Argenteuillais démocrate… sans frontière

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lundi 17 novembre 2014

MoDem : 5 ans après, l'ex-"chevalier orange" signe

Engagé dans les débuts du Mouvement Démocrate (et un peu précurseur) j'ai connu, de plus ou moins loin, plusieurs des personnes qui, venant d'autres sphères associatives ou entrepreneuriales, se sont engagées avec enthousiasme dans cette construction politique.

Plusieurs, vite déçues par son échec et/ou par le quotidien de la militance politique (c'est difficile à démêler), se sont ensuite retournées contre le MoDem, contre François Bayrou, contre Marielle de Sarnez, etc., avec une violence verbale qui m'a stupéfié.

C'était une leçon pour moi — de voir, par le comportement de personnes proches, à quel point la politique, même à un niveau bien modeste, peut s'emparer d'une personne, de ses sentiments, tordre ses émotions et son jugement.

L'une de ces personnes reconnaît aujourd'hui, quatre ou cinq ans après son départ, sa responsabilité dans l'écriture et la publication d'un blog particulièrement écoeurant, qui n'est plus en ligne, "chevallierorange.wordpress.com"[1]. Christophe Ginisty, professionnel de la communication "2.0" (réseaux sociaux), avait été candidat aux législatives pour le MoDem en 2007, et conseiller municipal d'Issy-les-Moulineaux. Il avait initié et piloté le lancement d'un site collaboratif pour les militants démocrates, le "Forum démocrate"[2], qui avait permis des discussions très riches sur le travail militant ; j'avais participé quelque temps au groupe de travail qu'il conduisait.

Voici mon commentaire sur son billet.


Bonjour Christophe, puisque tu es l'auteur des textes signés du "chevalier orange", je te félicite de le reconnaître publiquement, fût-ce bien tard.

J'imagine facilement que ce blog, et surtout la révélation de ta responsabilité dans sa publication, ont pu provoquer des dégâts dans ta vie professionnelle et/ou personnelle, dont je suis désolé pour toi.

Tu fais part, dans ce billet, de tes motivations de l'époque. Tu oublies de mentionner les injures publiques que ce blog contenait, les dégâts qu'il a causé dans la vie de différentes personnes, et la diffamation tout simplement (il est vrai que sur ce dernier point, ton blog signé en donne aussi des illustrations, comme quand Quitterie de Villepin a quitté le MoDem). Je crois avoir eu l'occasion d'en signaler des exemples en commentaires de billets du "chevalier orange" ce qui te donnait l'occasion de les corriger ou retirer de la publication ; en vain à l'époque. Je comprends bien que, étant donné ce contenu, tu respectes maintenant la loi en ne les publiant plus ; cela prive de la possibilité de vérifier.

Maintenant, avec le recul, tu as pu te rendre compte, en regardant un peu plus large, que le MoDem que tu dénonçais était, parmi les mouvements politiques nationaux, l'un des plus honnêtes avec ses militants, les plus ouverts, les moins étroitement partisans, les plus rigoureux dans sa gestion de l'argent public et des affaires publiques. (Qui peut citer mieux ? Je l'écris d'autant plus tranquillement que, en désaccord avec son alliance systématique actuelle avec la droite, j'en ai démissionné).

Alors comment peux-tu continuer à insulter tes anciennes victimes en les qualifiant de "rouages", "promoteur(s) de dérives" et "de fait, complices" ? Qui était, dans l'affaire, auteur de "dérives", sinon l'auteur du "Chevalier Orange" ?

Je doute, au final, que cette confession proche du plaidoyer pro domo, apporte l'apaisement aux victimes de tes billets orduriers, comme j'ai du mal à croire que leur écriture t'ait "apaisé" comme tu le dis ici.

Bref, un billet plus court mais disant quelque chose comme "j'ai fait une grosse c…" aurait sans doute été plus juste. Ce n'est que mon avis.


Quelques traces de cette histoire sur mon blog et ailleurs, sous la poussière des années :

L'atelier internet au "Forum des démocrates" de Seignosse, septembre 2007 (et un regret a posteriori)

"Internet pour toucher ceux qui ne l’ont pas : expérience de campagne législative", Christophe Ginisty en octobre 2007.

"Avec cette campagne, on est en train de libérer les esprits" — Christophe Ginisty en février 2008.

"Ma nuit démocrate, ma journée métisse" (élection d'Obama vue du siège du MoDem)

"Démocrate plein d'espoir" — "2 choses qui vous ont fait douter et 3 choses qui vous ont rendu fier d'être au MoDem" — 20 décembre 2008.

