lassalle n'ira-t-elle pas si loin. Peut-être les démocrates, écologistes, progressistes, libéraux, républicains,… de ce pays feront-ils une allergie au gréviste de la faim. Peut-être sa voix, son coeur, son engagement, resteront-ils sans écho parmi les Français. Peut-être devrons-nous nous contenter de la candidature raisonnable d'un Alain Juppé, mûri par les ans et par les neiges du Québec. Peut-être François a-t-il fait le choix de la raison.

Mais ce que j'espère pour 2017, ce qui changerait les choses, ce qui remettrait la France en marche, cela ressemble plutôt à : vas-y, Jean !

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