Argenteuillais démocrate… sans frontière

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Tag - Partis-Candidats

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lundi 16 avril 2018

S'il faut localiser notre Président sur l'échiquier politique

Art Goldhammer relevait la démission d'Alain Juppé du parti LR :

Et pourquoi pas ? Le Macronisme est à toutes fins utiles le Juppéisme. … Voilà le centre-droit juppéiste instauré au pouvoir sous un drapeau de centre-gauche. Certains … voient la “source” du macronisme dans l’échec de la tendance recentrante à gauche représentée auparavant par un Michel Rocard ou un Dominique Strauss-Kahn. (Mais) Macron n’a pas de racines dans la gauche traditionnelle. … Macron serait donc un centriste décomplexé, qui est peut-être une façon de dire un homme de droite.

Je rejoins la première phrase ; mais Emmanuel Macron me semble bien s'inscrire dans une des traditions du centre français.

S'il y a en France "trois droites" et sept cent trois gauches, nous avons au strict minimum deux centres.

Le "populaire", rural, plus proche des frontières que de Paris, catholique, le parti des curés de campagne, de l'Action catholique des années 1920 à 50, du "bas clergé" de 1789.

Toujours prêt à soutenir les pauvres, sans peur du lumpen-proletariat, toujours inquiet pourtant des révolutions, des violences, des dictatures. Ce centre avait presque disparu dans la laïcisation des années 70, et la radicalisation de l'opposition entre le "monde libre" et les dictatures du "socialisme réel". Il s'était noyé dans la droite. François Bayrou a tenté de le ressusciter, en y agrégeant les nombreux "déçus du socialisme", le nouveau "bas[1] clergé" du monde laïc : enseignants, artistes, travailleurs indépendants, pionniers de l'internet. La coalition n'a pas pris. Jean Lassalle en représente aujourd'hui, je crois, la composante la plus outsider, il exprime le plus strictement l'exigence que les "systèmes" se mettent au service des personnes, de "ceux qui aiment tellement leur territoire qu'ils ont choisi d'y vivre".

Le "marais" ou parti "opportuniste", encore appelés aujourd'hui "girondins", parti bourgeois.

Demandeur de continuité dans l'environnement des affaires, inquiet lui aussi des tensions politiques, des oppositions et des "hommes forts" aux impulsions destructrices. Parti aussi bien représenté dans les grandes villes de province qu'à Paris. Lieu de rencontre entre milieux d'affaires de différentes origines religieuses ou ethniques. Libéral dans le discours, libéral quant aux moeurs, étatique en matière économique, car après tout, tous les acteurs en France sont demandeurs d'un Etat omniprésent. Demandeur de consensus entre gens raisonnables. Capable de gérer des villes et des régions d'une main bienveillante et paternaliste. Valéry Giscard d'Estaing et Edouard Balladur, Jean-Pierre Raffarin, Alain Juppé de retour du Canada, ont bien représenté ce courant.

Le point d'accord entre les deux est étroit : la croyance en "l'Europe", espace de régulation économique stable qui échapperait aux à-coups des alternances politiques nationales. Le mantra de la "décentralisation" aussi… qui est, dans le cas du centre d'affaires, une décentralisation purement gestionnaire, sans reconnaissance d'identités locales. Ou alors, des identités habilement camouflées quand on s'adresse à Paris (l'exemple alsacien, quand Philippe Richert accepte même de fondre l'Alsace dans un "Grand Est" artificiel).

Emmanuel Macron me semble retrouver les soutiens, les choix et les mots de cette seconde composante du centre français.

Notes

[1] Précision ajoutée, 24 avril 2018.

dimanche 11 février 2018

Chez la Lutte ouvrière

Notre camarade de comité Jean Vilar Dominique Mariette m'ayant invité[1] au banquet de LO ce samedi à Bezons, j'ai eu l'occasion d'y participer pour la première fois.

Pendant la campagne présidentielle, quand Nathalie Arthaud était venue tenir meeting à Jean Vilar, je m'y également rendu, comme conseiller municipal, et comme membre d'une équipe de campagne engagée dans la même compétition.

