Argenteuillais démocrate… sans frontière

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mardi 11 mars 2014

Alors, ce choix du MoDem à Argenteuil ?…

Si j'ai quitté le MoDem depuis quatre mois, je reste attaché au combat que nous avons mené dans ce parti, pendant onze ans pour ce qui me concerne (UDF puis MoDem), à Argenteuil. C'était un combat au centre, démocrate, ouvert au point de vue de chacun, y compris quand il entrait en conflit avec notre parti — c'est ce qui m'avait frappé dès la première réunion à laquelle j'avais participé, chez Roland Patry, le responsable de l'UDF à Argenteuil à l'époque.

Le MoDem a quitté, à notre grand regret, ce combat au centre pour s'aligner partout sur la droite — même nos élus sortants de Dijon, une des villes les mieux gérées de France, élus que François Bayrou complimentait encore il y a quelques semaines à la télévision pour le travail réalisé… même eux n'auront pas l'étiquette du parti !

Pour l'adhérent que j'étais, c'est affligeant ; pour le militant démocrate que j'ai été avant d'adhérer, que je suis resté à l'UDF et au MoDem, et que je continue à vouloir être… c'est un encouragement à s'engager sans compter sur des étiquettes qui, parfois, volent au vent.

Les anciens colistiers de 2008 que nous croisons ou avec lesquels nous échangeons, nous disent nous encourager et approuver notre accord avec le PS et la liste conduite par Philippe Doucet.

En tout cas, aucun(e), à ce jour, ne nous a dit soutenir la liste de Georges Mothron, ou n'a publié un tel choix. Il y en aura peut-être d'ici l'élection, pourquoi pas ; mais enfin, aucun à ce jour. Quand je lis ici ou là que nous serions "divisés", je trouve que c'est plutôt proche de l'unanimité !

Cependant, toujours à ma connaissance, un ou deux de nos colistiers de 2008 estiment que nous aurions dû de nouveau constituer une liste, et remettre à l'entre-deux-tours un éventuel accord avec les listes Doucet ou Mothron.

C'est un choix que nous avons envisagé. Nous avions rencontré plusieurs des personnalités susceptibles de nous accompagner sur une liste démocrate, citoyenne, laïque, bref, au centre ;-)

Après cette réflexion, aucun des adhérents connus en 2013, n'a voté ou pris position pour cette liste autonome.

"Faire une liste" n'est pas un but en soi. D'ailleurs, depuis que nous faisons campagne sur la voie publique, ces dernières semaines, pas une seule personne ne nous a dit que nous aurions plutôt dû avoir notre propre liste ![1]

Être au centre ne veut pas dire être systématiquement contre la gauche et la droite, mais être ouvert à travailler avec toute autre force politique (en tout cas, toute force compatible avec les principes démocratiques). Donc notamment, avec la gauche comme avec la droite et inversement :-)

Et il est naturel que les démocrates soient au centre. Quand on se fixe pour but de faire avancer concrètement les valeurs démocratiques (but valable ou non ? En tout cas, les lecteurs de ce blog se sont habitués à cette orientation), on ne peut pas commencer par rejeter une collaboration avec la moitié des forces politiques, et s'enfermer dans le camp de l'autre moitié.

Dans notre pays, la tonalité des campagnes électorales, portées sur la confrontation, et la brièveté de l'entre-deux-tours (48 h pour déposer les listes), rendent difficiles des accords profonds entre listes concurrentes au 1er tour. Quel est alors, dans la vie municipale, le sort d'un courant minoritaire (et le courant démocrate est très minoritaire, selon les résultats des élections depuis 2007) ? Il risque de rester dans les tribunes, public critique mais pas impliqué directement dans les décisions et les votes municipaux. C'est un choix honorable, et c'est celui que nous avions fait en 2008.

Notre choix de 2013-2014 aura-t-il de meilleurs résultats ? Nous nous engageons en tout cas sur les mêmes objectifs, les mêmes valeurs, et les Argenteuillais(es) peuvent compter sur nous pour les défendre au Conseil Municipal.

