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Tag - Service public-École

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dimanche 13 janvier 2019

Réponses aux 29 questions d'Emmanuel Macron : (1 à 6) impôts, dépenses, action publique

1.Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ?

a) imposer les profits de sociétés françaises dans les paradis fiscaux, y compris européens ; b) une taxe uniforme sur les transactions financières (p. ex. à 1/1000) ; c) une TVA sur le kérosène ; d) étendre le principe pollueur-payeur (comme dit dans le rapport Attali-Macron !) ; e) rétablir une imposition sur la fortune sur une base très large (p. ex. à 1/1000) ; f) un impôt sur le revenu plus progressif, prenant mieux en compte les charges de famille.

2. Quels impôts baisser en priorité ?

Finir de supprimer les cotisations "maladie" sur les revenus du travail ; finir ainsi de libérer les soins de santé de leur gestion "paritaire" par les syndicats patronaux et des syndicats de travailleurs, qui ont mieux à faire.

3. Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

a) Auditer la dette publique et les raisons de l'énorme marge accumulée, sans effort ni risque, par les banques privées aux dépens du contribuable ; b) Cesser d'enliser nos armées dans des guerres civiles que leur présence finit par envenimer ; c) Cesser la concentration d'investissements sur les métropoles (GrandParisExpress, CDG Express…) ; d) Renégocier et casser si possible les PPP et autres formes de privatisation ruineuses ; e) Passer par appel d'offres pour les médicaments, sur le modèle de Pharmac en Nouvelle-Zélande ; f) Restructurer la politique du logement pour qu'elle cesse de faire grimper les prix (profitant au final aux marchands de sommeil) ; g) faire progresser techniquement nos capacités de lutte contre la fraude en créant une Agence Nationale dédiée.

4. Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?

Par définition oui… Il y en a déjà dont le caractère contre-productif est évident : a) le "mille-feuille administratif'', communautés de communes, d'agglomération, territoires, métropoles… sources de surcoûts. Rendons aux communes leur liberté, leur efficacité, leur transparence. b) le mille-freins dans les soins de santé : la multiplication des formulaires de contrôle sans utilité pratique mais surconsommateurs du temps des soignants.

5. A l'inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

a) Un service opérationnel de mise à l'abri des sans-abri : "personne dehors". b) Un service de la formation de recyclage, de moyenne durée (1-2 mois), s'appuyant sur les collèges et lycées techniques (pendant les congés scolaires). c) L'aide à la recherche d'emplois par les personnes, et à la recherche d'employés par les entreprises. Fonction de l'ex-ANPE qui s'est effondrée depuis sa fusion ruineuse avec l'UNEDIC. d) Les services publics locaux, maternités, centres de formation… à maintenir, réorganiser, moderniser, au lieu de les fusionner vers les grandes villes.

6. Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ? : cette question un peu absconse apparaît sans commentaire dans la lettre du Président de la République. Peut-être expliquera-t-il plus tard à quoi il faut allusion.

vendredi 6 avril 2018

Cheminots, statuts, et nous et nous et nous usagers

Je tarde depuis des semaines à écrire un billet là-dessus. Il le faudrait fort long pour parler à tous : ceux qui trouvent incontestable et fondatrice la lutte des travailleurs du fer contre l'ultralibéralisme qui les prend pour boucs émissaires ; ceux qui respirent de voir enfin les pouvoirs publics s'attaquer aux privilèges, aussi ruineux qu'injustifiés, de la caste cheminote.

Je pourrais au passage sourire des "services minimum" qui avaient été établis et réétablis, et de la grandiloquence sur "l'entreprise SNCF" : sa nature de service public, en monopole naturel, actionnable par ses seuls salariés, saute aux yeux dès la première grève.

Alors j'irai juste au fait. C'est nous, citoyens, contribuables, qui sommes les décideurs concernant les transports publics, et les employeurs des cheminots.

La seule question qu'il nous soit utile de résoudre est : comment obtenir le meilleur service ? Le réseau le plus fiable, les trains les plus réguliers, le moins d'accidents, le tout, le moins cher possible ?

2-3 trucs qui s'appliquent sans doute bien à la SNCF, que je repique d'un article co-écrit en 2010 au sujet des entreprises (tout de même !) :


L’actif essentiel de très nombreuses entreprises est un « capital humain collectif ». Ce qui permet de produire efficacement, d’innover, de vendre, de s’adapter aux changements, c’est la vitalité du corps social qu’est l’entreprise ; sa capacité à mettre la bonne personne à la bonne place ; l’entente entre dirigeants, cadres, salariés ; la bonne communication avec les partenaires extérieurs, clients et fournisseurs ; la reconnaissance de l’entreprise et de sa marque par le public.

L’entreprise se mettrait en danger si elle prétendait traiter séparément sa dimension économique (qui serait mondialisée, offensive, sa vraie dimension au fond) de sa dimension sociale (qui serait à l’échelle nationale, défensive, presque une question de forme).