Le lancement du Forum démocrate, "média social pour changer le sens de la communication politique", février 2009.

"Un regard sur "Les Promoteurs" du MoDem", 18 juin 2009 — mouvement de contestation interne lancé par Christophe Ginisty, le débat a été assez vif, aussi sur ce billet.

"Bipolarité, quand tu nous tiens" - 23 août 2009

""L'organisation c'est le moteur de l'action"", mais le raisonnement déraille si on en déduit que le parti doit ressembler à une entreprise industrielle… : réflexion sur le rôle des militants, 10 octobre 2009.

"Blogohaine et histoire de Noël", 21 décembre 2009 (il y a eu trois commentaires sur ce billet : leurs auteurs, eux, sont restés au MoDem !)

"Je quitte le MoDem…", Sylvie Tiger, 10 janvier 2010

"Politiques autrement = politiques pour"[3], 26 janvier 2010.

"Nicolas Sarkozy n'est pas le problème", juste un de ceux qui ont créé le problème. Opinion sur les conditions pour entrer dans un gouvernement — 22 juin 2010.

Discussions sur et autour du "chevalier orange" et son identité : en commentaires de ce billet de l'Hérétique (novembre 2010), de ce billet de Christophe Ginisty sur le "off" en politique (novembre 2010),

Notes

[1] Je l'apprends via Isabelle Resplendino.

[2] Désormais désactivé et piraté ! Ne le suivez pas !

[3] Je précise le = a posteriori.

mercredi 24 septembre 2014

À Guidel, prendre l'air marin du MoDem

Cinq mois après des municipales difficiles — la liste opposée avait le soutien du MoDem — et dix mois après avoir quitté ce parti, j'étais ce week-end à son Université de rentrée à Guidel — même Le Figaro y a vu un quart de mon polo orange fatigué.

Quelques amis-Facebook, et autres amis dans la vraie vie, m'ont demandé pourquoi j'y allais, et si je ré-adhérais au MoDem ? D'autres m'ont interrogé sur le nouveau Front démocrate que Jean-Luc Bennahmias lance ce samedi "au centre-gauche sur l'échiquier politique français" : allais-je le rejoindre ?

Eh bien, je suis et reste un militant au Centre, à Engagés pour Argenteuil, le parti que nous avons créé fin 2013. Et je ne prévois pas d'adhérer à un parti qu'il soit au centre-gauche ou au centre-droit, ou plus loin encore !

Je rejoindrai volontiers un parti national qui sera… au centre, comme l'était le MoDem jusqu'à l'an dernier :

  • décidé à renouveler la politique en France,
  • conscient des impasses où nous ont conduit la gauche et la droite alternativement,
  • capable de travailler avec des personnes et des forces politiques de ces deux camps pour remettre en état le service public, l'économie et la société françaises.

Mais l'échec électoral du MoDem l'a conduit à prendre la droite pour bouée de sauvetage ; symétriquement, certains de ses fondateurs comme Corinne Lepage et Jean-Luc Bennahmias ont rejoint la gauche, et soutiennent le Président de la République et le gouvernement actuels, comme jadis le Nouveau Centre le fit pour Nicolas Sarkozy et le gouvernement Fillon.

Soit. Ils n'ont pas besoin de moi pour ça ;-) , et Engagés pour Argenteuil n'a pas non plus besoin de s'aligner sur un des deux grands camps.

Cependant, un élu isolé est un élu mal armé. C'est en échangeant avec des collègues d'autres villes que l'on trouve les idées, les clés de compréhension, les solutions, qui nourriront le débat dans sa propre ville — Argenteuil en l'occurrence.

Après les municipales, j'avais envisagé de lancer un réseau d'élus municipaux du centre… tout court ; mais ça aurait été au-dessus de mes forces, ou du temps dont je disposais, et je craignais que l'initiative suscite plus de soupçons que d'intérêt, à une époque de méfiance généralisée envers les partis.

Quand j'ai reçu l'invitation "aux adhérents (MoDem) et sympathisants" pour l'Université de rentrée à Guidel, je me suis dit que j'étais resté pleinement sympathisant des idées et des militants démocrates ! Je m'y suis inscrit avec plaisir.

J'y ai fait la connaissance, à ma surprise, de plusieurs conseillers municipaux élus dans les mêmes conditions que moi, c'est-à-dire en concurrence avec une liste labellisée MoDem : eux aussi avaient voulu surmonter ce désaveu ; eux aussi plaçaient leur engagement au-dessus des consignes.

