Argenteuillais démocrate… sans frontière

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Société-Solidarité

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 26 août 2018

Éviter que des jeunes d’Argenteuil (ou d'ailleurs) ne basculent dans le fanatisme

À mon humble avis, la fracture entre une partie de la jeunesse, et la majorité de la société française, est LE problème politique pour une ville comme Argenteuil et sans doute beaucoup d'autres en France.

Les émeutes de 2005 n'avaient que le vague motif d'une éventuelle responsabilité policière dans le décès accidentel de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents.

Aujourd'hui, 2018, les courants dits radicaux de l'islam ont une capacité d'organisation et une densité idéologique dix ou vingt fois supérieurs à ce qui pouvait exister dans la jeunesse en 2005.

J’ai trouvé en librairie un petit livre tout neuf, « Prévenir la radicalisation des jeunes », de Jean-Marie Petitclerc, éducateur professionnel dans les "quartiers difficiles" depuis 40 ans (et X :-) ).

J'en propose quelques notes de lecture sur le blog d'Engagés pour Argenteuil.

mercredi 6 juin 2018

"Dès que quelque chose fait du lien, vous l'enlevez !"

B. habite près d'Argenteuil et je l'avais croisée à une réunion de Résistons !. Elle m'a rappelé ce soir et dit deux trois trucs.

J'avais été frappée, à cette réunion, par les femmes qui parlaient du combat pour garder les maternités. On sentait le désarroi des territoires qui ne peuvent rien faire !

Les décisions ne sont plus à l'endroit où on croit qu'elles sont.

Plus vous êtes proches, plus vous avez de l'influence : (alors) on se débrouille pour que les décisions soient le plus loin possible.

Les maxi-régions ne veulent plus rien dire !

Ça vient en grande partie de la volonté de l'Union européenne. Le but, c'est de casser les solidarités à l'endroit où elles sont.

Le vote "non" (de 2005), qu'on a… C'est là que ça s'est passé. Quand on a fait revoter les Danois, il y a quelque chose qui ne va pas ! Les Irlandais aussi ! C'est à partir de ce moment-là. On nous vantait la volonté des peuples, mais ils pouvaient dire A ou B, on n'en tenait pas compte ! Ça a cassé quelque chose. Alors que les idées, au départ, étaient de belles idées.

La difficulté, c'est : comment résister ?

Il faut que les gens le fassent avant que tout s'écroule ! Les idées nouvelles repartent de la base… (mais) ça prend du temps.

(Ce qu'on voit avec le projet de suppression/privatisation de la salle des fêtes municipale d'Argenteuil, c'est que) dès que quelque chose fait du lien, vous l'enlevez !

On avait une amitié franco-allemande, européenne… Aujourd'hui, plus personne ne se sent européen !

On nous impose quelque chose qui ne correspond pas du tout à la volonté des peuples. Ce ne sont que les lobbies. Et le pire c'est que, comme ça ne correspond pas à la volonté des peuples, ça ne marche jamais !

Il faut refaire société.

J'avais lu son livre "Un berger à l'Élysée", c'était tout ce que je pense !

Pour le lire, il fallait le vouloir : il était tout en bas, à la Fnac ! Il y avait énormément de livres politiques, mais Jean Lassalle était au fin fond, j'ai eu le dernier exemplaire.

Je l'ai fait lire !

Il faudrait qu'on réfléchisse (à tout ça). De toute manière ça repartira de la base, de la solidarité locale. Il faut des synergies, et elles peuvent être faites ! Mais ils font des lois pour faire exactement le contraire.

Déjà, faites ce que vous pensez être bien, pour vous et pour les personnes qui vous entourent.

La Résistance, elle était multiple, elle allait dans tous les sens. Chacun fait (de là où il est). Les Allemands qui résistaient (étaient éparpillés, certains pouvaient faire très peu), envoyer de simples cartes postales… Déjà, dans leur tête, ça changeait.

