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Tag - Régionales 2010

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vendredi 9 décembre 2011

Le Front de Gauche prêche le faux pour avouer le vrai

En 2010, le Front de Gauche avait produit une brochure de 43 pages titrée "Bayrou : tout un programme !", ou plus exactement, l'avait recyclée de 2007.

Il a pleinement réussi son objectif — qui était, explicitement, de nous devancer !

On ne change pas une équipe qui gagne des cinquièmes places : le Front de Gauche nous ressort le même objectif et la même méthode : une brochure titrée "Bayrou, tout un programme !", sur 20 pages seulement, mais en 2 colonnes écrites petit ;-) (PDF).

À sa lecture, j'ai eu une bonne surprise : ils ont vraiment bossé. Sérieusement préparé leur coup. Une documentation soigneusement mise à jour, des tonnes de citations, une rédaction énarchique.

Hélas, il ne manque que le bon sens, le raisonnement et un minimum d'honnêteté.

Ça commence dès le tout premier paragraphe :

Une explication libérale de la crise et de l’endettement public
Ce que dit François Bayrou :
«La crise est la crise des Etats, de la dette des Etats».
C’est une analyse de la crise actuelle très classique du point de vue libéral.
Pour François Bayrou, la crise n’est ni celle de l’endettement privé qui fut pourtant avec l’effondrement des subprimes le déclencheur de la tempête financière actuelle. Elle n’est pas non plus le fait de la spéculation contre la dette publique. Non, pour lui, la crise est de la faute des Etats.
(...) Il oublie aussi que la dette a été creusée pour faire face à la crise des subprimes et au sauvetage des banques privées par les Etats.

Pour arriver à une telle conclusion, c'est très facile : il suffit de tronquer l'essentiel de la description de la situation que fait François Bayrou, de la façon suivante : "Les banques et les marchés sont responsables de la crise de 2008. C'est indiscutable et sévèrement condamnable. Mais dans la crise de 2011, ce sont les États qui ont « planté » les banques, en laissant filer la dette à des niveaux insoutenables…" (dans La Tribune, interview que l'auteur ne peut ignorer puisqu'il en cite un autre passage dans la même page !)

Ce qui permet à l'auteur de conclure que "François Bayrou exonère complètement les banques".

Trop fort, non ?

Ça continue comme ça sur 20 pages et en deux colonnes, je ne peux pas me permettre de répondre sur le même format…

Juste trois exemples de ces gags :

  • L'auteur est capable d'interpréter les silences de François Bayrou : "François Bayrou ne propose pas, par exemple, de rendre l’impôt sur le revenu plus progressif en créant de nouvelles tranches", même quand François Bayrou l'a précisément proposé
  • François Bayrou avait proposé en 2007 (et dès 2001 en fait) d'exonérer de charges sociales (hors retraite) deux emplois nouveaux créés par chaque entreprise en augmentant son effectif. Cela n'empêche pas le Front de Gauche d'y voir "de nouveaux effets d’aubaine pour les entreprises qui pourront augmenter le turn-over de leurs salariés en licenciant puis en ré-embauchant pour obtenir la nouvelle exonération proposée"… oubliant au passage que François Bayrou proposait (comme la CGT !) une assurance-chômage avec bonus-malus, pour dissuader l'emploi précaire et encourager l'emploi stable…
  • L'auteur est capable d'interpréter l'abstention de deux façons opposées ! Quand François Bayrou s'abstient sur une loi proposée par la droite en 2006, ça prouve qu'il "ne s'est pas opposé" à cette loi (pp. 10-11), mais quand François Bayrou s'abstient sur une loi proposée par la droite en 2003, ça prouve qu'il a "refusé de voter" cette loi (p. 18). Différence ? Le Front de Gauche est favorable à la seconde, mais pas à la première ;-)
  • Allez, un quatrième exemple : François Bayrou "ne propose pas de supprimer" le dispositif Robien sur le logement (p. 14)… et effectivement, il serait difficile de supprimer… un dispositif qui n'est plus en vigueur depuis le 1er janvier 2010 !

Donc, ça continue comme ça jusqu'au bas de la dernière page, avec comme bouquet final une citation imaginaire[1], mais entre guillemets et en italique.

Citation que je leur retourne volontiers : que la gauche, du moins une certaine gauche, truque, tronque, trahisse et désinforme, pas de quoi se scandaliser, si "c'est l'époque qui veut ça".


Cela dit et écrit, ont-ils tout faux ? N'y aurait-il pas un petit quelque chose de vrai dans ce document ?

Oui, et pas un petit : un grand quelque chose de vrai.

