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Tag - Présidentielle 2017

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dimanche 22 octobre 2017

Mon ami le député aux pieds baladeurs — et le débat #MeToo

Décidément, mes amis démocrates prennent lourd.

Jean Lassalle est accusé publiquement "de mots ou gestes déplacés", rapporte entre autres le site francetvinfo.

Jean Lassalle répond

Je peux donner l'impression... Je suis très tactile. Je peux avoir une dose un peu supérieure à la moyenne de machisme (…)

Je ne sais pas comment je vais gérer la situation.

"Le député qui marche" n'est pas seulement tactile. Il est à fond avec tout le monde. Tout dans l'entraînement et très peu dans le frein.

Je me suis engagé dans sa campagne conscient que cette façon de se comporter pouvait comporter des risques ; même si je n'ai été témoin d'aucun geste qui m'aurait semblé déplacé envers des femmes (ni des hommes) ; au contraire, j'ai vu Jean se sortir avec honneur de situations piégeuses.


Je suis très heureux de ce débat français, et mondial, après les révélations sur le producteur Harvey Weinstein.

J'ai été tenté de participer moi aussi, avec un tweet comme

"#BalanceTonPorc Qui balancerais-je d'autre que moi ? #MeToo"

mais j'imagine d'ici l'équivoque.

Ce que j'aurais voulu dire avec ce tweet resté une idée, ce que je peux écrire plus longuement ici, c'est : voici enfin, au centre des discussions publiques, le comportement des hommes. Le "comment un homme doit se comporter". Jean Lassalle a bien raison de situer ces discussions sur le sujet de l'honneur.

Quel est un comportement honorable au plein sens du terme ? Vaillant et non fuyard, respectueux et non méprisant, ouvert et non replié, responsable et non lâche ?

La place des femmes dans la société a été retravaillée, remodelée, depuis 60 ans et plus, par d'innombrables débats, créations, histoires, lois, et autres genres de changements. C'est une révolution, et un progrès magnifique.

Les hommes, genre dominant de l'époque féodale comme de l'époque industrielle, ont subi cette révolution. Mais ont-ils fait la leur ?

Un collègue me présentait, il y a 20 ans, son travail sociologique sur l'émergence de 4 rôles-types de femmes, ce qu'il appelait "archétypes" en s'inspirant de Jung. Nous avions cherché ensemble si nous en observions d'équivalents pour les hommes. De mémoire, nous n'en avions trouvé qu'un, que j'avais baptisé le "casque bleu" ; d'autres l'ont mieux identifié et nommé comme le "cowboy". Il ne couvre tout de même pas 100% de la population masculine.

Je lisais quelque part des résultats d'une étude sur des hommes violents envers leur femme, au Mexique. Le point commun qui ressortait de ces cas individuels était la peur. Des jeunes hommes placés dans un rôle de chef de ménage, de supérieur d'autrui, d'amant, de responsable de famille, auquel rien ne les avait préparé. Et ils n'avaient personne à qui en parler, avec qui échanger. L'angoisse devant ce rôle hors de leur mesure poussait certains vers la violence. Une violence tolérée, dans une certaine mesure, par la société, et qui affirmait au moins une forme, primaire, de supériorité.

Peut-être qu'en France aussi, pas seulement au Mexique, nous avons besoin de redécouvrir, de réinventer le rôle des hommes.

samedi 13 mai 2017

À un ami qui voulait me convaincre de voter Macron

Antoine Vielliard, maire de Saint-Julien-en-Genevois, a publié avant le premier tour de la présidentielle quelques billets destinés à des lecteurs tentés par tel ou tel vote. Je lui ai répondu en commentaire, mais comme cela m'arrive parfois avec hautetfort, celui-ci a été rejeté. Je le fais donc ici !

Pour Antoine,

Il est sympa Jean. On l'aime bien. On l'apprécie. Mais franchement t'es sérieux ? T'as conscience de la situation de la France ? Tu sais qu'on a plus de 3 millions de chômeurs, des déficits publics records, une Europe en danger, un monde incertain. Et toi tu penses voter pour Jean Lassalle ?

Il est sympa, il est amusant. Mais rare sont ses phrases qui ont un sens et on élit un président de la République.

Cher Antoine, je suis heureux de ne découvrir ce billet qu'après le second tour. J'apprécie Jean. Je suis sérieux. La France est dans une situation de crise profonde, et Jean est le seul de nos politiques a en avoir pris la mesure, et à proposer des réponses à la hauteur, et à la profondeur de cette crise. Tout ce que j'ai entendu de lui a énormément de sens. Il va presque toujours à l'essentiel, laissant à ses concurrents le jargon, la facilité des anglicismes, la démagogie.

Heureusement, dans la communauté nationale, 430000 personnes l'ont senti. C'est moins que les millions qui ont fait confiance à M. Macron ou à Mme Le Pen. Mais chacun(e) d'entre eux et elles vaut autant.

A ta disposition pour en parler de vive voix.

mardi 9 mai 2017

À François Bayrou et Jean Lassalle, courriel

(Je vois qu'il manque sur ce blog un billet d'après-résultat de la présidentielle, même si je l'ai commenté sur le blog d'EpA. Je viens justement d'écrire un mot aux présidents des deux autres partis auxquels j'aie adhéré ; et après tout ce mot n'a rien de confidentiel : j'en fais donc part ici. Aux destinataires et à vous, bonne journée de l'Europe !)

Bonjour,

et toutes mes félicitations pour le rôle, à mon avis décisif, que vous avez joué dans le succès de la campagne d’Emmanuel Macron. Ce que le téléspectateur pouvait en deviner à travers le documentaire de TF1 hier soir, vous faisait honneur.

Permettez-moi, maintenant que, pour ce qui me concerne, la page électorale est tournée, de mettre Jean et Pascale Lassalle en copie de ce message.

Au final, et comme je l’imaginais, vous avez tous quitté les chemins tracés des vieilles alliances, fait campagne en terrains inconnus. Vous avez voulu engager notre pays dans une démarche nouvelle. Vous avez bien sûr été en désaccord sur l’ampleur du changement nécessaire, ou sur ce que les Français vous semblaient prêts à accepter. Mais vous y avez mis « vos tripes », et, depuis mon facile poste d’observateur, je mets chapeau bas.

Merci donc pour la grande fierté que je garde d’avoir participé à vos deux campagnes présidentielles. Des expériences rares, dont chacune m’a fait gagner dix ans !

Bien à vous,

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