J'avais été impressionné par l'implication des participants et par l'atmosphère de camaraderie, au sens de : à la fois amicale et exigeante. J'avais été frappé aussi par l'ambition intellectuelle du parti. Sa volonté d'expliquer la marche du monde, de retendre le fil entre la révolution d'Octobre 1917 et un présent qui y ressemble de moins en moins. J'avais été surpris de me trouver d'accord avec la plus grande partie du discours de Nathalie Arthaud, son analyse de la situation politico-économique du moment, et beaucoup de ses propositions pour le court terme. Évidemment, ça se gâtait quand la candidate embrayait sur le futur : pour LO, l'élection n'est qu'une occasion de communiquer, de rallier des partisans en vue d'une future révolution ouvrière, par laquelle le "camp des travailleurs" mettra fin au capitalisme et instaurera… euh… c'était encore moins clair pour moi. J'avais été saluer la candidate et lui dire mon accord à 90% ; fine mouche, elle m'a demandé si les 10% étaient sur l'essentiel. J'ai répondu être en désaccord avec "Du passé faisons table rase", l'un des vers de l'Internationale chantée en conclusion. S'il y a quelque chose que l'on apprend chez Jean Lassalle, c'est l'importance des rythmes multiples de la vie humaine, de la vie de l'humanité. L'importance de sentir monter l'orage, sentir pointer l'éclosion du printemps.

À vrai dire, j'avais un autre désaccord, sur l'idée de camp des travailleurs. Ou alors il faut l'étendre à toute l'humanité, y compris au paysan retraité qui possède toujours son champ (un capitaliste donc), et au cadre dirigeant de multinationale (parce qu'il faut bien des travailleurs dirigeants) : et alors la logique de camp contre camp est difficile à saisir. Tout travailleur que je sois, je me sens d'abord démocrate, believing in each other, plutôt que partisan d'un camp ou d'une classe.

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Hier, j'ai retrouvé le même accueil et la même logique, en mode plus détendu. L'organisation de la fête était impeccable, ailleurs on aurait dit quasi-militaire.

Un exposé sur la révolution d'Octobre, devant les habituels panneaux racontant celle-ci, m'a permis de mieux comprendre le refrain des mouvements communistes (la LO comme le NPA et d'autres) sur la nécessité de construire un grand parti communiste révolutionnaire, bien au-delà des limites actuelles du mouvement qui le revendique.

Je m'étais toujours posé deux questions : primo, s'ils tiennent tant à grandir, pourquoi ne pas commencer par se réunir entre eux ? deuzio, un parti à l'ancienne, est-ce bien aujourd'hui ce qui secouera la société et fera advenir une révolution ?

Les panneaux et l'exposé m'ont éclairé : LO n'espère pas que le parti fasse la révolution. Pour LO, la révolution est comme un tremblement de terre, un événement extérieur imprévisible, "trois semaines avant, personne ne s'y attend". Mais les révolutions échouent — comme celles de Hongrie et d'Allemagne en 1917-18 — s'il n'y a pas un parti suffisamment structuré pour… euh, pour… sans doute pour noyauter, cadrer, donner forme au nouveau pouvoir, mobiliser les citoyens contre la riposte, inévitablement puissante, des pouvoirs capitalistes.

La bisbille irréconciliable entre partis d'extrême-gauche en découle logiquement : personne ne s'engage à entrer, le Grand Soir venu, dans le cadre défini par l'autre ; et comme le Grand Soir est imprévisible, il est probablement pour dans longtemps, donc ce serait très risqué de se lier les mains dès maintenant.

À l'arrivée, ça donne à la fois une grosse discipline interne, et une grande bienveillance à l'égard de qui n'est pas LO.

D'autant que, si la survenue de la Révolution est imprévisible, la doctrine est claire sur ce qui lui prépare le terrain : ce sont les luttes. Pour lesquelles LO est toujours prête à participer. Et le démocrate, comme le membre du comité Jean Vilar, s'en réjouit fort !

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Sur des thèmes similaires sur ce blog : Dimanche à Argenteuil-Bezons, ça vaut la peine d'aller voter ; Christine Boutin à Argenteuil ; Contre le nationalisme, et contre les clichés faciles ; Le courage de se mettre en marche

Notes

[1] L'événement était ouvert à tout le monde ! Mais c'est vraiment une invitation, parce que la participation aux frais est minime par rapport au coût d'organisation d'un tel événement.

jeudi 8 juin 2017

Dimanche à Argenteuil-Bezons, ça vaut la peine d'aller voter…

… parce qu'il y a plein d'excellents candidats, même si cette fois j'ai renoncé à prendre le départ en solo :-)

Fabrice David, franconvillois et candidat multirécidiviste à Argenteuil, se présente cette fois au nom d'une "Confédération pour l’Homme, l’animal et la planète". Selon Gilles Boyer, les deux qualités indispensables pour réussir en politique sont le culot et la persévérance : il a les deux.

Leïla Louchart représente l'Union Populaire Républicaine de François Asselineau, "le candidat du Frexit". Je partage une autre conception de la place de la France en Europe. Mais pour ceux qui veulent sortir de l'Europe, voilà au moins un vote clair et limpide.