L’entreprise créative – de commerce, de service client, de R&D... — a besoin d’un engagement solidaire (…) sur le contenu (du) travail. Lequel engagement solidaire suppose :

  • de partager un objectif commun ;
  • de s'être entendus, par la négociation, sur la façon d'atteindre cet objectif, donc sur le travail lui-même (systèmes d’information, organisation, rémunérations, statut).

Si chacun est convaincu que l’autre veut lui aussi la prospérité de l’entreprise à long terme, on peut discuter ensemble de la façon d’y parvenir. Et déjà cette négociation vivante, entre personnes aux intérêts différents, créera ou renforcera le « capital humain collectif » de l’entreprise.

L’entreprise française a besoin, pour réussir durablement, que la communauté humaine y soit reconnue comme un actif, et un actif précieux.

Cela se dit en mots, cela se concrétise en organisation, en outils et méthodes de management. Les mots des dirigeants seront entendus et repris s’ils consistent, non pas en « communication sur » ce que fait l’entreprise au plan macro, mais en engagements concernant (chacun) à sa propre échelle de travail.

Trouver les mots sur lesquels on s’accordera, les mots qui raconteront une histoire d’avenir commun, c’est l’objet même du dialogue, de la négociation à ouvrir dans l’entreprise mondialisée.


Et plus spécifiquement sur les défis ou l'histoire d'avenir de la SNCF, cette note, un peu jargonneuse malheureusement, sur mon site professionnel (non commentable là-bas, désolé !).

cheminots_statut_usagers.png

extrait de retours de google images sur la requête 'cheminots statut usagers'

dimanche 24 janvier 2016

Réserviste citoyen trop réserviste (réponse ouverte à Mme Vallaud-Belkacem)

Le 5 janvier dernier, j'ai reçu de "Najat Vallaud-Belkacem <information-ministre@education.gouv.fr>" le mail suivant :

Mesdames, Messieurs, chers réservistes de l’éducation nationale,

L’année 2015 restera longtemps gravée dans nos mémoires. Elle fut marquée par le terrorisme qui a frappé notre pays avec la volonté de semer la terreur, de nous diviser, de nous faire douter de notre mode de vie et de nos valeurs.

C’est conscients de cette menace et avec la volonté de faire front, en appui de l’école de la République et de ceux qui la font vivre, que vous avez répondu présents pour intégrer la Réserve citoyenne de l’éducation nationale. Votre engagement est, pour l’institution dont j’ai la responsabilité, une grande marque de confiance et je vous en remercie.

2015 fut un temps de rencontre avec les réservistes, d’organisation mais aussi d’intervention déjà pour certains d’entre vous. Je connais votre impatience pour échanger avec les enseignants et voir avec eux comment apporter plus et mieux aux élèves au travers de vos expériences et de vos témoignages. Ils sont autant d’occasions pour les enseignants d’enrichir les apprentissages et de faire vivre les valeurs de la République à l’école.

Nous avons appris de vos échanges avec les académies et vos premiers témoignages nous ont permis de mesurer mieux vos attentes. Dès ce mois, nous renforcerons l’information vers les enseignants et les référents académiques travaillent déjà avec les établissements pour favoriser des temps d’échange entre vous et les équipes éducatives et proposer des temps de formation.

2016 sera l’occasion de multiplier vos interventions et notre action collective. Une action pour les élèves, pour les valeurs de la République et pour renforcer la cohésion sociale.

Je vous remercie, une fois encore, pour votre engagement passé et à venir au service de l’école et au service de tous les enfants de France. Je tiens également à vous souhaiter ainsi qu’à vos proches une excellente année 2016.

Vive l’Ecole. Vive la République. Et vive la France !

Najat Vallaud-Belkacem Ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche

Je lui ai répondu ce 24 janvier :

Madame la Ministre,

Merci pour vos bons voeux.

Effectivement, comme bien d’autres Français, j’ai été enchanté de pouvoir répondre à l’appel des autorités nationales (le 29 mai 2015).

J’ai malheureusement manqué l’unique réunion d’information départementale, qui s’est tenue peu après les derniers attentats (mais mon absence était sans lien). (C'était le 16 novembre dernier à 18h à la Préfecture, Cergy ; j'avais reçu un mail d'invitation le 10 novembre, mais ne pouvais me libérer pour le 16).

À ce jour aucune école ne m’a contacté, et je crois comprendre, à la lecture du site web, que tous les acteurs se demandent encore à quoi ce « dispositif » est censé servir, de façon précise et mesurable (en-deça des grandes valeurs qui nous animent), et comment il pourrait atteindre ses objectifs.

À la sombre lumière des attentats de novembre, j’espère que le Ministère et ses partenaires pourront redessiner ce projet, en faire un moteur performant pour l’éducation civique des enfants, adolescents, jeunes.

Espérant vous croiser, pourquoi pas, à l’AG (…[1]), et vous souhaitant en tout cas une excellente année 2016,

Notes

[1] D'une association de laquelle la Ministre et moi-même sommes membres

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