Il faut retrouver nos solidarités.

Ben voilà. Qu'est-ce qu'on a à se creuser la tête sur des points de programme pour l'Europe ? Tout est dit. Passe le message à ton voisin.

lundi 26 février 2018

Top lectures : Ébène, Chinoises, Tokyo Vice. Three Billboards en prime

Quelques recommandations vite faites, à l'attention de celles et ceux qui, comme moi, n'accrochent malheureusement pas aux romans, parce qu'il leur faut du vrai pour y croire.

Quelqu'un, je ne sais plus qui, m'avait offert "Ébène". Ryszard Kapuscinski y raconte, mieux que je ne saurai jamais le faire, l'Afrique que j'ai rencontrée il y a plus de 30 ans.

J'ai retrouvé son regard dans la magnifique exposition "Mali Twist" de la fondation Cartier sur le photographe récemment disparu, Malick Sidibé. Un contemporain de mon beau-père, qui l'avait forcément rencontré quand il était en CAP à Bamako, car les capitales africaines étaient petites alors. L'expo a fermé hier mais le site est encore là.

J'ai trouvé "Chinoises" à la fête de LO. Xinran a animé au tournant des années 90, sur une radio de Shanghaï, une émission de reportages et de libre antenne sur la vie des femmes. Le livre réunit quelques histoires de femmes ballottées ou écrasées par quatre décennies de révolution. Et aussi l'histoire immobile des femmes de "Colline hurlante", village troglodyte où le Moyen-Âge n'est pas encore arrivé.

J'ai sur une étagère un livre sûrement très bien dont je n'ai pas dépassé le premier chapitre : "Ce que pense la Chine". Ma bonne volonté n'a pas résisté au décalage entre le titre et le contenu : il s'agit en fait de "ce que pensent" les académies et quelques autres intellectuels. C'est certainement très bon à savoir ; mais sur ce que vivent 99,9% des Chinoises et aussi des Chinois, j'ai l'impression d'être mieux informé par Xinran.

J'ai reçu à Noël (merci R.) "Tokyo Vice", de Jake Adelstein, Américain qui a travaillé des années aux "Faits divers" d'un grand quotidien japonais. C'est de la même richesse que "Chinoises", en plus âcre, puisque ce journaliste-ci cherche les histoires que leurs protagonistes n'auraient pas voulu raconter.

Je n'accroche pas aux romans, mais deviens très bon public quand l'image porte la fiction, en BD ou au cinéma. Une amie ayant recommandé "Three Billboards", j'y suis allé ; malgré un titre qui me disait rien (à quoi bon ne pas traduire des mots pareils, ce n'est même pas le titre original), malgré une affiche qui ne me parlait guère, et malgré ce que j'avais mal lu sur internet au sujet du film — quelque chose comme "un film psychologique qui tourne au thriller". C'est pas ça. C'est un film honnête sur ce que des événements singuliers, et tragiques, peuvent provoquer sur des gens normaux. L'histoire n'est presque pas inspirée de faits réels. L'héroïne n'est pas le héros (rien à voir avec "Erin Brockovich"). La fin n'a rien à voir avec celle d'un thriller. Ce n'est pas non plus un film réaliste : autant de coups de théâtre que dans un Shakespeare, autant de répliques choc que chez Sophocle, des cadrages presque aussi directifs que ceux de Wes Anderson.

Le film fait partie des favoris pour les Oscars. Il a triomphé aux BAFTA. Les prix de meilleure actrice et de meilleur second rôle masculin sont allés à Frances McDormand et à Sam Rockwell. Celui-ci disait, dans je ne sais plus quelle interview, qu'eux deux ont joué leur rôle en "do or die", et que c'était la seule façon d'y arriver. C'est bien l'impression qu'ils donnent (et quelques autres actrices et acteurs de ce film aussi), donc, en fin de compte, ce n'est pas de la fiction :-)

- page 1 de 34