Franck Debeaud, pour le Parti Chrétien-Démocrate, est un ami de longue date. Il est en politique pour de bonnes raisons. J'apprécie à la Commission d'Appel d'Offres de la Ville son intégrité et son engagement pour l'intérêt général. Son programme est clair et net. J'ai beaucoup de désaccords avec celui-ci, comme pour l'UPR, mais pour qui s'en sentirait plus proche, voilà un homme qui mérite votre vote.

Dominique Mariette est l'un des militants sociaux et politiques les plus reconnus de notre circonscription. À la fois un intellectuel créatif et fidèle à ses convictions, un homme entreprenant et attaché à faire aboutir ses projets, il a le sens du contact et de l'amitié. Si Lutte Ouvrière, dont le calendrier restait bloqué sur 1917, doit avoir un député en 2017, Dominique accomplirait remarquablement la mission.

Souad Aumigny porte l'étiquette de l'Alliance Écologiste Indépendante et du Mouvement 100% avec qui nous aurions pu nous allier pour ces élections. J'ai été en relation pendant la campagne présidentielle avec leur leader Jean-Marc Governatori et ai beaucoup apprécié son professionnalisme bonhomme.

Pascal Bertolini représente Europe Ecologie – Les Verts. C'est le parti aux côtés duquel j'ai été candidat pour la première fois, aux municipales 2001 à Argenteuil sur la liste "Verte et ouverte", et malgré sa litanie de déboires, il garde toute ma sympathie.

Pierre Renucci est le candidat du Front National. Le FN m'a surpris en nous envoyant cet historien de l'Antiquité romaine, conscient de "la monstruosité du pouvoir". Une personne qui gagne certainement à être connue, et qui relèverait tout aussi certainement le niveau du futur groupe FN de l'Assemblée.

Gilles Savry, candidat Les Républicains, est, au sein de l'équipe historique du maire Georges Mothron, celui qui n'avait jamais encore été envoyé au combat électoral. Son sérieux, son écoute et son attachement à Argenteuil comme à Bezons font l'unanimité.

Stanley Paraison se présente au nom du "Centre" selon la presse : c'est la famille politique dont je suis le plus proche. Ses bulletins de vote seront rares dans les bureaux, et d'autant plus chers.

Dominique Lesparre, maire de Bezons, incarne le PCF canal historique — 85 années ininterrompues de municipalités communistes à Bezons, ville qui a su prendre le virage, du rôle de ville-atelier à celui de satellite de La Défense. Mes ex-camarades MoDem de l' "Union démocrate pour Bezons" ont trouvé en lui un partenaire fiable et sérieux.

Philippe Doucet, député PS sortant, a tenté a de multiples reprises de secouer son parti, comme il a voulu à Argenteuil "réveiller la belle endormie". Il a toujours attaqué de front les sujets socialement explosifs que ses camarades esquivaient. Rien à voir, donc, avec les armoires de godillots dont les Présidents successifs meublent le Parlement. Philippe Doucet est aussi pour EpA, comme chef de l'opposition municipale, un allié loyal aux engagements pris, et respectueux de la diversité de son groupe.

Fiona Lazaar, candidate de La République en marche, est sans doute la benjamine de cette élection, avec ses 31 ans. Et cette jeunesse, comme l'année que Fiona Lazaar a passée à coordonner le groupe local de ce parti, laissent augurer une grande capacité d'initiative comme de jugement. Elle a bien voulu nous rencontrer et témoigner d'une démarche collective qui nous rappelle, en plus prometteur, l'esprit positif et l'espoir des débuts du MoDem à Argenteuil-Bezons.

Françoise Pacha-Stiegler, candidate de La France Insoumise, a servi notre ville de longue date et en connaît beautés et détours. Nous avons également pu échanger avec elle, et elle nous a fait part de priorités très proches des nôtres : l'emploi local, en particulier industriel, le logement, en particulier la transparence dans le logement social, la sécurité dans les écoles et les cités aujourd'hui rongées par les trafics. Déjà pendant la présidentielle, Jean Lassalle comme moi avions eu la surprise de nous retrouver, avec le candidat de la France insoumise, en phase sur l'essentiel : la financiarisation à dénouer, la mainmise des lobbies sur l'Europe à lever, les communes à dégager de la fibrose technocratique des intercommunalités et autres métropoles.

Chères concitoyennes, chers concitoyens, allons voter ce dimanche, nos 13 candidats en valent la peine !

(également publié sur le blog EpA)

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