C'est le sens du tract que nous distribuons ces jours-ci.

Nous serons plus nombreux et plus forts avec votre vote pour la liste "Tous fiers d'être Argenteuillais" !

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Notes

[1] Addendum : en revanche, une personne sur Twitter est de cet avis.

dimanche 1 décembre 2013

Remous dans la poussière du MoDem

Je reprendrai la parole sur la situation argenteuillaise quand les choses, et notamment les décisions du MoDem, seront stabilisées puis officielles, ce qui est encore à venir, à ma connaissance. Cependant l'actualité du parti donne à penser, et je me suis permis quelques commentaires ici ou là.

Activité bien vaine, d'ailleurs, selon l'Hérétique, pour qui nos débats n'atteignent absolument pas les électeurs :

Cette semaine, quelques cadres et élus du MoDem se sont ralliés à Anne Hidalgo à Paris. Cela a entraîné quelques cris de triomphe à gauche et des échanges aigre-doux sur les forums et groupes MoDem. Çà et là, on en discute comme d'une fin du monde et le premier des événements de la semaine. Il y a même eu quelques titres dans la presse. Eh bien sortez dans les rues de Paris et interrogez les passants, c'est bien simple : c'est passé complètement inaperçu. Tout le monde l'ignore.

Dans la foulée, il s'en prend aux propositions, tout aussi éloignées de nos concitoyens, que font des mouvements "citoyens" comme Nouvelle Donne.

Pour moi, Nouvelle donne, Nous citoyens, le FN, Mélenchon et Cie, ont un point commun : reconnaître et afficher que la France, en tant qu'État et système public, et même en tant que Nation (société, économie), est gagnée par la paralysie, l'impotence, la névrose de l'échec.

Et un deuxième point commun : s'appuyant sur cet échec de l'UMP et du PS, qui devient évident pour la majorité des citoyens, ces partis font passer pour solutions évidentes des "grands n'importe quoi"[1].

Leur rente de situation, c'est l'absence totale de relation entre la langue de bois des politiques de pouvoir ("crise" depuis 40 ans, "inversion de courbe…"), et la réalité que chaque citoyen vit au travail, dans sa famille, en société. Puisque les politiques de pouvoir sont aussi impuissants, et sont payés pour ça, pourquoi qualifier de fumistes les nouveaux arrivants ?

Le plus désespérant, c'est que, quand un grand Mouvement politique s'est créé avec une analyse décente de la situation, avec l'ambition d'y répondre par un changement politique, économique et social profond, avec des solutions à la fois ambitieuses et sérieuses, etc.,… les électeurs s'en sont amusés, dans leur grande majorité. Ils nous ont qualifiés soit d'opportunistes, soit de traîtres, soit de gens au positionnement flou — mais je plaisante : dans la grande majorité, ils n'en ont rien su ou presque, c'est le propos du billet de l'Hérétique.

Bien sûr, espérer qu'il en soit autrement, c'est peut-être se montrer "original" au sens ironique du terme, ou démago, ou naïf. Les électeurs sont blasés de la politique parce qu'ils en connaissent les limites. Ils ont vu trop d'échecs précédés des meilleures intentions. Beaucoup sans doute se disent que la seule solution raisonnable, c'est de se débrouiller chacun pour soi, et de mettre un bulletin "m…" dans l'urne, affaire de montrer qu'on n'est pas dupes.


Quelques commentaires ailleurs :

Le fond de ma préoccupation sur l'évolution du parti, je l'ai exprimé sur le billet de itsgoodtobeback "Avis de mort clinique de la fédération de Paris du Modem…" :

Je serais intéressé d’avoir l’info sur le nombre de sections MoDem qui ont eu l’investiture pour partir en alliance avec des partis de gauche, dans de grandes villes. Pour l’instant, dans ce que j’ai vu dans la presse, le compteur est bloqué à 1 (Dijon). En tant que statisticien, j’ai du mal à croire qu’un jugement indépendant et constructif puisse, dans presque tous les cas, conduire à soutenir la droite. Et sinon, pourquoi le parti n’en ferait-il pas partie, de la droite ? Bref, il me semble y avoir contradiction entre les termes que j’entends et les faits, pour le peu que je connais de ces derniers.