Au fil des thèmes, c'est un programme politique complet qui se dévoile : celui du Front de Gauche. En creux et parfois en toutes lettres, comme dans ce magnifique tableau page 8[2]. Devant cette oeuvre d'art, une seule certitude : le Front de Gauche se moque, comme de sa première chemise de documents anti-Bayrou, de savoir si, au gouvernement, il aurait le premier sou pour offrir ce qu'il promet là.

bayrou_front_de_gauche.jpg

L'irresponsabilité et l'illusionnisme du Front de Gauche, ça c'est une vraie vérité qui éclate à chaque page de cette brochure.

C'est une vieille habitude chez eux. Je l'avais découverte en 82 ou 83, à une conférence d'un responsable national du PCF. Auparavant, j'avais lu leur dernier programme politique en date, et j'avais été étonné par l'énormité des dépenses annoncées. Lors des questions au conférencier, j'ai donc demandé : avec quelles recettes financeriez-vous ce programme ? Naïf que j'étais, j'attendais des réponses, agréables ou désagréables : impôts ou confiscations, que sais-je. La seule réponse que j'aie eue du conférencier, c'est que ce n'était pas le problème[3].

Hélas, camarades : pour les salariés, retraités, malades, chômeurs, jeunes, fonctionnaires… et quelques autres… la faillite du service public, C'EST le problème.

Et pour échapper à cette faillite, Bayrou, LUI, a "tout un programme".

Notes

[1] Vérifiez sur google : le seul endroit où elle existe, c'est dans ce document du Front de Gauche…

[2] Qui est, lui aussi, tendancieux sur les positions de François Bayrou. Mais passons.

[3] Du moins, c'est ce que j'ai retenu.

mardi 16 mars 2010

Je voterais Huchon

... si j'étais en France dimanche prochain, ou si j'avais été faire les formalités pour une procuration. Pas trouvé le temps, désolé.

Je n'approuve certainement pas le "bilan" des présidences Huchon. Son Conseil Régional ne me semble être ni parmi les plus démocratiques de France, ni parmi les plus innovants, ni parmi les mieux gérés.

Mais le plus grand danger est ailleurs. C'est la politique de développement inégalitaire de l'UMP en général et du Président de la République en particulier, qui conduirait à concentrer de plus en plus de moyens sur les territoires les plus riches, dans une logique de ségrégation sociale, économique et communautaire croissante. À la clé, de plus en plus de kilomètres à faire pour travailler ou étudier … donc une aberration écologique. Et accessoirement, le tout sous la coupe directe du pouvoir national, qui vient par exemple d'obtenir la Présidence de La Défense (EPAD) pour l'ancienne suppléante de l'actuel chef de l'État.

Quelles que soient les qualités des candidats UMP, j'ai du mal à espérer qu'une majorité régionale UMP s'opposerait assez fortement et assez frontalement à cette démarche de "développement" non durable et inéquitable.

Le moindre mal me semble donc être de voter pour le président sortant. En se préparant à subir quatre ans de plus de conservatisme corporatiste[1] et de sectarisme irresponsable - je crois bien que, de toute façon, même avec le MoDem à 5 ou 10%, nous aurions dû nous les coltiner.

Notes

[1] Correction du 17 mars. J'avais utilisé dans un premier temps, par facilité et inattention, le terme de "technocratie", tout à fait inadapté. Au Conseil Régional d'Ile-de-France, à ma connaissance, le conservatisme vient plutôt de réseaux partisans de pouvoir et d'intérêts croisés, que des techniciens.

dimanche 14 mars 2010

Soirée "comptés au sol" au Modem

Bonsoir tout le monde,

Ce blog et ses commentaires rouvrent ;-)

D'abord, pour vous remercier, électrices et électeurs qui nous avez fait confiance "quand même", militantes et militants qui avez tracté "quand même", colistières et colistiers qui avez constamment été à la hauteur, constamment gardé le cap.

Il y a eu plein de choses positives dans cette campagne, et pour finir, une très belle dernière journée à faire le tour d'Argenteuil et de ses bureaux de vote avec ma 5ème-de-liste Rodia en tant que délégués... mais un résultat qui, sans me suprendre[1], me désole.

J'étais ce soir au 133bis rue de l'Université, et hormis les déclarations pleines de justesse de François Bayrou et de son équipe, il y avait bien peu de motifs de satisfaction.

Tout de même, que la liste de Jean Lassalle (et Patrick Beauvillard entre autres) obtienne de loin le meilleur score du Mouvement, ça me conforte dans une conviction : il faut construire sur ce qui tient, améliorer ce qu'on sait faire, partager nos succès.

Je me doute bien que le web démocrate va être saturé de mises en causes, attaques, voire injures façon CO, de nyakafokon et autres tousdékon, c'est la nature humaine.

Construire est sacrément difficile ? Courage aux constructeurs !

Notes

[1] Cf. commentaire 50 ici

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