Argenteuillais démocrate… sans frontière

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Tag - Partis-Candidats

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vendredi 27 décembre 2013

Nouvelle Donne des cartes existantes, ou nouvelle croissance ?

Commentaire chez Patrick Beauvillard, un ami, un innovateur, un ancien président du MoDem 47 et un porte-parole national de Nouvelle Donne. Pour les Argenteuillais : ce nouveau parti est représenté à Argenteuil par Zouber Sotbar, conseiller municipal.

Quel que soit le parti, c’est l’engagement démocrate qui compte.

Je retrouve dans Nouvelle Donne plusieurs personnes qui avaient pu espérer un mouvement similaire en 2006-2007 autour de la candidature de François Bayrou, et ont été déçues par les résultats de l’époque.

Si je ne rejoins pas Nouvelle Donne, c’est en raison d’un désaccord hélas fondamental sur le diagnostic.

Quand je lis (dans cette interview de Patrick)

“la croissance ne reviendra pas, en tout cas pas au niveau que nous avons connu dans les 30 glorieuses, et que de toutes façons la croissance ne produira pas d’emploi pour tous puisqu’elle est fondée sur des gains de productivité. Et donc la question est comment obtenir de la prospérité et du développement sans croissance. C’est la question du XXIème siècle. C’est la question centrale. (…) C’est le socle des propositions de Nouvelle Donne.”…

… je crois exactement l’inverse. Nous vivons une révolution technologique comme le monde n’en a pas connu depuis les années 1875-1900. Elle redistribue les cartes de l’économie, ouvre des possibilités de croissance immenses, non seulement par la productivité au sens du XIXème siècle (faire en moins de temps ce que l’on faisait déjà en plus longtemps), mais par la diversification, la valorisation des lieux et du temps, la production de biens et de services destinés à chacun (Cf. médecine personnalisée, qui cible l’ADN de chaque tumeur), une gestion active des biens communs, etc. etc.

Je crois que le défi pour la France est de se lancer dans cette nouvelle croissance, qui est l’affaire d’une génération.

Je crois que raisonner en terme de “la croissance est impossible, nous ne pouvons que refondre l’existant, gérer mieux les systèmes hérités du passé” est se condamner à l’impuissance.

Mais j’espère que Nouvelle Donne me donnera tort et je partage, de toute façon, des combats comme la lutte contre les enfers fiscaux, un financement plus sain de la solidarité nationale, etc.

samedi 14 septembre 2013

La nature du centre, ce n'est pas l'entre deux chaises

Ce matin sur Gabriel Péri, Lutte Ouvrière vendait son journal ; un militant me dit (comme souvent) que le centre ne sait pas où il est, tourne avec le vent, entre la droite et la gauche…

Peut-être, au Futuroscope, l'UDI se posera-t-elle des questions existentielles, sur le futur du "centre" dont elle se revendique ?

Occasion de citer quelques lignes d'un ouvrage tout récent.

J'aime les hommes, et les femmes, qui assument, qui n'esquivent pas, qui ne se défilent pas, les caractères entiers…

On dit des centristes qu'ils ne "savent pas où ils sont". Je sais très bien où je suis.

La nature du centre, ce n'est pas l'entre deux chaises. La nature du centre, c'est d'être une résistance à la stupide bipolarisation.

La nature du centre, c'est de dépasser et de surmonter les antagonismes, les rivalités et les haines, pour inventer la coopération entre partenaires.

C'est pourquoi le projet européen a été inventé par cette famille du centre en Europe, particulièrement en France et en Allemagne. …

Il n'y a qu'un travers qui compromette la force et la reconnaissance du centre : c'est le refus du risque, l'incapacité à choisir, la peur de déplaire, le conformisme tiède.

Si le centre est tiède, il est mort.

("De la vérité en politique", François Bayrou, pp. 97-98).

J'espère que MoDem et UDI sauront inventer une coopération chaude, revigorante, pour que la France redevienne une nation motrice en Europe.