Les militants démocrates, poussière d'étoiles ou de comète, ou argile dont l'avenir tirera une nouvelle construction politique, une France démocrate, unie, confiante, entreprenante ? Suspense.

Notes

[1] Sous réserve d'analyse approfondie, que je n'ai pas faite pour les deux nouveaux venus !

dimanche 24 novembre 2013

Presque onze ans de parti démocrate (et ma modeste démission)

C'était hier mon tour, près de onze années donc après mon adhésion, et pourtant, j'ai toujours déconseillé aux militants politiques de démissionner de leur parti.

Beaucoup démissionnent quand ils sont en désaccord avec une décision du parti : mais il faut savoir assumer d'être minoritaire de temps en temps ! Sinon ce n'est plus un parti, c'est une secte.

D'autres claquent la porte en s'estimant trop peu soutenus, écoutés, aidés dans leur propre combat. Ils ont le sentiment d'être utilisés pour faire la claque, plus que respectés dans leur engagement de citoyens. Je leur ai répondu que oui, l'engagement citoyen est usant, ingrat, mais qu'à la fin, celui qui obtient des résultats, qui fait changer les choses dans sa ville ou son village, sera reconnu, écouté et respecté.

Quelques-uns s'en vont faute d'obtenir le poste, la responsabilité, le titre ou le revenu qui équilibrerait et rendrait possible leur engagement, le temps et l'énergie qu'ils consacrent à la politique. Je respecte ce choix — j'ai la chance d'avoir un métier qui me rapporte assez pour permettre un peu de bénévolat, tout le monde n'a pas cette chance.

Pour moi, il n'y a qu'une situation qui justifie une démission : celle où l'appartenance au parti, dans le respect de ses règles, devient incompatible avec votre propre engagement.


Avec mes camarades du Mouvement Démocrate à Argenteuil, une équipe remarquable et solidaire dans les difficultés au long de ces 6 années de MoDem, nous préparions avec soin et exigence les Municipales de 2014.

Les lecteurs de ce blog auront pris connaissance de notre Charte, que la presse valdoisienne avait répercutée.

Après sa publication, nous avons eu une série de réunions de travail, en particulier avec les représentants des deux principales listes en présence pour la Municipale.

Nous avons délibéré et décidé, par un vote, d'ouvrir les négociations avec l'une de ces listes. Les résultats de ces négociations n'étant pas aujourd'hui publics, je me contenterai d'écrire ici que je croyais possible, et même probable, une coopération durable. En tant que chef de file proposé par les adhérents, j'ai consacré le temps que je pouvais, et mon bien maigre talent pour la négociation, à chercher des solutions aux dernières difficultés, et à faire obtenir l'accord du parti — car l'investiture électorale est délivrée, c'est normal, par le niveau national.

Nous avions même envisagé la possibilité que le parti n'accorde pas son coup de tampon (et son logo), et que nous restions alors des espèces de candidats libres, des MoDem sans investiture officielle : possibilité désagréable et frustrante, mais nous étions, pour la majorité d'entre nous, prêts à supporter ce flou, sachant quel était notre engagement pour Argenteuil, et sûrs des raisons de notre choix.

J'ai été officiellement informé hier après-midi, de ce que le parti soutenait le principal concurrent du candidat vis-à-vis duquel je m'étais engagé.

La principale qualité d'un chef de file n'est pas de se faire suivre par sa file — c'est d'obtenir du niveau supérieur la possibilité, pour sa file, d'avancer.

Dans cette tâche, j'ai totalement échoué. Je laisse donc la place à qui voudra la prendre — et obtiendra, lui ou elle, le soutien du parti.

Et je garde, avec joie, ma pleine liberté de militant toujours démocrate, toujours argenteuillais, toujours vétéran, et toujours sans frontière.

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