J'ai assisté à des formations destinées aux élus et ai constaté leur sérieux : les budgets publics de formation y étaient bien investis[1]. Les formateurs acceptaient qu'on rajoute et rajoute des chaises devant l'affluence, les sessions se poursuivaient bien au-delà des heures prescrites, l'expérience des participants était aussi instructive que l'expertise des consultants. Un accueil égal y était réservé aux élus… de tous types de majorités ou de minorités.

J'envisage donc de sortir plus durablement de l'isolement en adhérant, d'une part à la Fédération des Élus Démocrates (ouverte aux non-adhérents MoDem)[2], d'autre part à l'Association des Élus Locaux d'Opposition, ainsi qu'à Anticor.

En espérant pouvoir être ainsi plus efficace dans mon action pour les Argenteuillaises et Argenteuillais !

Christophe Grudler de Belfort (debout) et quelques autres élus locaux avaient improvisé un amphi de plein air pour échanger leurs expériences avec les participants.

Grudler_Loric.jpg

À en croire le formateur, l'indicateur de santé financière le plus significatif est l'épargne brute (plutôt que l'épargne nette, ou que l'épargne de gestion)

epargne_brute_Guidel.jpg

Notes

[1] Remarque générale ; en ce qui me concerne, j'ai suivi une partie seulement des formations, en auditeur libre, et n'avais pas demandé de prise en charge au budget municipal d'Argenteuil.

[2] Et dont nous avions reçu la Présidente à Argenteuil.

jeudi 29 mai 2014

De l'honnêteté et un projet qui tienne la route : avec ça, on reconstruira le pays

Il fallait les guillemets, bien entendu. Je me suis permis de titrer sans les guillemets parce que je reprends intégralement à mon compte tout ce que François Bayrou[1] a dit à Jean-Jacques Bourdin sur les européennes, le non-changement de politique de François Hollande et Manuel Valls après ce "séisme", et les 18 millions sortis par l'UMP à l'insu du plein gré de ses dirigeants et candidats.

J.-J. Bourdin : Est-ce que vous comprenez le discours du Président ? Quel est le discours de François Hollande ? Est-ce que c’est le discours qu’il tient en France « il faut un peu desserrer l’austérité » ou est-ce que c’est le discours qu’il tient en Europe en suivant Mme Merkel ?

… Ça me fait rire jaune cette question de l’austérité. La question n’est pas que nous aurions le choix entre plusieurs politiques, mais la question est précisément celle-ci : si nous voulons obtenir un retour à l’équilibre de notre pays, comme une famille qui ne dépense pas plus que ce qu’elle gagne ou une entreprise qui essaie de gagner de l’argent et d’en mettre de côté pour les mauvais jours ; alors il faut reconstruire l’Etat, la Sécurité sociale, les collectivités locales et la société française dans laquelle beaucoup de gens ont l’impression par exemple que le travail est moins payé que le non-travail ; que l’engagement dans la société n’est pas reconnu par le travail, par le mérite… Tout ça, il faut le remettre d’aplomb !

Est-ce qu’on est en train de le faire ? Non ! On a des propositions tellement compliquées que personne n’y comprend rien. Il y a des accords sociaux entre syndicats et Medef ou responsables d’entreprise qui sont des accords certainement sympathiques mais personne n’y comprend rien. Il n’y a pas là la force des constructeurs et des reconstructeurs qui devraient dire « Voilà les piliers de la maison ! »

Ça veut dire quoi ? Que la France n’est plus dirigée ?

Oui, ça veut dire que depuis 15 ans les décisions ne sont pas prises sans doute parce qu’elles ne sont pas pensées. Le problème de la vie publique en France c’est que les idées novatrices, refondatrices en sont devenues absentes.

Pourquoi ? Parce qu’il y a deux grands partis qui savent qu’ils n’ont plus besoin de réfléchir puisque de toute façon ils auront le pouvoir la prochaine fois : le balancier de l’alternance, un coup c’est les uns, un coup c’est les autres. Donc on ne réfléchit plus.

Qu’est-ce qui est frappant dans la situation actuelle ? Le PS, il est arrivé au pouvoir mais il n’était pas prêt ! Il n’avait pas travaillé comme il fallait ! Et l’UMP, elle n’a pas fait pendant 10 ans les réformes qu’il fallait !

Donc il faut premièrement, des règles d’honnêteté et deuxièmement, un projet qui tienne la route. Avec ça, on reconstruira le pays.

Parce que ce n’est pas un pays qui va se livrer à n’importe quelle aventure, il tire la sonnette d’alarme chaque fois, et c’est aux responsables politiques de l’entendre.

Notes

[1] Et tant pis si nous ne sommes plus dans le même parti ;-)

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