Tout comme j'espère pour Argenteuil un centre fort et reconnu, qui aide notre ville à dépasser les antagonismes, les rivalités et les haines.

D'ailleurs, pour surmonter les crises, quel autre chemin que celui-là ?

dimanche 7 juillet 2013

L'UMP dans mon marc de café

Je développe en commentaires chez Art Goldhammer, ma politologie à deux balles sur le positionnement prévisible de Nicolas Sarkozy ce lundi et dans les jours suivants.

Pour Art,

En rejetant ses comptes de campagne, le Conseil constitutionnel lui a donné une excuse pour en démissionner, et se relancer dans l'arène politique. Qui plus est, il a donné à l'UMP une bonne raison de lui souhaiter la bienvenue. Ce n'est pas que les militants de base ne voulaient pas de lui : il reste très populaire parmi les électeurs de l'UMP. Mais pour ce qui est des leaders… Fillon l'a attaqué dans le passé, et Copé ne saurait sûrement pas quoi faire d'un rival aussi puissant pour la prochaine candidature à la présidentielle. Pourtant, la parti est à Sarko s'il veut le prendre - si seulement les juges et les tribunaux lui en laissent le loisir. Hélas, il est impliqué dans tant de scandales, que les temps qui viennent devraient être troublés. Mais son retour au centre de la scène est susceptible d'être fracassant.

Je suis d'accord, avec quelques nuances.

Jean-François Copé, actuel président de l'UMP, a tout intérêt à pousser pour le retour de Nicolas Sarkozy. Ce coup devrait éliminer de la scène le désormais trop peu sarkozyste François Fillon, et, si jamais la justice arrêtait Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé en apparaîtrait comme le fidèle et naturel héritier.

Mais Nicolas Sarkozy a une autre option pour se débarrasser à la fois des réseaux constitués au sein du parti par François Fillon et de ceux de Jean-François Copé : créer son propre parti, comme Jacques Chirac l'avait fait avec le RPR. Il obligerait l'UMP à se dissoudre, comme cela s'était produit avec l'UDR. Il forcerait les dirigeants UMP et ses parlementaires à lui faire personnellement allégeance, comme Chirac y avait forcés les «barons du gaullisme».

Et l'ardoise de la campagne présidentielle 2012 fournirait un excellent prétexte à cette dissolution / refondation : le moyen d'échapper à la persécution du pouvoir socialiste et de sa justice aux ordres[1].

L'argent, nerf de la guerre, pourrait faire la décision. Dissoudre l'UMP laisserait ses banques avec ses ±50 millions d'euros de dette. Mais cela signifierait aussi la perte, pour les 4 prochaines années, de 6,7 millions d'euros par an (l'aide publique attribuée sur la base du nombre de voix lors des élections législatives de 2012). Cela laisserait 20 bons millions de gagnés, mais il faut encore en retirer la valeur du siège, payé 40 millions.

Le nouveau parti, si tous les sénateurs et les Députés consacrent leur part de financement à elle, obtenir € 13 millions d'aide d'État par an. C'est assez pour payer un bon personnel en normes françaises (le Modem, vit avec 1 million / an), mais pas assez pour se payer un siège à la hauteur du précédent.

Tous comptes faits, peut-être la meilleure stratégie pour Nicolas Sarkozy serait-elle celle du "feu sur le quartier général" : s'appuyer sur la jeune génération sans scrupules de la "Droite forte" pour prendre le contrôle de l'activité nationale du parti, tout en laissant les barons, ducs et marquis aux batailles municipales.

La constitution des listes UMP pour les élections européennes pourrait donner l'occasion de ce réalignement "à droite toute". Nicolas Sarkozy pourrait alors en prendre la tête[2], comme l'avaient fait en leur temps, non seulement Jacques Chirac sans succès en 1979, mais plus brillamment Valéry Giscard d'Estaing qui, en 1989, écrasa la liste du Centre de Simone Veil et… François Bayrou.

Notes

[1] ;-)

[2] Francilienne, compte tenu du mode de scrutin.

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